NoD Remaster

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Re: NoD Remaster

Message par Albynn le Jeu 3 Déc - 19:41

Sad Sad Sad Sad Sad Sad Sad
OUIIINNNNHINHINNNNN!
C'est trop trop triste... C'est à la fois tellement beau et triste, snirfl...
Jusqu'au bout on ose se demander qui sera celui qui poussera le Liberty, et finalement, c'est la chef folle et courageuse qui remporte la palme d'or.
Snifl. C'est... juste, beau. Pauvre Hark, on a mal aux trippes pour lui d'avoir vu tout ça...
Y'a pas de mots pour décrire ça. Juste, snif.
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Re: NoD Remaster

Message par Shiki Van Shërza le Jeu 3 Déc - 21:31

Bon sang... Je croit que c'est bien la première fois que je me prend une telle claque en lisant un chapitre, et que je ne sais absolument pas quoi dire une fois la lecture finit... C'était juste... Magnifique.

A la fois triste, beau, émouvant, épique... Il y a tellement de choses concentrer en un même chapitre, que je ne sais même pas par où commencer, ni même si j'arriverais à tout dire. C'est juste... Sans doute un des meilleurs textes que tu a écrit. Je dirais le mailleur chapitre de NoDR pour le moment. Je ne peux qu'être d'accord avec les autres sur ça.

Ce commentaire sera sans doute asser cours, mais que dire de plus ? J'adore, c'est tout. Un combat dantesque, et bien épique, une Lenz juste... Magnifique... Et beaucoup d'émotions tout au long des différents flashback, qui en plus nous en apprennent plus sur le passé de Lenz et les personnes qu'il a connut. La scène avec les membres de guilde était elle aussi émouvante, de même que le fait de voir tout une nation scander le nom de Get Free.

Pauvre Harkane aussi, comme dit plus haut... Avec tout ce qu'il a vu, et qui va lui rester en tête jusqu'à la fin de ses jours... C'est dur. Et triste. Le pauvre, vraiment.

Juste en voyant ça, je me dit que ça promet du très lourd pour la suite. Les deux derniers chapitres... Le dénouement promet du lourd. Du très lourd. Et j'ai vraiment hâte de voir ça.

PS : Pour Cyd et Tyra... Bon sang, tu aurais tellement dût ! ça aurais été bien drôle !
PS2 : Même si je m'y attendais... C'est toujours un peu surprenant de savoir que Shiki sera la prochaine chef... Et j'ai trouver les paroles de Lenz émouvantes... Mais bon dieu que c'est triste, cette fin. Beau, mais triste. Et très bon.
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Re: NoD Remaster

Message par Opheliana le Jeu 3 Déc - 22:15

Ok, je suis donc un putain d'insensible...

Pas de larme...
Pas une larme, pas une seule...
Rien...

Juste...

Les battements de mon cœur.

Tel un tambours battant au rythme du combat.
Un son sourd qui souligne l'action
Un son court qui détail les coups.

Et à chaque battement une émotion:
La joie d'avoir lu un si belle écrit
La peur de voir un héros devenir une légende
La tristesse de l'ultime séparation
La haine de l'ennemis intransigeant
L'espoir...d'un crash imminent

Voilà tout ce que j'ai ressentis le reste que le garde en moi, pour ne jamais l'oublier.

Chaque seconde de lecture à été un moment, et chaque seconde que j'ai perdu dans ma vie en écoutant ou lisant des imbécillités ont été absorbées par une seule seconde de cette écrit.

Un mot pour la fin :

Merci.
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Re: NoD Remaster

Message par Ihephe le Ven 4 Déc - 19:53

Super chapitre, je ne sais plus vraiment quoi dire tant tes chapitres me paraissent géniaux. Je les dévores d'une traite, et arrivé a la fin, je ne peux m'empêcher de me dire :" Bah merde, déjà finit ? "

On jurerait qu'ils sont là a côté et que nous les suivants tels de silencieux et invisibles spectateurs.

Mention spécial a toi qui a carburer cette semaine en nous livrant non pas un mais deux chapitres de superbe qualité !

Je t'en veux toujours un peu pour Ihephe, je veux mon moment badass moi aussi ! X')

J'attend la suite avec impatience !

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Re: NoD Remaster

Message par Birth le Mar 12 Jan - 17:29

Bonsoir à tous. Je viens à vous avec l'avant-dernier épisode de ce texte si long. Nous approchons de la fin et il s'agit ici du dénouement de la guerre. L'épilogue s'axera sur autre chose, mais vous le verrez en temps et en heure.

Je ne répondrais pas aux questions de l'épisode précédent, tout simplement car je ne saurais trouver les mots pour vous dire à quel point vos commentaires m'ont touchés. De mémoire d'écrivain jamais on avait été si emballé par mon travail, et ça fait plaisir comme jamais je n'aurais pu l'envisager. J'avais mis tous mon coeur dans cet épisode, et il ne parlait presque que de ma perso...et pourtant vous avez été là et l'avez appréciés. J'en suis fiers, bien plus fiers que je ne l'ai jamais été, et ça a été une véritable force pour continuer...et pour tenter d'aller toujours plus haut. Avant d'aller plus loin sachez que l'histoire n'a pas changée depuis, je ne veux pas que vous en veniez à croire que je me suis décidé à modifier la fin pour faire mieux...je déroule ce que j'avais prévus mais tente de le faire en donnant tout ce que j'ai afin de vous fournir quelque chose d'aussi bien que le 18. Je ne sais pas si c'est réussi, si cet épisode est meilleur ou moins bon. Je vous laisse seul juge et vous dépose ce que j'ai écris.

Un énorme merci à la passion que dégagent vos commentaires, vous êtes tous simplement géniaux les gars. Je ne me considérerais jamais comme le meilleur écrivain...mais je suis désormais sur que j'ai le meilleur public.

On se retrouve à l'épisode 20, l'épilogue de ce mastodonte de NoD R. J'vous envoie plein de coeur et vous remercie une fois encore, sans vous NoD R ne se serait jamais terminé je pense.

Bonne lecture.






Episode 19 : …Devenir un instant une légende…



La région du Champ de Farle semblait plongée dans le plus grand des calmes, les Tofus gambadaient joyeusement entre les tiges de blés…piaillant naïvement. La zone semblait avoir été épargnée par les conflits ayant éclatés un peu partout ailleurs dans la nation réputée pour sa grande cuisine. L’astre flamboyant mourrait loin à l’horizon, changeant les teintes du ciel auparavant bleutées en une grande fresque orangée. Cette journée de guerre semblait enfin se terminer, restait à savoir si le conflit survivrait à ce couché de soleil. Les habitants d’Amakna se souviendraient longtemps des évènements les ayant secoués, ils avaient tour à tour perdu puis regagnés espoir. Ils avaient découverts que le monde semblait recéler de nombreux secrets encore, et qu’un homme bien préparé avait su mettre l’espace d’un instant la nation à genoux. Les années à venir apporteraient leur lot de changement, une longue période de paix venait de prendre fin. Comment réagiraient les autres grands royaumes vis-à-vis d’Amakna ? Bonta la juste allait-elle rester fidèle à sa réputation en leur venant en aide ? Brakmar la terrible lancerait-elle une nouvelle grande guerre contre eux, profitant de leur apparente faiblesse pour les écraser une bonne fois pour toute ? Les heures sombres semblaient être derrière eux, et pourtant l’avenir demeurait bien incertain. La nation allait devoir se militariser d’avantage, et faire face à ces nouvelles menaces dont elle ne connaissait rien.  

Les paysans de la zone s’étaient regroupés au centre d’un champ, la mine agar et les yeux rivés sur le Zeppelin filant vers l’antenne. Ils ne comprenaient pas tous les enjeux dont dépendait le résultat de cette action, mais tous savaient que l’heure était grave. Une incroyable tension saturait l’air, la guerre connaissait son apogée dans ce que beaucoup espéraient être ses dernières heures.

Concentrés sur l’avancée du Zeppelin, les badauds ne faisaient pas attention à ce qui se produisait au-dessus de leur tête. Il fallut l’intervention d’un boulon, venant s’écraser entre eux, pour qu’ils comprennent qu’un spectacle bien plus étrange se déroulait en ce lieu. Ils levèrent ainsi leur tête, et aperçurent l’imposante demeure qui descendait lentement des cieux. Les yeux s’écarquillèrent, les bouches s’ouvrirent et la stupeur générale se répandit rapidement. Un étrange manoir, bardé de moteurs et d’hélices, venait droit vers eux.

Les paysans s’écartèrent avec hâte, préférant ne pas se faire écraser quand le bâtiment allait se poser. Formant un grand cercle, ils gardèrent leurs yeux rivés sur l’appareil. Le manoir crachait des colonnes de vapeur via des tubes métalliques géants, des rouages apparents tournaient dans des cliquetis sonores tandis que le vrombissement des hélices résonnait à travers toute la zone. Les badauds ne comprenaient rien, était-ce la maison de Xélor en personne qui venait à eux ? Ils reculèrent encore, le manoir n’étant plus qu’à quelques dizaines de mètres du sol. Le souffle provoqué par ses moteurs venait coucher les blés autour de sa position, tandis que les cheveux des habitants voletaient de façon complètement déchainée.  

Le bâtiment se posa lourdement au sol, sa structure complète se mettant à trembler tandis que ses hélices ralentissaient peu à peu…cherchant à s’arrêter. Alors que cliquetis et vrombissements s’atténuaient, le silence venait sournoisement s’insinuer dans cette partie du monde. Personne n’osait parler, un mélange de peur et d’admiration venant se répandre dans le cœur de chaque homme présent. Ami ou ennemi, telle était désormais la question principale. Les moteurs s’arrêtèrent enfin, et l’incroyable machinerie put enfin se reposer après plusieurs décennies d’activité.

La large porte d’entrée s’ouvrit avec lenteur, les paysans s’inclinant instinctivement devant les personnes qui en sortaient. Si les habitants de ce bâtiment fantastique étaient des dieux, il fallait leur rendre hommage. Mais, à leur grande surprise, se furent des hommes et des femmes normaux qui en sortirent. Il y avait des jeunes et des vieux, des grands et des petits…c’était toute une ville miniature qui semblait sortir de la masure. Certains avaient le visage recouvert de suie et portaient de vieilles salopettes élimées, d’autres portaient d’élégants costumes bardés de coupures et de trous. Ils alignaient, dans leur ensemble, une quantité faramineuse de blessures…certains devant même être aidés pour marcher. Un à un, ils sautèrent au sol…se laissant tomber à genoux dans les champs pour plonger leurs mains dans la terre. C’était quelque chose de nouveau pour eux, un élément qu’ils n’avaient encore jamais rencontrés. Les plus jeunes fermèrent leurs yeux, semblant se concentrer pour ressentir les mouvements de la planète…tandis que les plus vieux détaillaient les longues tiges de blé d’un regard amusé.

Les paysans se redressèrent, ne sachant pas vraiment comment réagir face à cela. Que devaient-ils faire : Les saluer ? Les attaquer ? Les craindre ? Au terme d’une réflexion collective autant que silencieuse, le plus grand gaillard du groupe s’avança de quelques pas. Il toisa ces mystérieux arrivants du regard, et clama d’une voix forte :

« Qui êtes-vous…et que venez-vous faire dans nos champs ? »

Les étrangers se redressèrent à leur tour, tandis qu’un jeune homme s’approchait peu à peu de l’encadrement de la porte. Il sortit au grand air, le vent venant doucement balayer ses mèches de cheveux hirsutes. Ses lunettes étaient brisées, laissant parfaitement visible ses deux yeux noirs. Il n’affichait pas la moindre émotion, tenant un fusil abimé dans le creux de sa main. D’une voix solennelle, il cria :

« Nous, peuple de Clocktown…habitants des cieux, nous venons à vous en paix. Nous désirons retrouver cette terre que nous avons quittée depuis bien trop longtemps, et sommes prêt à accepter toutes les conditions que vous pourriez nous soumettre. Moi, Wyatt, m’engage à ne pas vous attaquer ou tenter le moindre geste belliqueux à votre égard. »

Wyatt termina son discours puis, d’un geste ample, lança son fusil au sol. Le paysan le dévisagea longuement, un léger sourire s’étirant peu à peu sur ses lèvres :

« Bienvenue à Amakna…Clocktowniens ! Allons descendez donc de votre étrange appareil et venez-vous joindre à nous. Une guerre est sur le point de se terminer semble-t-il…c’est bien le genre de moment que l’on a envie de vivre avec le maximum de monde à ses côtés ! »

Les nouveaux arrivants s’avancèrent vers les habitants, serrant des mains et se saluant dans la joie et le respect mutuel. Wyatt les observait, détaillant du regard les prémices d’une nouvelle ère pour les siens. Jamais plus ils ne seraient les esclaves d’un système élitiste…aujourd’hui ils repartaient à zéro et subissaient une vrais renaissance terrestre. Il croisa les bras sur son torse, et leva les yeux vers le ciel. Pour la première fois il pouvait l’admirer d’en bas…et en cet instant il le trouvait magnifique. Les lueurs orangées que projetait le soleil mourant au loin, l’arabesque des nuages venant couvrir une partie non négligeable des cieux…il comprenait désormais pourquoi les anciens de Clocktown avaient tant donnés pour pouvoir l’atteindre. Néanmoins il désirait ne plus jamais y retourner, considérant que là n’était pas la place des habitants du monde des Douze.

Un craquement sonore se fit entendre, et le jeune ingénieur baissa ses yeux sur les grandes hélices de la ville. Un nouveau craquement retentis et, avec une lenteur absolue, l’une des hélices bascula sur le côté…venant s’écraser dans les champs. Wyatt haussa un sourcil, tandis que tous ceux présents au sol s’écartaient de la bâtisse. De nombreux autres sons se firent entendre, tandis que le dispositif permettant au manoir de voler semblait s’effondrer sur lui-même. Les engrenages se détachaient, les hélices voyaient leur mât se briser tandis que les moteurs projetaient de larges colonnes de fumée. On aurait dit que le bâtiment entier témoignait sa volonté de rester au sol. Son vol était bel et bien terminé, ce pari insensé et incroyable qu’avait été le fait de rendre une structure entière volante…se terminait avec la mort de ses derniers représentants. La guerre à Amakna pouvait continuer ou se terminer…celle des habitants de Cloctown arrivait à son terme à cet instant précis.

Wyatt ferma les yeux, et murmura d’une voix calme :

« Te voilà revenue sur la terre ferme…Clocktown, jamais plus tu ne voleras…le calvaire que nous t’avons fait vivre se termine enfin. »

Les membres de Get Free étaient sortis du manoir pendant la dislocation de son système de vol, leurs yeux à eux semblaient fixer un point plus éloigné dans le ciel. Ils ne pouvaient détacher leur regard du vol de leur Zeppelin, celui-ci filant à toute allure vers l’antenne des ingénieurs.

Les hommes à la plume étaient bien amochés, la guerre civile les ayant épuisés. Liroka était soutenu par Chloée tandis que Shiki portait une Rose bien affaiblie dans ses bras. Séléna et les deux dragons étaient restés à l’intérieur du bâtiment pour veiller sur Illiana, la roublarde étant diminuée à cause de sa blessure. Seul Albynn semblait encore en état, un air affolé ayant gagné son visage tandis qu’il ne pouvait qu’observer le Liberty, et ses occupants, courir vers une mort quasi certaine. Shiki, l’apercevant plongé dans ses tourments, s’avança en murmurant :

« Tout va bien se passer Albynn…rappelles toi de la promesse de Lenz…

-Mais…mais Grande-Sœur et Harkane sont toujours dedans ! Ils…ils comptent se sacrifier pour détruire l’antenne ! »

L’Eniripsa semblait affolé, se refusant à accepter l’idée d’un sacrifice. Pas encore…il en comptait déjà bien trop au court de sa vie. Il ne voulait plus voir ses amis partir, un sourire aux lèvres, vers un funeste destin. Ils devenaient certes des légendes, parfois, mais ils ne laissaient que tristesse et regret parmi leurs proches. Albynn serrait ses poings, non il ne resterait pas là à rien faire. Il sentit sa veste se faire doucement tirer et se tourna doucement dans la direction de celle qui l’appelait. Rose le fixait, ses yeux mi-clos tandis que le reste de son visage laissait transparaitre toute la fatigue qu’elle semblait ressentir. Elle murmura d’une voix plus faible :

« Rejoins les autres…à la Croisée des Armes. Je sais que tu as envie d’y aller…pars, cours et ne te retournes pas. S’ils se retrouvent blessés…ils auront besoin de toi. Tu es certainement le seul à pouvoir aider Lenz à tenir sa promesse…

-Je…oui. Tu as raison Rosie…soupira l’albinos en dirigeant son regard vers le Zaap posté un peu plus loin dans les champs. J’y…j’y vais. Je vous préviens dès que j’ai du neuf ! Restez avec les gars de Clocktown et reprenez vos forces, on fêtera tous ensemble notre victoire ! »

La petite Sramette acquiesça doucement, fermant ses yeux pour finalement enfin se laisser aller au sommeil. Albynn se tourna vers ses compagnons, les voyant acquiescer à leur tour, puis fixa Wyatt. L’homme le toisa longuement, le jaugeant du regard, avant de clamer :

« Vas...je protègerais tes amis et les miens quoi qu’il arrive. J’ai une dette envers vous, une dette que même le temps ne saurait effacer. Je serais la machine protégeant la plume, je serais votre arme dans cette guerre comme dans toutes celles à venir. Vous m’avez donnés la liberté…et je choisis de la placer avec les votre. Retrouvons nous une fois le conflit terminé…maintenant pars. »

Albynn se tourna lentement vers le portail de téléportation, plus déterminé que jamais à l’idée d’aider sa grande-sœur. Il marcha vers lui, accélérant la cadence de ses pas à chaque mètre parcouru. Il se mit bien vite à courir, se ruant vers le portail bleuté pour rejoindre le reste des Free à la Croisée des Armes. Il traversa l’étrange structure en hurlant à plein poumons :

« Tu as une promesse à tenir Lenz ! Tu n’as pas intérêt à ne serait-ce que l’oublier ! »

Il disparut dans un petit flash bleuté, laissant les personnes présentes dans les champs contempler l’incroyable spectacle se déroulant devant leurs yeux. Le Liberty venait de percuter l’antenne, amorçant le feu d’artifice final de cette journée en enfer.


***


Dans le ciel orangé, des centaines d’oiseaux voletaient affolés. Un choc assourdissant avait secoué les arbres de la forêt entière, et l’éternelle tranquillité aérienne semblait bel et bien rompue. La terre venait résonner avec son opposant, se mettant à trembler sous l’impact des deux titans métalliques qui venaient de se percuter. Des feuilles se détachaient des arbres, et le sol se soulevait…emporté en partis par une antenne résistant au mieux à l’avance d’un appareil déterminé.

Le cockpit du Liberty était désormais encastré non loin des sommets de l’antenne, ses moteurs continuant de tourner à plein régime dans cette lutte de force pure. La structure de Clocktown avait assez mal encaissé la rencontre, et ployait désormais dans la direction que s’évertuait à suivre le zeppelin. Néanmoins…elle tenait bon. Les épais câbles métalliques reliant le sol à divers point de son armature lui permettait de rester debout, venant défier la puissante charge de Get Free.

Le combat était tout simplement ahurissant, et les spectateurs n’en perdaient pas une miette. On aurait dit que les symboles des deux organismes au cœur de cette guerre acharnée avaient enfin décidés d’en finir. L’un des moteur du Liberty explosa, secouant violement l’appareil en venant cracher sa colonne de fumée en direction des cieux. L’appareil s’affaissa légèrement, semblant peu à peu renoncer…

Les respirations s’arrêtèrent, les voix se turent…tous contemplaient ce qui semblait être l’action la plus cruciale de cette guerre. La peur se voyait sur chaque visage, celle qui enserrait les cœurs et amorçait un terrible doute. Le Liberty semblait lâcher tandis que l’antenne tenait bon.

Puis il y eut un long crissement, et un son sec venant résonner dans toute la forêt. Des arbres se retrouvèrent profondément entaillés, tandis qu’une sorte de long fouet venait déchirer les cieux en claquant violement. L’un des câbles avait finalement lâché…et l’antenne s’affaissa légèrement plus. Les deux combattants inanimés se retrouvaient à égalité, le duel ne reposait plus que sur la résistance de chacun d’eux.

Une faible fumée blanche s’échappa du deuxième moteur du zeppelin, indiquant que celui-ci s’apprêtait à son tour à flancher. Certains spectateurs fermèrent les yeux, se refusant à regarder la déchéance de leur espoir. Un nouveau son sec se fit entendre, et certains crurent que tout était fini…mais pour ceux qui gardaient les yeux ouverts, un cri commençait à naître dans leur gorge. Un cri d’espoir et d’encouragement…un deuxième câble venait de lâcher.

Et là, tout s’accéléra. L’antenne pencha d’avantage, arrachant su sol les attaches de trois de ses câbles au passage. Les derniers liens maintenant la structure debout se mirent à trembler, ils enduraient une pression énorme et ne semblaient pas en état de l’encaisser. Ils rompirent l’un après l’autre, tandis que la fumée du Liberty se faisait de plus en plus opaque. Un dernier câble empêchait désormais à l’antenne d’amorcer sa fatidique descente, le dernier survivant d’un idéal au plus bas de sa gloire. Le moteur du Zeppelin explosa finalement, créant une large boule de feu dans le ciel et  propulsant l’appareil en avant. Le lien final n’y résista pas, et le câble s’arracha du sol dans un son strident…semblable au cri d’un mourant.

Avec lenteur mais fatalité, l’antenne bascula vers le sol. Le Liberty la suivait de près, n’étant plus qu’un large panache de fumée filant vers la terre pour enfin s’accorder un repos éternel. La structure de Clocktown percuta le sol avec fracas, provoquant un tremblement de terre plus grand que les précédents et écrasant nombre d’arbres sur son passage. Le Zeppelin, quand à lui, poursuivit son piqué jusqu’à rencontrer la terre. Il se redressa sous l’impact des plus violents, projetant nombre de ses débris autour de lui, et continua son avancée en creusant une large tranchée dans le sol. Il s’arrêta quelques mètres plus loin, laissant à sa fumée le soin d’indiquer son emplacement.

La Futaie Trouée était défigurée, le sol désormais lacéré et les arbres éparpillés indiquant la fureur du combat qui venait de se dérouler. C’était un match nul, les deux titans gisaient au sol sans réel espoir de se redresser un jour. Une égalité donc, mais qui, dans le contexte de cette guerre, dans les espoirs et les objectifs de chacun, venait de signer la victoire Amaknéenne. Clocktown n’avait plus de dirigeant, plus de ville et plus rien pour contrôler son armée. Une journée de combat acharné avait suffi à réduire à néant des années de préparation. Le facteur humain venait une nouvelle fois de montrer son incroyable capacité à perturber jusqu’aux machines les mieux huilées…


***


Au centre de la croisée des armes, tous retenaient un cri de joie. L’antenne n’était plus…mais cet acte allait-il réellement mettre fin à la guerre ? Les Mékas allaient-ils s’arrêter, ou bien continuer leur infatigable avancée ? Pour l’heure les combattants humains gardaient leurs armes bien en main. Personnes ne voulait trop s’approcher des machines, personne…sauf le monstre qui s’était réveillé.

Il hurlait de rage, de désespoir et de tristesse, sa crinière rose voletant dans son dos. Ses muscles étaient tous bandés tant ses mains serraient le manche de son arme. Un rictus de colère déformait ses traits, et ses yeux demeuraient écarquillés. Depuis le départ de son amie, Ihephe était entré dans une phase des plus bestiales. Ils se ruaient de méka en méka, les démantelant en usant d’une force dévastatrice. Il n’avait plus rien du guerrier que ses amis voyaient en lui, n’étant plus qu’une bête sauvage engagée dans une véritable course destructrice. Personne ne voulait l’arrêter, pas par peur…mais bel et bien car ils n’avaient pas le cœur à cela.

C’était la culpabilité qui le rongeait plus que tout, il s’en voulait de ne pas avoir pu protéger son amie. Le crash de l’appareil avait fini de détruire les dernières parcelles de raison qu’il lui restait. Il fonçait désormais vers le lieu du crash, pulvérisant les mékas sur son passage.

Les gardes, quant à eux, osaient enfin s’approcher de leurs ennemis métalliques. Ils poussèrent une unité du bout de leur lance, et celle-ci bascula avec lenteur en arrière, s’effondrant au sol dans un fracas sonore. Ils ne bougeaient plus, ne recevant plus aucun ordre de l’antenne. C’était terminé, la guerre venait de prendre officiellement fin.

Un cri de victoire naquit dans la gorge d’un garde, bientôt rejoint par de nombreux autres hurlements de joie. Le peuple Amaknéen célébrait la défaite des forces qui avaient tentées, l’espace d’une journée, d’occuper leur nation. Des mesures drastiques devraient être prises, et un grand plan de reconstruction allait succéder à cette journée d’horreur…Amakna mettrait du temps à se relever, mais pour l’heure seule la fin des conflits était importante.

Au milieu de cette véritable effusion de joie, des mines sombres fixaient la colonne de fumée qui s’échappait de la Futaie Trouée. Les hommes à la plume étaient réunis autour de la fontaine de la Grand-Place, n’osant pas prononcer la phrase qui les hantait tous. Ce fut Cyd qui osa, finalement, prononcer les mots fatidiques :

« Elle n’est pas sortie de l’appareil avant le crash…elle doit encore y être… »

Un silence sinistre revint parmi le groupe, les yeux ne se détachant pas du signal que leur livrait un Liberty mourant. Opheliana, entourée de ses enfants, s’avança légèrement. Elle gronda :

« On y va…on va retrouver Lenz. Maintenant.

-On doit d’abord planifier nos actions, soupira Tyra en la regardant, il faut s’occuper d’Harkane et retourner au Havre Monde pour le sécuriser.

-Alors on se sépare. Répondit la dragonne d’un ton sec »

L’écaflip cuisinier était allongé sur l’un des rebords de la fontaine, inconscient. Mama se tenait à son chevet, occupée à panser au mieux ses blessures. Tyra la regarda du coin de l’œil, puis se tourna vers l’assemblée :

« Les enfants vous venez avec moi. On ramène Harkane chez nous, Mama tu nous suis. Les autres blessés vous nous suivez également. Ophe et Cyd, vous vous lancez à la poursuite de Ihephe…il est d’ores et déjà en route vers le lieu du crash. Albynn nous a prévenu qu’il s’y rendait lui aussi, il pourra soigner Lenz si elle…enfin il la soignera. »

Malgré quelques contestations parmi les enfants, les membres acquiescèrent. La planification de Tyra semblait la meilleure pour l’heure, et ils devaient se hâter si ils voulaient garder des chances de retrouver leur chef en vie. Sous les cris de liberté des Amaknéens, Get Free se divisa en deux groupes et commença la dernière opération de cette journée guerrière.


***


Au sein du Havre Monde des révolutionnaires, le calme régnait. Depuis le départ en trombe des jeunes, l’endroit se trouvait quasi-désert. Seuls quelques membres subsistaient encore en ces lieux, préparant matériel de soin et ravitaillement au besoin. Maintenant que la guerre avait connu sa fin tant attendue, il allait falloir s’occuper des blessés et des épuisés. Get Free était habituée de ce genre d’opération, réputée pour apporter une aide logistique sur les champs de bataille du monde entier. La guilde se sentait garante de la nation d’Amakna, s’étant implantée sur son sol depuis bien des années déjà.

Dans les coursives désormais désertes du grand hall, une Eniripsa marchait d’un pas rapide. En l’absence des autres membres, Lyna faisait figure de dirigeante de l’endroit. Les divers appels de commutateur lui avaient assurés l’arrivée imminente de blessés, et le Havre-Monde serait bientôt bondé. Elle devait se préparer au mieux à cette situation, et pouvait compter sur l’aide de Chrona et des quelques autres membres restés sur place. Elle passait de salle en salle, s’assurant que les dispositifs d’accueil avaient bel et bien été mis en place. Tout semblait être en ordre, aussi avait-elle décidée de sacrifier un peu de son précieux temps pour aller s’enquérir de l’état des deux gardes que les jeunes lui avaient ramenés.

Elle les avait placés dans l’infirmerie du grand bâtiment, s’occupant de leurs blessures au mieux. Ils avaient désormais besoin de repos, mais leurs jours n’étaient pas en danger. Elle poussa la petite porte de la salle qu’occupaient habituellement les soigneurs de la guilde, et entra.

Adam Stone et Shala Shaska étaient assis côte à côte sur un lit, observant l’extérieur à travers une petite vitre. Ils avaient gardés leur armure et leur casque, estimant qu’en cas d’attaque ennemie ils seraient ainsi parés. Ils se tournèrent en direction de l’Eniripsa, lui souriant au passage :

« Alors comment vont nos deux blessés, pouffa l’Eniripsa en avançant vers eux.

-Et bien, clama le garde, bien mieux ! Grâce à vous !

-Oui, murmura son acolyte, merci bien pour votre sollicitude. On entend beaucoup de bruit et d’agitation à travers les murs…un problème ?

-Non, non ! Loin de là ! Les autres membres de Get Free sont sur le chemin du retour, et nous préparons l’endroit en vue de soigner les éventuels blessés !

-Oh…je vois, répondit le garde en souriant, alors dans ce cas nous ferions mieux de nous mettre en mouvement… »

Ils se relevèrent avec lenteur, tandis que l’Eniripsa écarquillait légèrement les yeux. Elle agita ses bras en criant :

« Non, vous pouvez rester ici ! Vous avez besoin de repos tous les deux, et il n’est pas question de vous obliger à laisser ce lit pour un de nos membre ! Vous êtes nos invités !

-Oh ça nous le savons très bien…ricana l’homme, mais voyez-vous…il nous reste une chose à faire… »


***


Un silence de mort, comme si la forêt entière était en deuil. Faiblement éclairée par de téméraires rayons de soleil osant passer à travers de ce qui avait été auparavant une large vitre, et qui n’était désormais plus qu’une succession d’éclats de verres tranchant. De la terre venant s’entasser à même le sol, formant un véritable amas organique au milieu de toute la structure métallique. Ravagé…voilà un mot bien faible pour décrire l’état dans lequel se trouvait le cockpit du Liberty en cet instant.

Le vaillant appareil avait écorché la terre au moment de son crash, venant à jamais transformer le paysage d’une Futaie Trouée qui faisait désormais office de cimetière. Des câbles électriques s’échappaient du plafond et des murs, telles des lianes paresseuses s’échappant des branches d’un arbre mourant. Il était difficile de s’imaginer que moins d’une heure auparavant ce lieu avait été resplendissant. Une bataille s’était déroulée en son sein, et l’état actuel du Liberty découlait de sa conclusion.

La salle de pilotage n’avait pas connue d’avarie mécanique, se retrouvant donc dénuée de flammes ou de fumée. L’arrière de l’appareil avait néanmoins été largement plus touché par ces problèmes, brulant désormais lentement en crachant une opaque fumée à l’odeur âcre. Le symbole de Get Free était à terre, la plume ne volerait certainement plus jamais. Cyd était un véritable génie des réparations, mais il semblait falloir un véritable miracle pour remettre le Zeppelin en état.

Adossée au mur du fond de la salle, Lenz gardait la tête baissée. Son ventre ne se soulevait que faiblement, et ses forces semblaient l’avoir abandonnée. Le terrible choc l’avait propulsée en arrière, arrachant au passage les câbles par lesquels elle s’était reliée au cœur du vaisseau. Ses poignets étaient meurtris, de larges entailles les ouvrant à divers endroits. Son débardeur était recouvert de terre et de sang, ses blessures laissant s’échapper le précieux liquide vital. Une tâche sombre, d’un rouge sali, venait lentement se propager à l’arrière de son crâne. La Sacrieuse avait percuté le mur avec une rare violence, et une large entaille se dessinait sous sa crinière devenue moins resplendissante. Elle était visiblement plongée dans un certain coma, la déesse Martyr elle-même ayant sans doute œuvrée pour la maintenir en vie. On la savait résistante, mais sa survie présente ne pouvait être le fruit que d’un véritable miracle.

Le souffle animant son ventre se fit de plus en plus faible, le silence semblant bien décidé à envahir pleinement la pièce. Elle rendit un dernier soupir, plus calme que les précédents…puis la scène retourna dans un immobilisme qui se voulait éternel…

Un toussotement, un ventre se soulevant faiblement…la femme semblait luter de toutes ses forces pour ne pas faire de ce lieu son tombeau. Pourquoi se battre Lenz, tes blessures sont trop graves, ton état bien trop incertain. Que cherches-tu à accomplir en t’obstinant ainsi à vivre, n’as-tu donc pas réaliser ton rêve ? Toi qui voulait tant être un héros, en cet instant tu pourrais être bien plus ! Une légende, la figure de tout un peuple et le souvenir de quelqu’un qui se battu jusqu’au bout pour des gens qu’elle ne connaissait que peu. Y a-t-il plus grand honneur en ce monde, meilleure reconnaissance ou bien même plus incroyable acte de bravoure ? Tu peux enfin accéder au repos que tu cherches depuis si longtemps, tu as lavé ton nom par cette journée mémorable…tu n’as plus besoin de te battre. Alors pourquoi…pourquoi t’obstiner ? Une promesse ? C’est une simple histoire de promesse qui te pousse à vouloir encore lutter. Ton honneur n’a pas de limite, même la mort ne semble pas pouvoir l’arrêter. Que vas-tu obtenir en t’obstinant ainsi, si ce n’est de nouvelles blessures, de nouvelles peines et de nouvelles tragédies ? Tes paupières tremblent doucement, tu sembles déterminée…

La Sacrieuse ouvrit lentement ses yeux, les maintenant mi-clos par manque de force. Sa respiration semblait repartie, mais ce n’était là qu’une manifestation de l’énergie du désespoir. Elle avait besoin de soin d’urgence si elle voulait se stabiliser. Elle toussa à nouveau, crachant un peu de sang à travers ses lèvres sèches. Ses pupilles s’habituaient peu à peu à la luminosité de la pièce. Elle voyait flou, mais discernait certains contours. Une forme rectangulaire enfoncée en de nombreux points…le tableau de bord de l’appareil. Des tas grisâtres complètement désarticulés, les restes des mékas qu’elle avait affrontés si vaillamment. Une silhouette adossée contre une paroi non loin d’elle…

« Tu es…réveillée…sale…bouseuse… »

Lenz haussa faiblement un sourcil, fixant la silhouette qui venait de parler. Elle comprit assez vite qu’Heldegast était lui aussi en vie, et un léger sourire se dessina sur ses lèvres. Elle entre-ouvrit sa bouche et tenta de prononcer une boutade, mais seule un ridicule son éraillé s’en échappa. Elle n’avait pas la force de parler, et sa voix semblait bien trop fatiguée. Elle ferma un instant ses yeux, reprenant un petit sourire étrange. Le Féca murmura à nouveau :

« Tu ne peux…parler…alors que c’est…moi…le plus touché…à la gorge…ironique… »

Elle fixa l’homme, plissant ses paupières afin de le détailler au mieux. Ses cheveux étaient hirsutes, ses vêtements sales et son bras gauche ridiculement tordu. Il était tourné sur le côté, seul la face droite de son visage étant visible. Au vu du sang coulant de l’autre côté, la face gauche devait être salement amochée. Sa gorge était barrée de nombreuses coupures, le câble ne l’avait en rien épargné. Lui aussi était chanceux, étant passé non loin d’un tranchage de cette zone bien plus net…et plus mortel par la même occasion.

Un bruit métallique retentis à l’arrière de l’appareil, bientôt suivi par de nombreux autres. On aurait dit que des décombres étaient déplacés. Lenz jeta un nouveau regard au Féca, un air interrogatif sur le visage. Ce dernier soupira en fermant les yeux :

« Tes amis…te cherchent. Ils…dégagent les décombres…depuis plusieurs minutes…déjà… »

Les yeux de la Sacrieuse s’humidifièrent, et une larme creusa un petit sillon dans la saleté recouvrant son visage. Ils étaient venus…pour elle. Cette famille qu’elle s’était bâti, ces personnes qu’elle avait laissée entrer dans son cœur et dans sa vie, remuaient en ce moment même les débris d’un Zeppelin en feu pour venir la chercher. Un nouveau sourire, bien plus beau que les précédents, illumina son visage. Le cauchemar était fini, le conflit s’était terminé et elle allait tenir sa promesse…

« Je…te hais… »

Lenz pouffa faiblement, tirant légèrement sa langue en direction du Féca. Elle avait gagnée, elle avait tout donné et avait réussi à arracher la victoire là où tout semblait perdu. Elle avait joué un rôle décisif dans un conflit, renversant le court d’une bataille comme l’avait annoncé son maitre autrefois.

Les bruits se rapprochaient peu à peu, et ils furent bien vite arrivés au niveau de la porte de la salle de pilotage. Lenz entendait son nom, prononcé par les voix des personnes qu’elle aimait tant. Ils l’appelaient, cherchaient sa présence au sein de ce tombeau métallique. Elle aurait voulu leur hurler son amour pour leur faire signifier sa présence…mais sa voix n’était toujours pas revenue. Alors elle attendit, ne se concentrant que sur sa survie et tâchant de limiter la propagation de cette intense douleur qui s’était réveillée avec elle. Elle souffrait, certaine d’être brisée en mille morceaux. Elle aurait besoin de soins intensifs, et ne serait pas prête à se battre de nouveau. Une longue période de convalescence l’attendait, mais ça lui allait. Elle serait entourée de sa famille, et rien ne pouvait lui faire plus plaisir.

Les derniers décombres basculèrent dans la salle de pilotage, et ils entrèrent. Opheliana, la femme de sa vie autant que de son cœur, Albynn, ce frère qui l’avait tant inspiré, Ihephe, celui qui l’avait protégé pendant tant d’années, Cyd, qu’elle n’avait jamais été si heureuse de voir et Harkane, qu’elle considérait comme son meilleur ami désormais…et le garant de ses idéaux.

Ils la fixaient, s’agitant autour de son corps meurtri et prononçant un flot de paroles des plus conséquent. Elle les dévisageait un à un, souriant toujours en tentant de se concentrer pour comprendre leurs dires. Leur voix lui parvenait sous forme d’écho, ils parlaient trop vite et en même temps. La Sacrieuse pouffa, ce n’était pas grave tant elle était heureuse de les revoir. Albynn s’attela à soigner en vitesse ses plaies les plus profondes, mais de ce que Lenz compris…son état était bien trop grave. Il fallait la déplacer, la sortir de cette pièce en perdition pour l’amener en vitesse auprès d’autre soigneurs. Ils allaient devoir s’y mettre à plusieurs si ils voulaient l’extraire de l’étreinte des griffes de cette mort si combative, cette vile félonne qui semblait bien décidée à l’avoir par l’usure.

Ihephe et Opheliana vinrent se placet de chaque côté de son corps, la soulevant avec lenteur pour tenter de la remettre debout. Elle se laissa faire, poussant quelques gémissements de douleur en sentant ses blessures se tirer. Ils passèrent ses bras autour de leur cou, et s’assurèrent qu’elle possédait de bons appuis. Ses jambes trainaient mollement au sol, incapables de bouger. Lenz souriait toujours, heureuse dans la douleur car elle avait enfin retrouvée les siens…

Et ce fut à cet instant qu’elle l’aperçue.

Il se tenait debout, en face d’elle. Ses longs cheveux noirs formant ses éternels dreadlocks, ses yeux vert et rouge la fixant d’un regard des plus perçants, sa barbe mal taillée dissimulant difficilement un sourire des plus joviaux…Venremos était là. Son vieux maître la dévisageait, semblant des plus amusé par la situation.

La Sacrieuse écarquilla les yeux, ne comprenant rien. Il était mort…mort depuis des années ! Retrouvé sur un champ de bataille, le ventre ouvert par une lame qui l’avait transpercé. Une blessure mortelle, qui avait fait jaillir un véritable flot de sang…une blessure qui se retrouvait en cet instant sur le torse de l’homme situé en face d’elle. Comment pouvait-il se trouver ici, pourquoi le voyait-elle…que se passait-il à la fin ?

Un éclat de rire perça le silence qu’avait instauré cette étrange apparition, et Lenz se tourna en sa direction. Heldegast était hilare, la fixant d’un air mauvais :

« Tu ne comprends rien Lenz… »

La Sacrieuse voulu crier, hurler son incompréhension et ce début de terreur sourde qui l’animait…mais la même voix éraillée s’échappa de sa gorge. Le Féca se calma peu à peu, gardant un air amusé sur le visage. Il commença à lentement se tourner vers elle en clamant d’une voix forte :

« Comment ton maître peut-il être là ?! C’est ça la question que tu te poses en cet instant n’est-ce pas ?! Laisses-moi-t ’en ajouter une autre, bien plus drôle ! Comment puis-je te parler en cet instant… »

Sa tête avait fini sa rotation, dévisageant la femme de ses deux yeux. Le côté gauche de son visage était enfin visible. Il était couvert de sang, une véritable marre rouge s’échappant…d’un large trou creusé dans sa tempe. Des petits bouts de cervelle en sortaient, indiquant que Ludwig Von Heldegast…avait été abattu. Il termina sa phrase, un air dément s’emparant de ses traits :

« …alors que je suis mort. »

Lenz se mit à trembler, ses yeux restant écarquillés. Elle ne comprenait pas, elle ne comprenait plus. Sa famille…sa famille était venue la chercher ! Le cauchemar était terminé ! Elle allait s’en sortir, retrouver les siens et reprendre sa vie. Ce cockpit ne pouvait pas être son tombeau, elle ne pouvait pas finir en ces lieux !

Le Féca éclata de nouveau de rire, et hurla d’une voix tonitruante :

« Et la dernière question, la plus importante de toute ! Comment ?! Comment peux-tu être encore consciente avec une telle blessure à ton flanc ?! »

La Sacrieuse blêmit, baissant avec une lenteur extrême ses yeux vers son flanc gauche. Une barre métallique, du diamètre d’un kama, transperçait son ventre. Un véritable torrent de sang s’en échappait, et ses organes vitaux semblaient être touchés. Il s’agissait là d’une blessure mortelle, et en aucun cas elle n’aurait pu ne serait-ce que se réveiller après un tel coup. Elle redressa une dernière fois sa tête, dévisageant le Féca avec la même incompréhension…et bascula lentement en arrière. Tandis que son corps chutait, la voix d’Heldegast se fit entendre une dernière fois :

« Bienvenue dans ton cauchemar…Lenz. »


***


Le débris percuta le sol avec fracas, venant troubler le silence de la salle de pilotage. Albynn était nerveux, il agrippait les décombres avec forces et les renversait l’un après l’autre. Ihephe l’aidait au mieux tandis qu’Opheliana se concentrait pour ressentir la présence de sa bien-aimée. Cela faisait plusieurs minutes déjà que le petit groupe était entré dans le cockpit, et aucune trace de leur chef. Ils avaient déjà fouillés les coursives de l’appareil en dégageant le chemin jusqu’à la salle, et n’avaient rien trouvés d’autre que les carcasses de mékas enfoncés. Cyd avait décidé de poursuivre ses recherches dans le reste de l’appareil, bien décidé à retrouver une Lenz qui semblait s’être volatilisée.

Ils ne comprenaient pas, la Sacrieuse ne s’était pas échappée du Liberty avant le crash, elle devait se trouver quelque part, peut-être sous les décombres. Ils fouillaient inlassablement, la rage et le désespoir leur fournissant une énergie nouvelle. Où était-elle, où était leur amie qui avait décidée de se sacrifier pour la survie d’une nation.

Heldegast était là, du moins son cadavre. L’ingénieur était adossé à une paroi, un trou dans sa tempe ayant définitivement mit un terme au moindre de ses projets. S’en était finis du gouverneur de Clocktown, l’appareil de ses ennemis d’un jour devenant son cercueil. Il s’était battu jusqu’au bout contre la Sacrieuse, et si son corps était resté dans la salle de pilotage…alors elle devait y être aussi.

Opheliana ouvrit lentement les yeux, murmurant d’une voix des plus inquiètes :

« Je…je ne sens plus sa présence elle…elle a disparu…

-Et ça veut dire quoi ça ?! Hurla le Iop en donnant un violent coup de pied dans ce qu’il restait du tableau de bord.

-Qu’elle est soit morte…soit que quelque chose m’empêche de l’atteindre… »

Un silence macabre reprit possession de la salle. Personne ne voulait ne serait-ce qu’admettre la mort de la chef de Get Free. Albynn se tourna en direction d’un mur taché de sang. Une barre métallique en sortait et était teinté d’un rouge carmin. Lenz avait dû se tenir là, mais elle avait disparu ensuite. Avait-elle réussi à sortir de l’appareil dans son état ? Bien peu de chances, aucunes traces de sang pour indiquer qu’elle s’était déplacée. Avait-elle été propulsée dans les décombres au moment du crash ? Cela semblait être une explication plausible, mais pour le moment les recherches ne donnaient rien. Lenz DogaÎl avait tout simplement disparut.

Le commutateur de l’Eniripsa grésilla, et la voix de Tyra se fit entendre :

« Albynn…on a un problème…

-Oui Miss Tyra, cria le soigneur inquiet, Lenz est introuvable ! Elle n’est pas dans le Zeppelin et son état m’inquiète !

-Quoi ?! Merde ! Rentrez au Havre-Monde immédiatement !

-Pas question, hurla Ihephe, je ne repartirais pas d’ici avant d’avoir retrouvé notre chef !

-Je crains que nous ayons un problème bien plus grave à gérer pour le moment…murmura la Crâ d’une voix blême. »


***


Elle se tenait debout, juste devant les larges portes du Quartier Général des hommes à la plume. Une étrange lueur orangée venait éclairer ses traits, tandis que ses yeux humides fixaient le lieu sans comprendre. Elle activa une dernière fois le commutateur et murmura :

« Notre Havre-Monde…est en train de brûler… »

Regroupés autour d’elle, les membres de Get Free ne pouvaient que regarder le triste spectacle. De larges gerbes de feu léchaient les murs de ce qui avait été leur havre de paix. Une épaisse fumée noire s’échappant du terrible brasier. Les maisons s’effondraient une à une, les fondations carbonisés ne parvenant plus à supporter les toitures. Les flammes ravageaient tout sur leur passage, détruisant toute une parcelle de la vie de la guilde. Rien ne semblait pouvoir arrêter cette destruction, les révolutionnaires subissaient un nouveau revers.

Tyra baissa les yeux. Ce lieu, elle l’avait désirée pendant des années. Elle avait aidé les siens à l’envahir du temps de Warchant, et avait tout donné pour le transformer ensuite. Elle avait mis tout son cœur dans ce projet, à l’image des autres fondateurs. Années après années elle avait vu la vie animer cet endroit, elle y avait vu des enfants grandir, et une grande famille s’y était formée. Mais désormais, la fumée semblait être le seul occupant accepté en son sein. Une page de leur vie se tournait, sous les flammes et l’effondrement de ce qu’ils avaient mis tant de temps à bâtir.

Ils allaient devoir tout reprendre, c’était un véritable retour à zéro. Comme si cette guerre qui se terminait marquait la fin de Clocktown et d’une Get Free historique. Le symbole aérien s’était écrasé, la chef avait disparu et ce qu’ils avaient tous considérés comme étant leur foyer…se carbonisait sous leurs yeux.

De petites étincelles s’échappaient des flammes, tandis que le crépitement du brasier semblait gagner toujours plus d’ampleur. Les divers blasons de la guilde prenaient feu l’un après l’autre, les flammes ayant raison des plumes.

Elle se fit bousculer par un Zack déchainé, le jeune homme se ruant en direction des portes. D’un geste vif et précis, elle agrippa son col et le tira en arrière, hurlant d’une voix cassée :

« Toi tu restes-là ! Il n’est pas question d’aller se jeter dans la fournaise !

-Lâches-moi ! Adam et Shala ne sont pas ici…ils sont peut-être encore à l’intérieur !

« Adam…et…Shala ? Mais c’est qui bordel ?! Cria la Crâ.

-Les enfants de Mylone Stone, celui qui nous a aidés et que Maman idéalise ! On les a trouvés devant le Havre-Monde et on les a envoyés soigner leurs blessures à l’intérieur ! »

Tyra écarquilla les yeux, ses dents se crispant dans un rictus de colère pure. Elle cracha :

« Tu t’es fait berner Zack ! Mylone n’a jamais eu d’enfants ! Les seuls pouvant être considérés de la sorte…sont Dahoud et Hyrie Massani !

-Mais alors…murmura le jeune Féca en blêmissant, qui étaient-ils… ? »


***


Debout, sur un large promontoire rocheux, les deux gardes admiraient le spectacle. Les flammes s’élevaient haut dans le ciel, tandis que le Havre-Monde des révolutionnaires sombrait peu à peu dans la noirceur des cendres.

L’homme se tenait debout, une cigarette aux lèvres, et la femme était tranquillement allongée dans l’herbe, un sourire carnassier éclairant son visage. Elle avait ôtée son casque, laissant ses cheveux rouges se libérer et voleter au grès des caprices du vent. Elle regarda son partenaire et murmura d’une voix amusée :

« -Tu peux retirer ton casque tu sais…Jo’ ~ »

Jolian ricana, et retira avec lenteur son casque. Ses cheveux, encore long la veille, se trouvaient désormais rasés. Il jeta le casque au loin, avant de venir attraper sa cigarette entre ses doigts. Il clama d’une voix amusée :

« Un prêté pour un rendu Lenz ! Si tu refuses de faire tomber les nations avec moi, alors je me chargerais de te faire disparaitre de leur sol ! Great Fire est sans nation, sans attaches…nous ne nous complaisons pas dans un joli nid douillet ! Notre maison est le champ de bataille, notre repos sera notre mort ! Tu m’entends Lenz ?! Hier tu gagnais et aujourd’hui le vent tourne. Je te porte ce coup vieux frère, non pas par vengeance mais bien pour vous endurcir toi et tes gus ! Devenez combatifs, battez-vous pour que la liberté totale règne sur ce monde…et alors nous marcherons ensembles vers un avenir idéal ! Persistez dans votre paresse non productive, et je vous traiterais en ennemi ! Je vous écraserais, vous détruirais et ne laisserais que des cendre de tout ce que vous avez bâtis ! »

Le roublard jeta sa cigarette au sol, ne prenant pas la peine de l’éteindre et gardant son sourire. Il se tourna vers Netana et murmura :

« Il est temps de filer, nous avons finis notre travail ici. Allons retrouver Iriana, il flotte dans les airs une odeur de merde cramée !

-Rooooh…on peut rester encore un peu, maugréa la dragonne, le spectacle que nous offre l’association de tes bombes et de mes flammes est des plus plaisant ! Regardes-moi ça, tout est en train de brûler !

-Je sais p’tite flamme, mais il vaut mieux filer en douce ! Je te promets que notre prochain brasier sera plus grand encore ! Il marquera les esprits celui-là !

-Oww…tu sais me prendre par les sentiments toi ! »

Elle se releva, jetant un dernier coup d’œil à leur œuvre éphémère, et se retourna. Jolian alla se placer à son niveau, et tout deux repartir en éclatant de rire. La cigarette allumée dans l’herbe consumant ce qui se trouvait à sa portée, allumant les débuts d’un nouvel incendie laissant présager un futur des plus noirs.


***


Le calme demeurait à l’intérieur de la grande salle circulaire, le cliquetis incessant des horloges détraquées étant devenu le seul son perçant le silence ambient. Le soleil mourait à l’horizon, diffusant sa lumière crépusculaire à travers l’assemblage de vitres transparentes.

Assis sur son trône intemporel, Emitrevo fixait le ciel. Il était seul, sa compagne s’étant visiblement absentée. La journée se terminait finalement, et une fois encore le cycle avait changé. Des perturbations mineures et des changements que même lui n’avait pu prévoir…mais un dénouement étrangement similaire. Get Free était à nouveau tombée, Clocktown n’existait plus une fois encore…la suite des évènements parviendrait sans mal à se raccorder aux imprévus. Il avait observé, décortiqué chaque instant de ces dernières heures afin d’en envisager la moindre possibilité. Il était toujours surpris de voir tous les changements que pouvait apporter l’Homme à la trame temporelle.

Tandis qu’il méditait sur ces dernières pensées, une plume se matérialisa dans la salle. Une autre apparu rapidement, puis une autre encore. Une explosion de plumes fut provoquée au centre de la pièce, et l’étrange homme en costume se matérialisa une fois encore. En deux occasions il avait agi en cette journée, provoquant tantôt un changement tantôt une répétition du cycle. Nul ne semblait savoir quels étaient ses véritables objectifs, pourtant Emitrevo l’observait d’un œil lassé. Il clama d’une voix sereine :

« Hunshaïn…tu n’as pu t’empêcher d’agir aujourd’hui…

-Il est vrais…Pendulum…mais que veux-tu, ricana l’homme, quand de jeunes âmes se sentent pousser des ailes de libertés…je me dois de les soutenir.

-A d’autres…nous savons tous deux que tu ne cherches qu’à les arracher et mener ces hommes à leur perte. Tu n’as rien d’un saint, tu n’es qu’un être craintif…ne voulant en aucun cas perdre sa place.

-Si c’est ainsi que tu me vois…et bien soit. Tu as raison, ma place n’a rien de stable. Elle est l’une des plus vieilles de ce monde et n’a eu de cesse de changer de propriétaire bien avant mon arrivée. Mais depuis que je l’occupe, elle n’a jamais connu la moindre modification. Je ne suis pas craintif, car je sais que plus personne ne sera en mesure de la prendre. J’y veille chaque jour que les Douze font.

-Pourtant je suis encore là, mes ailes ont certes vieillies…mais elles me supportent toujours dans mon ascension vers des objectifs que beaucoup considèrent comme utopique…

-Je ne peux le nier en effet, mais bien peu de gens te connaissent…et encore moins t’adulent. Tu es un fléau Pendulum, et jamais tu ne me feras de l’ombre.

-J’avais oublié qu’être dieu mineur de la liberté n’est pas qu’affaire d’actes…il est également affaire de renommée…

-Comme chaque dieu qui peuple ce monde, il faut être reconnu pour exister. Je suis l’incarnation d’un concept toujours en vogue, la personnification du but que chaque homme cherche un jour à atteindre.

-Dans ce cas tu dois craindre Get Free n’est-ce pas ? Ils pourraient prendre ta place, par leur acte du jour et par tout ce qu’ils représentent…

-Pas pour le moment non, ils ont essuyés un sérieux revers durant les dernières heures de cette guerre ennuyeuse…

-Je croyais qu’elle t’avait amusée pourtant, ton acolyte…le dieu mineur de la musique, y a pris beaucoup de plaisir semble-t-il.

-Noïz ? Et bien il a pu jouer son requiem dans le ciel…et il a eu un public des plus conséquents. J’en suis heureux pour lui, mais je ne partage ni son art ni son amusement.

-Je vois…pour en revenir à Get Free je te conseille de te méfier d’eux. Je les observe depuis bien des années et je peux t’affirmer une chose : De par leur concept et l’énergie qu’ils dégagent, ils sont les plus à même de te faire tomber.

-C’est un risque oui, mais pour l’heure leur préoccupation la plus importante est leur foyer en feu. Ils ont perdus deux de leur symbole aujourd’hui, et ne semblent plus avoir la moindre attache.

-Encore une fois c’est par ton ignorance des comportements humains que tu te trompes…

-Hum ? Expliques-toi ?

-Certes la destruction du Havre-Monde va préoccuper ce groupe, et ils vont devoir s’interroger sur leur avenir et leur reconstruction…mais pour l’heure ce n’est pas la question la plus importante. Ce n’est pas celle qui est suspendue sur chacune de leurs lèvres…

-Oh ? Et quelle est cette question alors ? »

Le Xélor marqua une pause, fermant ses yeux pour s’imprégner de chacun de ses prochains mots. Il clama s’une voix assurée mais néanmoins interrogative :

« Qu’est-il advenu de Lenz DogaÏl ? »
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Re: NoD Remaster

Message par Opheliana le Mar 12 Jan - 19:34

Une fin qui ne demande qu'une suite ! Le suspense est juste magnifique, et tout les événements successif contradictoire annonce clairement la couleur ! ^^

Je peux pas dire beaucoup sur la partie tellement elle est complète, bien écrite, et avec une trame maîtrisée à la perfection, malgré toute les scènes qu'il y a !

Quelque petites fautes mais sans gravité (le pire ennemis de l'écrivain) et même si je vais me faire taper en disant ça...ça manque de magnifique dessins d'illustration maintenant que tu en est capable :3

Après...le petit retour de Néta' et Jo' m'a fait très plaisir, tout en explosion et en flamme ! :3
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Re: NoD Remaster

Message par Bluefox82 le Mar 12 Jan - 19:42

Encore une fois un magnifique chapitre, servant de dénouement avant la situation finale de la nouvelle, mais aussi d'ouverture pour la suite!

Les paragraphes de chaque situation s'enchaînent bien, il en va de même pour les différentes scènes proposées.

Aussi un nombre faramineux d'interrogations plus ou moins explicites se posent, laissant un suspens non négligeable.

Il me tarde de voir la fin de cette œuvre, et enfin de savoir comment tout ceci va finir! Merci beaucoup!
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Re: NoD Remaster

Message par Albynn le Mar 12 Jan - 19:48

LENZ EST DVENU LE SHUSHU ZOMBIE DE LA REVOLUTION ET HUNSHAIN VA S'EN SERVIR CONTRE GET FREE MUAHAHAHA *pan*

Pour être sérieuse, ça vallait le coup d'attendre. T'es dans la bonne lancée de fin, courage courage!

J'ai été triste de comprendre presque de suite que Lenz "révait": Alb et Harkane n'avaient rien à fiche là, dans la trame d'histoire. Mais d'un autre coté, ça ammène vite à la question:
Qu'est il arrivé à Lenz?

Je m'attendais aussi à un coup de salope de la part des "enfants" de Mylone, dès le paragraphe où ils disent avoir "quelques chose à faire encore".
MAIS QU IL Y AI UN FUCKING JOLIAN PLANQUE DERRIERE, JAYJAY!
*pouce*
Après, on se répète: c'est bien écrit, c'est cool, ça s'enchaine pile comme il faut, bref, c'est impec Very Happy

PS: pour rappel, Alb a des ailes, c'est pratique pour aller plus vite qu'en courant '^'
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Re: NoD Remaster

Message par Shiki Van Shërza le Mer 13 Jan - 18:37

Je ne peux qu'être d'accord avec les autres : encore un magnifique chapitre que tu nous offre là, et un beau dénouement sur cette bataille... Mais aussi une grosse question pour la dernière partie : "Mais qu'est devenue Lenz ?"

Courage pour la dernière partie qui arrive, d'ailleurs. ^^

Sur la forme, rien à rajouter par rapport aux précédents commentaires, donc je vais pas répéter ce qui a été déjà dit...

Sur le fond, j'ai bien aimer les différentes parties, et la manière dont été décrites les scènes... Que ça soit le crash de Clocktown, le cauchemar de Lenz, ou tout le reste... Et avec un bon enchainement, en plus ! Du très bon, encore une fois. ^^

Je pensais d'ailleurs pas que Lyna apparaitrais. Encore moins qu'elle aurait ce rôle là dans le HM en l'absence des autres. xD

A part ça, vivement la suite pour enfin savoir le pourquoi du comment à propos de Lenz, et de savoir comment ça va finir. ^^
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Re: NoD Remaster

Message par Lashet le Jeu 14 Jan - 14:49

Wow. Juste... Wow. Je suis pas doué pour les grand paragraphe... Mais wow. Bien écrit, envouetant, j'en ai eu la larme à l'oeil. Bravo. Un vrai travail de pro.
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Re: NoD Remaster

Message par Ihephe le Sam 16 Jan - 0:20

Alors, je poste le comm que maintenant parce j'ai seulement accès a mon pc maintenant, mais je l'ai lu le jour de sa sortie sur mon tel Smile

Donc, très bon chapitre comme d'hab, Jolian qui reviens en force en brûlant notre HM ( le salow !), le monstre qui s'est réveillé et qui va mettre énormément de temps à se rendormir, et une Lenz portée disparu .

J'aime beaucoup cette nouvelle version, et notamment les nouvelles intrigues qui viennent s'y greffer, pour moi qui fait peu de rp et qui se tiens pas des masses au courant, Mylone est assez intrigant, j'espère voir des nouvelles sur lui, d'autre sur Great Fire, ainsi que sur Hunshaïn Smile et pourquoi pas un recap sur Idéal tiens !

Je sais que tout ceci représenterai une lourde charge de taf supplémentaire si tu le faisait, mais ça pourrait être sympa, pourquoi ne pas prendre un peu d'avance en écrivant l'équivalent de plusieurs chapitres avant d'en poster un et de poster les autres a la cool en mode " Tiens ça faisait longtemps je vais en mettre un ! " ?

'Fin voila, tout cela pour dire que j'ai beaucoup aimé et que j'attend désormais l'épilogue qui concluera tout ceci !
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Re: NoD Remaster

Message par Albynn le Sam 16 Jan - 16:57

Ihephe: pour le recap sur Ideal, tuverra probablement ça dans le journal de Bybynn, si tu prend le temps de lire! XD
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Re: NoD Remaster

Message par Birth le Lun 18 Jan - 15:01

Et nous voilà réunis pour cette fin de nouvelle, NoD R se termine et j'en suis heureux ! Merci de l'avoir lu, commenté et surtout aimés. Les mots me manquent pour vous dire à quel point je vous adore. Une fois de plus je tâche de faire court car je sais que vous attendez cette fin, n'hésitez pas à me donner votre avis sur l'oeuvre entière à la fin de votre lecture, elle pourra m'aider à écrire un bilan sur ce projet qui restera ma plus grande fierté. Le chapitre est posté en deux fois car il dépasse la limitation de caractère qui m'est imposé par le forum

NoD R se termine grâce à vous, et je vous dédie ce texte. Bonne lecture, et merci de m'avoir suivis jusque là.






Epilogue : …Pour renaitre en tant que commandant




« Ici Corbac Trois, me recevez-vous poste de contrôle ? Terminé.

-Cinq sur cinq, nous gardons le contact. Avez-vous récupérez le tireur ? Terminé.

-Oui, Jack est arrivé il y a peu. Il est blessé, nous avons pansés au mieux ses blessures et ses jours ne sont pas en dangers. Terminé.

-Qu’elle est la situation de Clocktown ? Terminé.

-La ville a finalement atterrie. La rébellion s’est terminée par une victoire des révoltés, les dirigeants sont tombés. Le Zeppelin de Get Free s’est écrasé contre l’antenne relais, les deux structures viennent tout juste de percuter le sol. Terminé.

-Heldegast est mort ? Terminé.

-Etat incertain, il n’a pas réussi à quitter l’appareil avant le crash. Il est encore en son sein. Terminé.

-Les ordres sont très clairs Corbac Trois, vous deviez récupérer Jack et vous assurer de la mort d’Heldegast. Rendez-vous immédiatement dans la carcasse du Zeppelin et achevez votre mission. Terminé.

-Très bien, nous nous chargeons de ce dernier problème. Terminé »

La femme retira sa main du casque qui protégeait son visage, interrompant la transmission du commutateur intégré. Elle portait une armure intégrale fait d’une étrange matière, sorte d’alliage métallique fin et souple…mais semblant doté d’une incroyable résistance. Cette tenue de combat épousait ses formes, les rondeurs de sa poitrine indiquant ainsi sa nature. L’armure était peinte intégralement en noir, un logo représentant un corbac à l’aide de traits fins avait été gravé à l’avant, au niveau de son cœur. Dans son dos était peint le symbole stylisé d’un phénix, tout en nuance de rouge, d’orange et de jaune.

Derrière elle se tenaient cinq hommes portant des tenues similaires, brandissant dans leurs mains d’étranges fusils diffusant des lueurs violacées. Un sixième homme, arborant une tenue bien différente, était adossé contre un arbre non loin du petit groupe. Ses vêtements étaient tâchés de sang et une écharpe reliait sa nuque à son bras droit qui pendait mollement. Ses traits étaient déformés par la rage, Jack n’acceptait toujours pas l’idée de s’être fait battre par les révolutionnaires.

Se décollant de l’arbre, il s’avança jusqu’à la femme en maugréant :

« On finit ça vite, j’en ai ma claque de toutes ces conneries. On entre, on trouve ce connard d’Heldegast, on le flingue…et on se tire !

-Doucement Jack, soupira celle qui semblait être la meneuse du groupe, les membres de Get Free doivent déjà être en approche…nous devons nous dépêcher mais ne laisser aucun signe de notre présence. On est là pour effacer nos traces, pour les empêcher de remonter jusqu’à nous. Je refuse qu’ils en viennent à ne serait-ce que penser qu’un groupe a pu passer ici avant eux.

-Très bien…on suit tes ordres de toute façon…comme d’habitude, grommela le roublard. »

La meneuse plaça sa main contre son poignet droit et régla un petit appareil. Un « 20 » lumineux se mit à clignoter sur le cadran et elle clama :

« Compte à rebours enclenché ! Nous avons vingt minutes pour mener l’opération, on agit vite et bien, on ne laisse pas de trace, on fait ça proprement ! »

Elle tourna sa tête en direction de l’imposante masse fumante qui se dressait non loin d’elle. Le Liberty reposait là, à l’extrémité d’une profonde tranchée qu’il avait creusé quelques instants auparavant. L’arrière de l’appareil était en proie aux flammes, et une épaisse colonne de fumée s’échappait de ses moteurs pour aller embrasser le ciel. Le crépitement du brasier était le seul son venant animer la forêt, animaux comme rares habitants ayant probablement pris la fuite en apercevant le Zeppelin en perdition. Pour beaucoup, la guerre était finie. Mais pour l’unité Corbac Trois, il restait encore quelque chose à accomplir. Un ordre, donné par les plus hautes instances de leur organisation, et visant au maintien du secret autour de leurs actes. Telle avait été la mission confiée au petit groupe, fruit d’une opération de longue haleine et d’une incroyable diversion.

Clocktown, les agissements d’Heldegast, toute cette journée…pour la population du monde des Douze il s’agirait sans nul doute de l’une des plus grandes attaques recensée. Certains parviendraient même à relier la ville des ingénieurs aux évènements survenus à Astrub quelques années auparavant. Tous seraient persuadés que ce qui avait été commencé avec Dical Xovui, s’était terminé avec la chute de Clocktown…et ils ne pouvaient avoir plus tort.

Une diversion, voilà tout ce qu’avait représenté Clocktown pour ce mystérieux groupe. Tandis que les yeux du monde entier seraient braqués sur cet étrange manoir pour les années à venir, les agissements de l’organisation au phénix resteraient secrets. La plèbe verrait en cette fin de journée une véritable victoire des Amaknéens, alors que les seuls vrais gagnants se trouvaient être ce fameux groupe…Phénix.

La meneuse leva son bras vers le ciel, ordonnant par ce geste silencieux le début de l’opération. Aussitôt, les cinq hommes armés vinrent se poster à ses côtés, respectant un positionnement précis et maintes fois répétés. Jack vint se placer derrière, dégainant l’un de ses pistoroub au passage. Ils allaient devoir faire preuve de rapidité et d’efficacité s’ils ne voulaient pas se faire repérer par des ennemis en mouvement.

Ils approchèrent en vitesse du flanc de l’appareil écrasé, et se mirent en quête d’une brèche leur permettant d’entrer. La meneuse vérifiait régulièrement l’état du minuteur, s’assurant qu’ils restaient bien dans les temps. Ils repérèrent une faille dans l’une des parois externe du Zeppelin, celle-ci s’étant fait éventrer par un rocher durant sa glissade contre le sol. A l’aide d’une rapide association de signes de la main, la meneuse indiqua la zone à ses hommes, et ils se précipitèrent vers l’endroit désigné. Ils sécurisèrent rapidement l’emplacement, s’assurant qu’aucun intrus ne se trouvait dans les parages. La femme exécuta de nouveaux gestes, ordonnant à sa petite troupe de se séparer. Deux hommes se placèrent de chaque côté de la faille, pointant leur arme en direction de la forêt, et les quatre autres entrèrent à l’intérieur du Zeppelin.

La fumée avait envahie l’appareil, les brasiers semblant se propager rapidement. Les caques de l’unité filtraient fort heureusement l’air, et les mystérieux soldats purent poursuivre leur avancée. La meneuse jeta un nouveau coup d’œil à sa montre, il ne leur restait déjà plus qu’une quinzaine de minutes. L’un des soldats s’approcha d’elle, ayant déjà effectué une rapide reconnaissance, et lui indiqua qu’il n’avait rien trouvé. Le femme posa sa main contre son casque, et réactiva son commutateur :

« Ici Corbac Trois, aucun signe d’Heldegast dans les coursives de l’appareil. Vu notre timing, il aurait dû se trouver proche de la sortie. Les renseignements du Xélor ne semblent pas fiables. Terminé.

-Pourtant le lieu et l’heure du crash correspondaient assez bien, ça vous a permis de vous préparer. Il nous avait dit que certaines choses pouvaient se passer différemment de ses prévisions. Terminé.

-Il est vrais qu’il ne s’est pas trompé concernant les détails du crash…on va poursuivre notre avancée jusqu’au poste de pilotage, je vous recontacte sur place. Terminé. »

Elle relâcha son casque et désigna les quelques décombres bloquant l’accès au cockpit du doigt. Le soldat à sa droite se précipita vers ces derniers et s’agenouilla en face. Il posa son arme sur le côté, attrapa une étrange sphère métallique attachée à sa ceinture, et la plaça dans une cavité formée par les débris. Il pianota sur l’appareil attaché à son bras, récupéra son arme et fit signe aux trois autres de se mettre à couvert. Ils entrèrent en vitesse dans des salles adjacentes, tandis qu’une violente détonation se faisait entendre. Le globe métallique venait d’exploser, projetant des morceaux de décombres dans toutes les directions et venant faire trembler l’appareil.

La meneuse s’assura que ses hommes la fixaient, et commença un décompte de cinq secondes avec sa main. Elle donna ensuite l’ordre de foncer en avant, et le groupe se rua dans la salle de pilotage. L’accès avait été totalement dégagé et ils pénétrèrent dans le cockpit rapidement. La salle était entièrement ravagée, le choc violent qu’avait subi l’appareil en percutant l’antenne avait enfoncé une bonne partie de l’armature de la poupe du vaisseau. Des poutres d’aciers sortaient des murs, des câbles tombaient du plafond et le sol était craquelé et bosselé de toutes parts. Deux personnes se tenaient dans cet espace en perdition, une femme aux cheveux blonds et la cible du groupe. Tandis que les soldats s’approchaient d’Heldegast, la meneuse s’attarda sur la femme. Ses longs cheveux blonds cascadaient chaotiquement contre son visage, se tête était baissée et elle ne respirait visiblement plus. Elle était couverte de multiples blessures, certaines méchamment profondes. Une tige métallique venait perforer son ventre du côté gauche, et un filet de sang s’en échappait. La barre semblait faire office de bouchon et empêchait le sang de couler de façon trop abondante. La blessure restait néanmoins mortelle expliquant parfaitement l’immobilisme actuel de la Sacrieuse.

La femme soupira, au final la résistance légendaire de la chef de Get Free avait connu sa limite. Elle détourna son regard du corps de la Sacrieuse, et reporta son attention sur l’ancien dirigeant de Clocktown. Ses yeux étaient entre-ouverts, et il respirait avec difficulté. Sa gorge avait été lacérée, et sa survie était déjà un miracle en soi. Il fixa la meneuse du groupe, et murmura :

« Vous…êtes venus…me chercher… ? »

La femme ne répondit rien, tandis que Jack s’approcha du Féca. Il posa le canon de son arme contre la tempe de son supérieur factice, et ricana :

« Oh que non, élitiste de mes deux ! Nous on est plutôt là pour t’achever !

-Je savais…que je n’étais pour vous…qu’un pion...soupira Heldegast dans un triste sourire.

-Phénix vous remercie de la diversion que vous avez réalisée, clama la femme sans aucune forme d’émotion, votre contribution à nos projets ne sera jamais oubliée et notre organisme récupèrera tous les habitants de votre ville qui voudront nous rejoindre.

-Faîtes-moi…plaisir…cracha le Féca dans une petite gerbe de sang, dîtes à Tef…d’aller se faire fou… »

Il ne termina jamais sa phrase, Jack ayant finalement appuyé sur la gâchette. La tête du Féca fut violement décalée sur le côté, tandis que la balle creusait un véritable tunnel dans sa tempe. Un petit flot de sang commença à s’en échapper, Heldegast venant officiellement de trépasser.

La meneuse fixa à nouveau son minuteur, il leur restait un peu plus de dix minutes pour partir désormais. Leur mission était accomplie, les éléments à même de les compromettre n’étant plus exploitable. Elle exécuta ses derniers ordres, indiquant à sa troupe qu’il était temps de déguerpir. Tandis qu’ils se dirigeaient vers l’extérieur de la salle de pilotage, elle s’arrêta un instant. Quelque chose la titillait au plus haut point, une sorte d’intuition…une question qui demandait réponse. Elle s’approcha de la Sacrieuse et s’agenouilla devant elle. Attrapant son poignet, elle y chercha la présence d’un quelconque pouls. De très légers battements résonnèrent contre ses doigts, incroyablement ténus…mais bel et bien présents. Elle s’exclama d’une voix forte :

« Revenez-ici, la Sacrieuse est en vie ! »

Lenz respirait faiblement, son ventre ne se soulevant que peu. Elle avait survécu au crash elle aussi, mais sa vie semblait à un fil de disparaitre. Jack s’approcha des deux femmes, son pistoroub braqué en direction de la tête de son ennemie. Il cracha :

« Ecartes-toi, que je l’achève !

-Non, répondit calmement la meneuse en dirigeant sa main vers son casque, nous n’avons reçus aucun ordre précis à son sujet.

-Tu es sérieuse ?! Il s’agit que la chef ennemi ! Il faut s’en débarrasser ici et maintenant !

-Elle ne représente pas une menace pour le moment, soupira la femme en activant son commutateur. Ici Corbac Trois, Heldegast est mort. Je me tiens en face de Lenz Dogaïl la dirigeante de Get Free. Elle est salement amochée, mais vivante. Elle semble inconsciente, en attente d’instructions. Terminé

-Aucun ordre n’a émané concernant cette femme, abattez la par sécurité et revenez à la base. Terminé

-Tu vois, cria Jack en poussant légèrement la tête de la Sacrieuse du canon de son arme, finis les conneries ! Je la bute.

-Jack tu attends, hurla la femme visiblement à bout de nerfs. Elle reprit son calme et clama, demande relais de la situation à la Dame Rouge. En attente de ses instructions. Terminé

-Négatif, vous manquez de temps. Exige extraction immédiate de l’équipe. Terminé

-Négatif, répondit la meneuse lassée, la Dame Rouge possède des accréditations supérieures aux vôtres. Ses ordres primes sur ceux du reste de l’organisation, exception faite de ceux de notre dirigeante. Terminé

-Très bien Corbac Trois, je fais circuler l’information. Préparez-vous à partir au moindre signal. Terminé»

La femme attendit, soutenant le regard plein de rage que lui lançait Jack. Elle n’appréciait guère la fougue de son coéquipier, et préférait voir les choses à plus grande échelle. Un petit grésillement se fit entendre, et les ordres tombèrent :

-Ici poste de contrôle, la Dame Rouge ordonne l’exfiltration de la dénommée Lenz Dogaïl. Ramenez-là vivante à la base. Terminé. »

La femme relâcha en vitesse son casque et fit signe au soldat le plus costaud de son unité de se rapprocher. Elle signa des instructions rapides, et lui ordonna de prendre la Sacrieuse sur son dos. Il acquiesça et s’approcha de la grande blessée afin de la dégager de la tige. La meneuse lui fit signe de s’arrêter, jugeant que la manœuvre était trop risquée pour la survie de la chef des révolutionnaires. La tige gênait la perte de sang, et la retirer ne provoquerait que diverses hémorragies. Elle attrapa le fusil que le soldat avait laissé au sol, et visa le dos de la Sacrieuse. Elle pouvait voir une partie de la barre métallique non enfoncée dans le corps de sa cible, et ça lui suffisait amplement pour ce qu’elle avait l’intention de faire. Elle visa calmement, et tira avec une redoutable précision. Un petit rayon de Stasis vint transpercer le métal, coupant la tige de façon nette, et Lenz commença à basculer sur le côté. Le soldat la rattrapa immédiatement, la brusquant le moins possible et s’assurant que la barre était toujours en place en centre de sa blessure. Une fois certifié que la cible ne se vidait pas de son sang, il la hissa doucement dans son dos et passa ses bras sous les hanches de la Sacrieuse. Il arrondit son dos, offrant une large surface d’appui au corps inanimé, et laissa les bras ballants de l’héroïne du jour passer par-dessus ses épaules.

La meneuse, assurée que la cible était prête à être exfiltrée, donna l’ordre à ses hommes de sortir de l’appareil. Un rapide coup d’œil lui indiqua qu’il ne leur restait qu’un peu plus de cinq minutes pour s’extraire de la zone, ils allaient devoir se montrer bien plus efficace. Ouvrant la marche, elle sortit de la salle de pilotage. Elle était suivit de prêt par le soldat transportant Lenz, les deux autres sécurisant leurs arrière et Jack fermant la marche. Elle indiqua aux deux hommes armés les parois des coursives, et continua son avancée. Comprenant immédiatement l’ordre donné, les deux soldats laissèrent Jack les devancer et se placèrent chacun face à une paroi. Ils y collèrent les dernières bombes qu’il leur restait, pianotèrent sur leur dispositif, et se ruèrent vers la sortie. Une violente explosion retentie dans tout l’appareil, et un nouvel amas de décombre vint s’amasser devant l’encadrement de la porte.

La meneuse ressortit par la faille, faisant signe à ses deux acolytes gardant l’entrée qu’il était temps de partir, et se dirigea vers la forêt. La petite troupe au grand complet la suivit en silence, adoptant une formation défensive sécurisant le porteur de Lenz. Ils s’enfoncèrent à travers les fourrées tandis que des bruits de course leur parvenaient. La femme se retourna un instant, jetant un rapide coup d’œil aux membres de Get Free qui venaient d’arriver sur place. Ils étaient trois : un Eniripsa albinos, une femme aux longs cheveux blonds et un Iop à la crinière rose. Le groupuscule entra immédiatement dans l’appareil, hurlant le nom de leur chef qui leur causait tant d’inquiétude. La meneuse fixa la Sacrieuse évanouie, ne laissant rien transparaitre des émotions qui l’animait, puis d’un petit mouvement de tête elle ordonna la reprise de la marche.

L’unité Corbac Trois s’enfonça plus profondément au sein de la Futaie Trouée, prenant rapidement de la distance avec le lieu du crash. Ils arrivèrent bien vite aux abords d’une falaise, et se dirigèrent vers un petit chemin sinueux qui menait sur une plage de galet située en contrebas. Ils arpentèrent la corniche, avançant en file et se concentrant sur leur équilibre, puis ils parvinrent enfin sur la petite surface rocheuse pourfendant les eaux.

Un petit submersible, arborant des couleurs noires et des formes assez fines, flottait en bordure de plage. Les vagues houleuses d’une mer commençant à se déchainer le faisait tanguer, mais il tenait bon sa position. Lorsque le groupe fut suffisamment proche de l’appareil, une trappe située sur son toit s’ouvrit dans un grincement strident. Un soldat en sortis, portant la même armure que le reste de l’unité. La meneuse signa quelques instructions et fit un rapide point sur la situation. L’homme acquiesça et tendit ses bras pour aider le porteur de la cible à la hisser à bord. Ils se passèrent le corps de la Sacrieuse, et le soldat retourna à bord du sous-marin. Un à un, dans une discipline parfaite, les soldats de la troupe entrèrent dans l’appareil, Jack maugréant un « C’pas trop tôt » lorsque se fut à lui.

Il ne restait plus que la meneuse, solitaire et pensive. Elle fixait le haut de la falaise, tentant d’imaginer la position du crash de mémoire. Elle tourna légèrement sa tête tout en portant ses mains à son casque. Sans un mot elle le retira, dévoilant des cheveux bleu clairs coupés à mi longueur et une peau blanche. Le vent jouait avec ses mèches, les faisant passer devant ses yeux d’un bleu plus foncé. Deux petites cornes venaient percer sa coiffure, et un air impassible maintenait les traits de son visage immobiles. Elle inspira longuement avant de murmurer :

« Désolée Shiki, mais notre sœur vient avec moi. »

Elle se retourna vers le sous-marin, son casque sous le bras, et se dirigea vers la trappe. Elle entra dans les coursives de l’appareil tandis que l’ouverture se refermait dans un nouveau son strident. Quelques bruits de pression se firent entendre tandis que l’appareil redevenait complètement étanche, puis le submersible s’éloigna lentement des côtés. Une fois assuré que la profondeur était adéquate, il disparut peu à peu sous les flots. Plus rien n’était en mesure de raccorder les évènements survenus durant la journée à Phénix, et Lenz avait disparu de la surface d’Amakna.
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Re: NoD Remaster

Message par Birth le Lun 18 Jan - 15:05

***


A des centaines de milliers de kamamètres plus loin, perdu aux milieu des océans et plongé dans de larges profondeurs, un gigantesque sous-marin dérivait lentement. Baptisé « Eledora », cette véritable ville océanique était la fierté de Phénix. Ce chef d’œuvre de technologie, qui faisait passer la ville volante de Clocktown pour un vulgaire prototype, servait de quartier général à cette armée de l’ombre. Cela faisait maintenant bien des années que le gigantesque appareil naviguait sous les flots, à l’abri de tous regards indiscrets. On trouvait de tout  derrière ses épaisses parois métalliques, des centres de commandement, des armureries, des habitations, des marchés…c’était tout un microcosme qui s’était créé dans un lieu que l’homme ne pouvait apprivoiser. Seule la cité immergée de Sufokia pouvait lui faire de l’ombre, et le bâtiment de guerre de Phénix avait eu la bonne idée de s’en éloigner le plus possible.

Dans le véritable dédale de coursives qui composait les niveaux supérieurs de l’appareil, faisant office de lieu militaire, une étrange femme avançait. Elle avait de longs cheveux rouges cascadant dans son dos et encadrant un visage fin que l’âge ne semblait pouvoir entamer. Elle avait des yeux aux pupilles blanches, de nombreux cercles venant les décorer. Elle portait une petite paire de lunette  sur son nez légèrement retroussé, et ses lèvres étaient actuellement légèrement pincées. La femme portait une longue robe rouge, d’innombrables boucles blanches venaient créer une véritable arabesque décorant le vêtement.

Elle semblait soucieuse, quelque chose la préoccupait au plus haut point. La dirigeante de la ville l’avait conviée dans son bureau, et elle se doutait des raisons. Elle continua son inlassable marche, bifurquant rapidement à certains embranchements et approchant de sa destination. Après plusieurs minutes de marche, elle s’arrêta finalement devant une imposante porte en bois massif…créant de belles nuances avec le blanc immaculé des murs. Elle inspira un temps, et vint frapper à la porte. Une voix forte et autoritaire lui accorda la permission d’entrer, et la femme ouvrit les lourds battants.

Elle pénétra dans le bureau, et referma les portes derrière elle. Celui-ci était richement décoré, de larges bibliothèques venant longer les murs. Dans un coin de la pièce se trouvait un mannequin en bois, équipé d’une armure Xélor rutilante. Au centre de la salle trônait un imposant bureau couvert de paperasse, et juste derrière, assise dans un large fauteuil, se tenait Tef Saw…la dirigeante de l’organisation nommée Phénix.

Elle avait des cheveux blonds, cascadant le long de son crâne pour venir s’arrêter au niveau de sa nuque. Ses yeux étaient d’un bleu métallique, ses iris perçants venant détailler celle qui venait d’entrer dans son sanctuaire. Elle portait un uniforme blanc et or assez serré, et se tenait droite dans son fauteuil. Tout chez elle dégageait une forme d’autorité naturelle, de sa posture militaire à l’impassibilité de son visage. La dame de glace n’avait en rien usurpé son nom, elle forçait le respect et impressionnait même les soldats les plus aguerris. Elle se racla la gorge et désigna une chaise posée de l’autre côté du bureau d’un petit geste du menton. Sans un mot, la femme en rouge alla s’y assoir, soutenant le regard de sa supérieure. Tef clama d’une voix forte :

« Merci d’être venue Mioma.

-J’ai fait aussi vite que j’ai pu, répondit la femme avec un léger sourire aux lèvres.

-On m’a appris que tu avais ordonnée l’exfiltration de Lenz Dogaïl…la dirigeante d’un groupe contre lequel nous entretenons une certaine opposition.

-C’est le cas oui, avant d’être une guerrière…Lenz est ma fille. L’occasion qu’elle me soit rendue n’arrivera certainement jamais plus…alors j’en ai plus ou moins profitée.

-Et je le conçois parfaitement, il est normal de vouloir se trouver proche de ses enfants…néanmoins tu te doutes que je ne vois pas d’un très bon œil l’arrivée d’une telle personne à notre bord.

-J’imagine oui, ricana Mioma, mais laissez-moi vous présenter les choses sous un autre angle ma chère. Lenz est une combattante incroyable, et une meneuse d’homme hors-pair. De plus en son absence, Get Free se retrouvera déboussolée.

- Continues…

-Si nous parvenons à la faire devenir l’une des notre, nous pourrions bien donner naissance à l’arme qui signera la perte de cette guilde.

-Tu comptes manipuler ta propre fille, marmonna une Tef un brin surpris.

-Pour mener mes objectifs à leur terme c’est une perspective que j’ai envisagée oui. Vous ne pouvez nier qu’elle fera une recrue de choix.

-En effet…si jamais tu parviens à la convaincre…

-Oh mais je m’y engage, faîtes-moi confiance, tout se passera bien j’en suis persuadée. »

Un silence lourd de sens retomba dans la salle, les deux femmes poursuivant leur véritable duel de regard. Après quelques minutes, Tef soupira et ferma les yeux. Elle clama d’une voix lasse :

« Bien, je te fais confiance Mioma. Mais si tu échoues…je ferais abattre la Sacrieuse. Je ne veux pas me retrouver avec une guerre civile sur les bras.

-Et je comprends tout à fait votre point de vue, s’écria la femme en se relevant lentement. »

Elle se dirigea vers la sortie et s’arrêta devant la porte. Sans se retourner elle murmura :

« Faîtes-moi confiance, elle deviendra l’une des notre… »

Mioma sortit de la pièce, refermant les portes derrière elle à nouveau. Le silence se réinstalla dans le bureau, nullement perturbé par le petit sourire qu’arborait désormais la dirigeante de Phénix.


***


Des images troubles, des sons en écho et une douleur quasi-insoutenable…Lenz était sortie de son coma. Combien de temps était-elle restée inconsciente, voilà bien l’une des rares pensées cohérentes lui parvenant. Et où se trouvait-elle…dans la salle de pilotage du Liberty ? Pourtant le sol sous son dos n’était pas dur. Elle demeurait immobile, son corps vidé de toutes forces. Son esprit vaporeux se retrouvait emprisonné dans des une enveloppe charnelle inamovible, et la Sacrieuse se savait aux frontières de la mort. Seule la douleur venait lui rappeler son existence, lui apportant une preuve qu’elle était encore bel et bien vivante. Elle tenta de mieux discerner l’image que ses yeux pas assez ouverts lui transmettaient, en vain. Le lieu où elle se trouvait maintenant était bien trop lumineux, et elle luttait déjà de toutes ses forces pour ne pas retomber dans les limbes.

Comprenant que son sens visuel ne lui fournirait que trop peu d’informations, elle décida de porter toute son attention sur les sons qu’elle percevait. Elle entendait des voix, deux femmes semblant discuter à côté d’elle. D’autres sons plus ténus, bruits de moteurs, vrombissements de pompes et clapotis de l’eau, lui parvenaient. Du peu qu’elle en savait, elle ne se trouvait plus dans la salle de pilotage. Ses amis étaient venus la chercher ? Peut-être l’avaient-ils ramenés au havre monde. Oui, se persuada-t-elle, il n’y avait aucune raison de s’en faire. Tout allait bien. Elle parvint, après des efforts intenses, à reconnaitre certains mots prononcés…et ses certitudes volèrent en éclat :

« …Opération réussie…Get Free au courant de rien…état critique…

-…Bloc opératoire…urgence…aide précieuse à Phénix…je m’en occupe… »

Phénix…comment s’était-elle retrouvée chez eux ? Lenz ne comprenait plus rien, mais se doutait sans peine que la situation était alarmante. Si elle était tombée aux mains de l’ennemi, et que Get Free l’ignorait…alors elle allait devoir se débrouiller seul pour s’échapper. Mais pour l’heure autre chose la perturbait, la seconde voix qu’elle avait entendue, elle la connaissait. Malgré son état, cette intonation particulière ravivait en elle de bien sombres souvenirs. Tandis qu’elle se concentrait afin d’y apposer un nom venant de sa mémoire, elle sentit de légers tremblements sous son dos. On la déplaçait, elle devait être allongée sur une sorte de brancard et celui-ci était désormais en mouvement. Les couleurs et les nuances changèrent devant ses yeux, la Sacrieuse ne parvenant toujours pas à distinguer quelque chose de précis.

On lui fit emprunter un nombre interminable de couloirs, avant de pousser son véhicule de fortune entre deux portes de métal. On arrêta son brancard au centre d’une pièce dont les murs avaient été peints en vert, et la Sacrieuse se retrouva sous les feux d’un puissant projecteur. Aveuglée, elle ferma les yeux…ayant néanmoins eut le temps d’apercevoir de nombreuses silhouettes dans la pièce. Elle sentie des mains passer sur sa peau, appuyant sur ses muscles et vérifiant l’état de ses os. Ces gestes brusques ne firent qu’amplifier la lancinante douleur qui tiraillait son corps, et elle se crispa très légèrement. Après quelques minutes, une voix masculines prononça un véritable monologue dont la dirigeante de Get Free ne comprit que quelques mots :

« …Plusieurs côtes cassées…muscle du bras gauche déchiré…traumatisme crânien…blessure grave au ventre…flanc transpercés…miracle qu’elle soit en vie… »

Si elle avait pu, la Sacrieuse aurait esquissée un petit sourire. Une fois encore elle se retrouvait dans un sale état, et ne devait sa survie qu’à l’intervention de ses ennemis très certainement. Si Albynn avait été là, nul doute qu’elle se serait fait remonter les bretelles pour manque de vigilance et idées suicidaires.

Elle senti qu’on lui appuyait une forme ovale en caoutchouc contre le nez et la bouche, et comprit que ses nouveaux médecins allaient commencer la boucherie. Elle s’abandonna au gaz soporifique qu’on lui administrait, et sombra une fois de plus dans un noir total.


***


Lenz vit lentement le brouillard se dissiper dans ses pensées, elle semblait reprendre conscience. Son cerveau, encore confus, tentait de reprendre sa routine habituelle. La Sacrieuse crispa légèrement ses yeux, tandis que son corps se tendait. Les souvenirs lui revenaient en mémoire, les bribes de mots, l’opération…Phénix. Elle se rappelait maintenant, elle était chez l’ennemi. Ses yeux s’ouvrirent avec lenteur, tentant de s’habituer à la luminosité ambiante. Elle fut aveuglée dans les premiers instants, puis commença à discerner les formes composant son nouvel environnement. Quatre murs blancs immaculés, deux portes métalliques situées sur des murs se faisant face, un lit rudimentaire dans lequel elle se tenait allongée…et une chaise au milieu de la pièce, occupée par une silhouette rouge.

La Sacrieuse tenta de la détailler, ouvrant légèrement plus ses paupières. La voix si familière qu’elle avait reconnue auparavant parvint à ses oreilles, et Lenz comprit enfin :

« Tu es réveillée…ma fille… »

Les yeux de la dirigeante de Get Free s’écarquillèrent, et elle poussa un petit cri de surprise. Elle la reconnaissait à présent, Mioma Lovelie…sa mère se tenait en face d’elle. Cette femme qui l’avait abandonnée dès son jeune âge, qu’elle avait recherchée des années avant de finalement la haïr au plus haut point et l’enterrer sous une montagne de tristes souvenirs. La Sacrieuse s’agita légèrement dans son lit, tandis que sa mère reprenait la parole :

« N’essayes pas trop de bouger, tu es encore trop faible. Tu reviens de loin, tu m’as fait très peur tu sais…

-Comme si…articula difficilement une Lenz fatiguée, tu t’en souciais…

-Bien sûr que je m’en soucie, tu es mon enfant…et même si j’ai été forcée de partir il y a bien des années…je n’ai jamais cessée de t’aimer.

-A d’autres…tu as aussi abandonnée Shiki et Stella…tu n’as rien d’une mère pour nous…

-C’est loin d’être ce que pense ta sœur, mais tu auras le temps de lui en reparler. Comment-te sens-tu ?

-Laisses-moi partir…si mon cas t’intéresse vraiment. Laisses-moi retrouver la famille que je me suis bâtie et qui ne m’a jamais lâchée…

-Tu es libre de partir dès que tu seras rétablie, les médecins ont conseillés une semaine de convalescence totale. Je m’occuperais de toi pendant ce temps, et si au terme de ces sept jours tu m’annonces vouloir partir…et bien je t’y aiderais.

-C’est marrant…j’ai du mal à y croire tu vois…cracha la Sacrieuse avec mépris, tu es aussi mauvaise en mère que douée en mensonges…

-Tu as ma parole Lorenzo…je te le jure sur ma vie.

-Lenz…c’est mon nom. J’ai reniée celui que tu m’avais donné, je ne l’ai jamais vraiment aimé. Il ne me rappelait que des mauvais souvenirs…

-Si tu veux…Lenz, soupira la mère en baissant la tête. »

Un long silence pesant retomba dans la salle, mère et fille se dévisageant impassiblement. Mioma savait que sa fille la haïssait, elle pouvait le voir sur la dureté du regard que cette dernière lui lançait. Mais derrière toutes ces appréhensions se cachait une petite lueur, une sorte d’espoir de pouvoir rattraper une enfance perdue. L’absence de Mioma avait sans nul doute eut un grand rôle dans la construction de la Lenz d’aujourd’hui, et la Sacrieuse avait toujours espérée pouvoir revoir sa génitrice…sans jamais oser l’avouer. Elle finit par mettre fin au silence, fermant les yeux et murmurant :

« Tu as causée beaucoup de tords à Papa quand tu es partie…

-Et crois bien que je le regrette…Alphonso était un homme bon, généreux et sur bien des points visionnaire. J’ai été attristée d’apprendre sa mort…

-L’as-tu vraiment aimée au moins… ? »

Mioma esquissa un sourire mélancolique et regarda sa fille avec une forme de tendresse, murmurant :

« Il y a bien des choses que tu ignores sur moi Lenz…bien des choses qui en un sens justifient certains de mes actes. J’ai aimée Alphonso, mais pas comme lui a pu m’aimer.

-Tu étais une espionne, une traitresse à notre nation qui est repartie sans un mot une fois sa mission finie…

-Ne vas pas croire que je suis partie le cœur léger, ça a été un véritable déchirement. Je reste une mère, vous êtes mes enfants…et tu sais très bien l’attachement que tout cela génère… »

Lenz baissa la tête, elle ne connaissait ce genre d’émotions que trop bien. Elle aussi avait eu des enfants, et les aimait plus que tout au monde. Elle comprenait désormais bien des choses, et même si l’acte de sa propre mère lui paraissait toujours aussi abject…elle avait renoncée depuis bien longtemps à considérer que la décision avait été facile pour elle.

Mioma se releva, se dirigeant avec lenteur vers l’une des portes. Celle-ci s’ouvrit en coulissant devant elle, tandis qu’elle clamait d’une voix étrange :

« Nous aurons le temps de parler à nouveau…ma fille. Pour le moment tu as besoin de repos, je te laisse donc. »

Elle passa l’encadrement de la porte, et durant la fermeture de cette dernière elle murmura :

« Je t’aime…Lenz… »

Le silence retomba dans la chambre aux allures de cellule, et la Sacrieuse se plongea à nouveau dans ses pensées. La situation dans laquelle elle se trouvait désormais embarquée semblait des plus complexe, et elle ne doutait pas un seul instant que les prochains jours seraient des plus décisifs.


***


Combien de temps s’était déjà écoulé depuis que Lenz était dans cette chambre…deux heures, dix heures, une journée ? Elle avait perdu le compte, et l’absence de fenêtre ne l’aidait en rien. Malgré les dires de Mioma, elle se sentait plus prisonnière qu’autre chose. Les portes étaient solidement fermées, et on ne lui permettait en rien de se balader librement. Elle avait récupérée quelques forces cela dit, et parvenait désormais à s’assoir sur son lit. Son corps la faisait souffrir, et de nouvelles cicatrices venaient barder son corps…comme si elle n’en avait pas déjà assez.

On lui avait retiré sa tenue habituelle, probablement durant l’opération, et elle était désormais vêtue d’un tee-shirt à manche longue blanc et d’un pantalon de la même couleur. Elle n’espérait plus qu’une chose, que Mioma tienne sa promesse. Dans le cas contraire, elle se verrait obligée d’organiser son évasion. La manœuvre serait sans nul doute risquée, mais la Sacrieuse avait toujours préférée la mort à l’emprisonnement.

Ses amis lui manquaient, et une vague d’inquiétude l’avait gagnée quand elle s’était rendue compte qu’elle ne savait même pas si la guerre s’était bel et bien terminée. Certes elle avait détruit l’antenne de Clocktown…mais cela avait-il suffit ?

Elle fut extraite de ses pensées par le son du déclic de sa porte, quelqu’un approchait. Elle tourna la tête vers l’entrée, et vit Mioma apparaitre à mesure que la porte coulissait. Deux hommes en armure se tenaient derrière elle, l’un d’eux poussant une sorte de fauteuil roulant. La femme entra dans la pièce, et murmura :

« Bien dormie Lenz ?

-Bof…j’ai tendance à assez mal me reposer loin des miens, clama la Sacrieuse d’une voix sarcastique.

-Je sais…mais tu n’es pas encore rétablie. Une journée s’est déjà écoulée depuis son réveil, murmura-t-elle d’une voix se voulant rassurante, plus que six avant de pouvoir exprimer ton choix.

-J’ai hâte…t’as pas idée… »

Mioma désigna le fauteuil d’un petit geste de sa main, murmurant en choisissant bien ses mots :

« Je dois effectuer un contrôle de routine au niveau de ta mémoire Lenz. Tu as subi un lourd traumatisme crânien, et j’ai peur que cela ait pu affecter tes capacités mémorielle…

-Je passe mon tour, cracha la Sacrieuse nerveuse, j’ai jamais vraiment aimé que l’on me triture le crâne !

-Je savais que tu me répondrais ça, soupira la femme en baissant la tête, mais je n’ai pas le choix…c’est pour ton bien. »

Elle fit signe aux deux hommes d’intervenir, et ils se dirigèrent sans un mot vers la dirigeante de Get Free. Lenz soupira, dans son état il valait mieux ne pas luter. Si elle devait se rebeller elle n’aurait probablement qu’une chance, alors elle préférait être bien plus maîtresse de son corps. Les deux soldats l’aidèrent à se lever et la firent s’assoir dans le fauteuil. Une fois cette action effectuée, ils lui maintinrent solidement les avant-bras contre les accoudoirs, et les attachèrent à l’aide de larges sangles de cuir. Lenz paniqua légèrement, criant :

« Ce…c’est vraiment obligé ça ?!

-Les ordres viennent d’en haut, sécurité maximale…répondit une Mioma visiblement désolée »

La Sacrieuse ne répondit rien, détournant son regard pour ne plus voir cette mère qui, une fois encore, la décevait. Cette dernière baissa un peu plus sa tête, penaude, et fit signe aux soldats qu’il était temps d’y aller. L’un d’eux vint se placer derrière le fauteuil et le poussa doucement pour le sortir de la pièce.

Le petit groupe arpenta les coursives du Submersible, passant devant de nombreuses personnes qui dévisagèrent la Sacrieuse. Elle n’était visiblement pas la bienvenue à bord, le contraire l’aurait étonnée. Elle gardait la tête baissée, jetant de rapides coups d’œil dans toutes les directions pour tenter de mémoriser des accès si jamais elle en arrivait au plan de la fuite. Le vaisseau semblait labyrinthique, et son sens de l’orientation n’avait jamais été des plus développé. Un obstacle de plus entravant son retour vers les siens.

Au bout de longues minutes de marche, ils arrivèrent devant une petite porte noire. Mioma l’ouvrit en pianotant sur un petit tableau de commande, et ils entrèrent. La salle était assez petite, ne contenant qu’une table rectangulaire et des haut-parleurs aux quatre coins de la pièce. Les soldats placèrent le fauteuil et son occupante derrière la table, et sortirent sans un regard pour la Sacrieuse. La porte se referma, laissant mère et fille seule à seule.

Mioma se plaça à côté de sa fille, murmurant d’une voix douce :

« Il va falloir que tu restes détendue Lenz, je vais vérifier ta mémoire…et si tu t’agites trop ça pourrait faire mal…

-Plus facile à dire qu’à faire, la situation n’a rien de vraiment relaxante pour moi…cracha la Sacrieuse en tirant sur ses liens.

-Je sais…et je m’en excuse encore une fois…soupira la femme en venant poser ses mains sur les tempes de sa fille. »

Elle ferma les yeux, et se concentra. Lenz fut légèrement apaisée par ce contact, se rappelant les gestes similaires que Rose pouvait faire lorsqu’elle se servait de ses dons. Elle se sentie envahie d’une douce énergie étrangère, comprenant que l’esprit de sa mère se dirigeait déjà vers le sien. Elle se détendit sur son siège et se laissa faire. La voix rassurante de Mioma résonna en elle, murmurant d’une voix partant en écho :

« J’arrive au niveau de tes barrières psychiques, si tu le peux essayes de les abaisser. Je peux les passer sans te faire mal mais je préfère ne prendre aucuns risques. »

Lenz sembla hésiter, puis accepta de faire confiance à sa mère cette fois-ci. Elle abaissa toutes ses protections, et lui permit d’accéder à son esprit. Mioma restait d’une douceur extrême, faisant son maximum pour ne pas brusquer sa fille. Lenz perdit peu à peu ses appréhension, laissant la soigneuse spirituelle vérifier l’état de ses souvenirs.

« Pour le moment je ne vois rien de trop abîmé…murmura Mioma toujours concentrée.

-Pourtant mon esprit entier est abîmé, répondit la Sacrieuse d’une voix tremblante, bien plus meurtris que mon corps…

-Je n’en doute pas un seul instant ma fille… »

Les muscles de Lenz se raidirent, et elle tira sur ses liens en poussant un petit cri de douleur. Quelque chose clochait, on aurait dit que quelque chose venait de lui être arraché. Elle bégaya, inquiète :

« Ce…c’était quoi ça !?

-Un souvenir endommagé que j’ai dû réparer, ne t’en fais…répondit la soigneuse d’une voix beaucoup plus impassible »

Lenz se crispa dans son fauteuil, l’inquiétude la gagnant de nouveau. Quelque chose l’effrayait, en cet instant la dirigeante de Get Free avait perdue toute son assurance. Elle poussa un nouveau cri de douleur en sentant une nouvelle fois l’étrange sensation…et elle comprit enfin.

Cette vive douleur, cette impression qu’une part d’elle-même disparaissait, c’était certains de ses souvenirs se faisant arracher. Elle s’agita avec force dans le fauteuil, hurlant paniquée :

« Non…non arrêtes ça fait mal !

-C’est pour ton bien Lenz, murmura Mioma en arrachant un autre souvenir de l’esprit de sa fille

-Non…pas…pas ça ! Je…ne m’enlève pas ça ! C’est tout ce qu’il me reste de lui ! »

Les souvenirs que Mioma lui retirait, étaient ceux de son père et d’une partie de son enfance. Elle tentait de remodeler l’esprit de sa fille, de lui faire oublier sa traitrise et son abandon. En cet instant Lenz comprit enfin que les choses étaient bien plus dramatiques qu’elle n’avait osée l’imaginer, ils voulaient la faire changer contre son grès. Elle se débattit férocement, hurlant d’une voix désespérée :

« Je t’en prie ! Arrêtes…ne…ne me prive pas de ça…maman… »

Elle ne combattait plus, elle suppliait. Ses souvenirs avaient toujours été ce qui lui avait permis d’accepter ses erreurs en se rappelant les paroles de ceux qui l’avaient forgée. Ils avaient été son phare dans une mer de ténèbres, et ce phare faiblissait désormais. Mioma continuait sa torture, sélectionnant avec minutie les souvenirs compromettant pour les arracher sans hésitation, infligeant des souffrances terribles à sa propre fille.

La Sacrieuse continua ses supplications, perdant peu à peu les maigres forces lui permettant de se débattre. Des larmes coulaient sur ses joues, tandis qu’elle se sentait lentement partir. Les limbes venaient la chercher une fois encore, et c’était avec une terrible crainte qu’elle les accueillait.

Lenz sombra à nouveau, et sa mère retira ses mains de ses tempes…son visage toujours impassible.


***
 

Quand la Sacrieuse se réveilla enfin, elle était de retour dans le lit de sa cellule. Son esprit était brumeux, et une fatigue des plus vicieuses venait l’éreinter. Elle resta immobile, n’ayant ni la force ni la motivation de bouger. Ses longs cheveux bouclés cachaient une partie de son visage, et ça l’arrangeait bien. Ils cachaient les fines larmes qu’elle s’était autorisée à verser.

Des douleurs physiques, elle en avait déjà subi un grand nombre. Son corps se trouvaient bardés de cicatrices, marqué par ses choix de vie et ses idéaux dangereux. Elle s’était endurcie, avait gagné la réputation de résister à n’importe quel coup…mais derrière cette bien solide façade se cachait un esprit en miette, un mental brisé aux mille et une failles. La moindre éraflure de ce côté-là, et elle était à terre. Sa mère, sa propre mère, lui avait porté un coup d’une rare intensité. Elle lui avait arrachée une part de ce qu’elle était, un fragment du chemin qui avait amenée Lenz là où elle était désormais.

Elle se concentra, plongeant dans ses souvenirs devenus douloureux. Elle voulait voir l’étendue des dégâts…et bien vite elle les aperçue. Des trous noirs, des dizaines de petits trous noirs parmi les images que lui renvoyait sa mémoire. Le visage de son père…flouté, les lieux de son île…devenus ternes et moins précis. Et bien sûr, la disparition de sa mère lors de son enfance, qu’elle ne parvenait plus à se rappeler. Pourtant elle le savait, elle était persuadée d’avoir été abandonnée…mais rien dans ses souvenirs ne réussissait à le lui prouver.

La situation avait évoluée, il n’était plus question d’attendre la fin des sept jours. Si sa mère continuait son travail de destruction mémorielle, Lenz craignait bien de ne plus avoir la force de s’échapper. Elle devait s’évader dès que possible, tout donner en une seule fois. Elle n’aurait certainement pas de seconde chance, et devait envisager la mort comme échappatoire possible. Si les choses tournaient mal…se serait probablement sa dernière solution.

Elle attendit, calmement silencieusement…immobile. Elle récupérait le plus de forces possibles, préparant son action désespérée. Elle se repassait le visage de tous ses amis en tête, leurs sourires, les moments de joie qu’ils avaient partagés. Elle allait s’en sortir, elle devait s’en sortir…elle était leur chef. Sa place était parmi eux, et non au centre de ce complexe amoral.

Le déclic de sa porte retentit, et les muscles de la Sacrieuse se raidirent légèrement. Le moment semblait venu, le tout pour le tout. Deux soldats entrèrent dans la pièce, Mioma n’était pas là. Lenz esquissa un léger sourire, voilà qui lui simplifiait la tâche. Elle resta immobile, attendant qu’une bonne occasion se présente. L’un des deux hommes vint se placer à côté d’elle, avançant lentement sa main pour la réveiller. C’était maintenant ou jamais, le moment où il fallait tout donner. Elle attrapa le bras du soldat, et le tira violement à elle. L’homme, surpris, lâcha un cri incongru. La Sacrieuse maintint son bras tiré et vint attraper l’arrière du crâne de sa victime de sa main libre. Elle poussa un cri de rage pure et écrasa de toutes ses forces le front de son ennemi contre un coin de l’armature de son lit. Il y eut un choc violent entre les métaux du casque et du lit, et une courbe vint se creuser dans la protection de l’homme…comprimant une partie de son crâne. Il tomba au sol, s’agitant en hurlant. Ses mains se secouaient dans de petits spasmes, cherchant à retirer son casque qui le tuait à petit feu.

Lenz ne perdit pas plus de temps, elle bondit au sol et se rua sur le deuxième soldat qui semblait déjà enclin à donner l’alerte. Elle pivota sur son pied droit, se donnant un certain élan dans l’amorce de son prochain coup, et envoya la plante de son pied contre le haut du torse de son tortionnaire. Le coup fut des plus violents, et l’homme se retrouva éjecté du sol. Il percuta l’un des murs de la pièce dans un bruit sourd, et retomba au sol sonné.

La Sacrieuse savait qu’elle n’avait accompli là que la partie la plus facile de son évasion, elle allait désormais devoir faire preuve de discrétion pour s’échapper. Elle allait donner tout ce qu’elle avait dans cette tentative désespérée…la liberté ou la mort…

Elle se rua vers l’extérieur de la pièce, ce commença à contrôler le côté droit du couloir. Personne, la chance avait peut-être enfin tournée. Alors qu’elle tournait sa tête pour inspecter le côté opposé, celle-ci se retrouva violement décalée pour revenir à sa position précédente. Une marque rouge illuminait désormais férocement la joue de la Sacrieuse, tandis que son corps chutait inexorablement. Elle percuta le sol, poussant un petit grognement de douleur, et tenta de se relever au plus vite. Une pression importante se fit sentir sur sa gorge, et Lenz fut forcée de se tenir immobile. Stella était là, à demi accroupie, son genou droit appuyé sous la mâchoire de sa sœur. Elle souriait, visiblement amusée par la situation, tandis que la Sacrieuse se débattait au sol.

« Et bah alors Zouille…on veut déjà nous fausser compagnie ?

-Laisses-moi…articula Lenz en maintenant sa respiration, laisses-moi partir…

-Ca il n’en est pas question ma très chère sœur, ricana Stella, je ne me suis pas donnée tant de mal lors de ta récupération pour te voir partir comme ça !

-C’était…toi… ? Pour…pourquoi… ?

-Parce qu’on va passer du bon temps ici toi et moi…en famille, railla l’Osamodas avec un sourire mauvais »

Elle appuya d’avantage sur son genou, coupant la respiration de la Sacrieuse en détresse. Cette dernière tourna de l’œil, son plan de fuite trouvant une fin définitive.


***


« Arrêtes ! Ne fais pas ça s’il te plait ! Tout mais pas ça ! »

Lenz était de nouveau sanglée dans son fauteuil, crispée comme jamais. L’équivalent d’une journée avait passé depuis sa tentative d’évasion ratée. La sécurité autour de sa cellule s’était renforcée, et elle avait passé ces dernières heures recroquevillée sur elle-même. Elle s’en voulait d’avoir échouée, mais plus encore…elle craignait la suite des évènements. Ils ne se firent pas trop attendre puisqu’une Mioma des plus silencieuses, accompagnée de quatre soldats cette fois-ci, était venue la chercher. Elle se retrouvait donc dans la même petite salle que la dernière fois, sa mère pénétrant de nouveau son esprit.

Lenz se débattait avec force, tirant avec une force brutale sur les lanières de cuir…comprimant violement ses vaisseaux sanguins au passage. Elle hurlait et suppliait, une terreur étouffante s’étant emparée de tout son être. Elle sentie l’esprit de Mioma atteindre ses souvenirs, et sa voix se brisa :

« S’il te plait…pitié…ma…maman…ça…ça va me détruire…complètement…

-Je sais ma fille, répondit la mère impassible, mais je n’ai pas le choix. »

Elle sentie un premier souvenir se faire arracher, emportant avec lui tout un filet de petits moments qui y étaient rattachés. Une voix se fit entendre dans sa tête, dernier fragment du souvenir disparaissant :

« T’es vraiment un ventre sur patte Lenz…tu te donnes même pas la peine de déguster ce que je peux te préparer ! »

La voix d’Harkane, la voix de ce cuistot au grand cœur qui l’avait tant aidée, et tant compris. Son visage devint flou, tandis que la Sacrieuse oubliait peu à peu les moments qu’ils avaient pu passer ensemble. Elle hurla de douleur en crispant ses yeux fermés, laissant ses larmes couler en criant :

« Non ! Pas eux ! Tues-moi si tu veux…mais ne me les enlève pas ! »

Ce fut ensuite au tour d’Albynn, Mioma réitérant l’opération précédente. Lenz entendit une dernière fois la voix de celui qu’elle avait considérée comme son sauveur :

« Ramènes moi chez toi…Grand-Frère… »

Elle hurla de plus belle, s’agitant comme une forcenée pour tenter d’arrêter toute cette torture. Mais elle se poursuivit, infatigable et toujours plus précise. Ce fut au tour de Shiki, puis de Rose, de Ihephe, de Jolian et de Cyd :

« Je suis heureuse de t’avoir comme sœur Lenz… »

« Tu resteras toujours ce dos derrière lequel je peux m’abriter, me sentir protégée… »

« Je couvre tes arrière à compter de ce jour, va falloir que tu t’habitue à ma gueule ! »

« Lenz…t’es certainement le seul gars que je considère vraiment comme un frère dans ce monde, alors m’abandonnes pas. »

« T’es un sale noc, mais je t’apprécie et te considère quand même. C’est ma façon à moi de t’aimer. »


Lenz hurla de plus belle, tandis que les souvenirs des autres membres de Get Free disparaissaient peu à peu. La fatigue la frappa, et elle cessa finalement de lutter. La tête basse, la voix brisée et toujours aussi suppliante…elle se contentait de pleurer. Elle ne pouvait rien faire pour arrêter tout ça, et voyait ce pourquoi elle s’était battue disparaitre peu à peu…et ceux avec qui elle s’était battue, se faire arracher de sa mémoire.

Mioma s’arrêta finalement, jugeant que continuer serait bien trop risqué pour sa fille. Elle appela les gardes et ordonna qu’on ramène la Sacrieuse à sa cellule. Cette dernière ne bougeait plus, gardant la tête basse et le regard vague. Elle était brisée, et semblait abandonner en cet instant. Seules les petites gouttes percutant ses genoux indiquaient ses émotions…la dirigeante d’un organisme devenu flou dans ses propres souvenirs pleurait.


***


Elle était de retour dans sa cellule, à nouveau recroquevillée et le regard toujours dans le vague. Le temps était devenu relatif pour elle, ne s’en souciant tout simplement plus. Elle tentait de se souvenir, la moindre chose, le moindre moment…une preuve que des noms comme Albynn ou Harkane avaient bel et bien existés. Elle savait qu’ils étaient importants pour elle, qu’elle les aimait et qu’ils représentaient quelque chose de fort à ses yeux…mais rien de précis ne lui parvenait. Ils n’étaient plus que des silhouettes floues et silencieuses, des souvenirs abimés d’une vie qu’elle semblait avoir perdue. Seuls les souvenirs de sa famille, Opheliana et ses filles, lui restait en mémoire. Elle s’y accrochait de toutes ses forces, y cherchant un quelconque réconfort dans ces heures sombres.

Si elle venait à les perdre, elle chercherait à en finir. Elle ne voulait pas voir tout ce qu’elle avait bâti, tout ce qu’elle avait aimée…disparaitre. Elle ne voulait plus se sentir seule, ayant bien trop souvent expérimenté cet état. Elle en était arrivée au point de regretter d’avoir survécu, si elle avait succombée au crash…tout aurait été tellement plus serein.

La porte de sa cellule s’ouvrit, et Jack entra. Il arborait un sourire des plus sadiques sur son visage, poussant le fauteuil dans la salle. La Sacrieuse se recroquevilla un peu plus, fermant les yeux et adressant de maigres prières aux dieux pour que le roublard la laisse tranquille :

« Calmes-toi, je ne t’amènes pas à la salle. Notre chef veut que tu vois quelque chose, laisses-toi faire ça ira plus vite, ricana l’homme »

Elle ne répondit rien, préférant se concentrer sur ses derniers souvenirs heureux en attendant que la situation passe. Jack soupira et s’avança vers elle. Avec des mouvements brusque, il l’a fit se lever et vint l’assoir dans le fauteuil. Il sangla les bras inanimés de la Sacrieuse aux accoudoirs, et se plaça derrière elle…susurrant :

« Allons…un peu de joie voyons ! Je vais te présenter ta nouvelle vie ! »

Lenz garda ses yeux dans le vague, ne répondant rien. Le roublard soupira, et commença à pousser le fauteuil à travers les coursives du vaisseau. Les deux individus s’enfoncèrent dans les quartiers les plus sécurisés, Lenz ne prêtant aucunement attention au chemin parcouru. Elle n’avait ni la force, ni l’intention de fuir…sa combativité s’était éteinte. Celle qui avait allumée tant de flammes venant embraser les peuples, avait abandonnée. Elle n’était plus qu’une ombre de sa gloire passée, à quoi bon se battre si on ne parvient pas à se souvenir de ceux nous ayant soutenus durant des années.

Jack arrêta le fauteuil devant les larges portes d’un hangar, murmurant d’une voix amusée :

« Allez souris quoi ! On t’offre un super cadeau là ! »

Il appuya sur un bouton adjacent, et les portes coulissèrent dans un grand fracas métallique…dévoilant la seule chose à laquelle Lenz ne s’attendait pas. Devant la Sacrieuse, se tenait une petite armée. Un groupe d’une centaine d’hommes et de femmes, tous équipés d’armures de combat. Ils se tenaient droits, fiers et prêt à obéir aux ordres. A la vue de la femme, ils exécutèrent un salut militaire et se maintinrent immobiles. Lenz écarquilla légèrement les yeux, ne comprenant rien à ce qu’il se passait. Pourquoi l’amener ici, devant cette armée ?  

Jack s’accroupit à côté d’elle, et susurra :

« Je te présente la 33ème unité Lenz…l’armée que tu vas diriger. »

La Sacrieuse fixa les hommes de ses yeux incongrus, tous semblaient attendre qu’elle donne ses instructions. C’était de la folie, son ennemi lui fournissait…une armée ? A quelles fins ? Pourquoi faire quelque chose d’aussi dangereux ? Elle fixa Jack, lui adressa un regard empli d’incompréhension. Le roublard esquissa son sourire le plus carnassier, et clama d’une voix solennel :

« L’objectif de la 33ème unité…est de détruire Get Free. »

Les yeux de Lenz s’écarquillèrent de terreur, elle serra ses accoudoirs avec une force renouvelée, projetant un regard haineux à l’encontre de son ennemi :

« Jamais je ne dirigerais une telle unité, cracha la Sacrieuse, plutôt crever ici et maintenant !

-Tu n’as pas vraiment le choix Lenz…mais tu vas bien vite le comprendre. Je te ramène à Mioma…et oui je suis désolé, je t’ai légèrement mentis. »

Le roublard éclata de rire et appuya de nouveau sur le bouton. Les portes du hangar se refermèrent tandis qu’il poussait de nouveau le fauteuil à travers les couloirs.

Lenz se débâtit à nouveau, tentant par tous les moyens de s’extraire du fauteuil. Les dernières révélations avaient ranimées sa flamme, mais celle-ci brillait désormais de désespoir. Elle reconnue le chemin qu’ils avaient arpentés précédemment, et comprit qu’ils approchaient de leur destination finale. Elle hurla à plein poumons, fermant ses yeux et se débattant sans relâche. Ca ne pouvait pas se terminer ainsi, elle le refusait. Elle ne voulait pas…non, elle ne pouvait pas devenir un pion à la solde de Phénix, pas après tout ce qu’elle avait vécu, pas après les avoir combattus si férocement.

Le fauteuil s’arrêta, et elle ouvrit lentement ses yeux. Mioma et Stella se tenaient devant elle, la fixant toutes deux d’un air impassible. Mioma s’avança d’un pas, et plaça ses mains sur les tempes de la Sacrieuse.

« Je suis désolée…Lenz, murmura-t-elle en fermant les yeux »

Sa fille hurla, de nouvelles larmes venant perler aux coins de ses yeux. Elle se débattait comme une forcenée, entaillant ses poignets sous la pression qu’elle exerçait sur les lanières. Mioma laissa son esprit se diffuser lentement vers celui de la Sacrieuse, maintenant sa concentration. Stella fixait la scène sans rien dire, un mélange de pitié et de lassitude animant son regard. Jack, quant à lui, vint se positionner sur une chaise devant la table. Il se retrouvait face à Lenz, et la fixait intensément. Il clama d’une voix forte :

« Quel est ton nom ?!

-Lenz Dogaïl ! Hurla la Sacrieuse avec force »

L’esprit de Mioma atteignit enfin celui de sa fille, et elle décida de se matérialiser en son centre.


***


Les soigneurs spirituels possédaient de nombreux pouvoirs, dont celui de la matérialisation. Ils pouvaient ainsi faire prendre une forme particulière à leur esprit afin de naviguer dans celui de leur patient. Mioma était l’inventrice de cet art incroyable, et se montrait des plus redoutables. Son esprit prit forme, la représentant dans une grande robe rouge. Elle était composée d’une sorte d’énergie rouge translucide et se trouvait au centre de l’esprit de sa fille, devant la représentation mentale de cette dernière.

Chaque personne en possédait une, que ce soit un objet, un animal ou autre chose…tous avaient un esprit représenté par un symbole simple. Il révélait bien souvent la véritable personnalité du patient, et donnait l’image la plus pure de ce que pouvait ressentir la personne. La matérialisation de Mioma se tenait en face d’un petit oiseau doré. D’apparence chétive, il voletait autour d’une cage ouverte en piaillant. La soigneuse esquissa un sourire mélancolique, sa fille était libre jusque dans ses pensées les plus profondes. Elle s’approcha de l’oiseau, l’admirant de ses yeux d’une douceur qu’on lui connaissait peu. Elle ne voulait pas toucher à quoi que ce soit ici, elle aurait voulu tout laisser en état et repartir comme elle était venue…mais il était là…

Dans son dos se tenait un homme étrange, son corps était composé d’énergie à l’image de Mioma…exception faîte que la sienne était de couleur verte. Il n’était pas aussi détaillé que la soigneuse, son énergie ne parvenant à dessiner qu’un corps dénué de visage. Une voix se propagea dans l’esprit de la Sacrieuse, provenant de cet étrange individu :

« Ma chérie, je sais que cela t’es difficile…mais nous devons le faire. Nous avons déjà bien trop sacrifiés de choses pour s’arrêter là…

-Je le sais mon amour, soupira Mioma en baissant la tête, mais il s’agit de ma fille…

-Certes, mais ce n’est pas la mienne. »

La voix avait répondu d’un ton sec et autoritaire. L’homme s’avança jusqu’à l’oiseau, clamant d’une voix plus déterminée que jamais :

« Cela fait déjà quarante ans que nous avons entrepris ce voyage Mioma, depuis que j’ai perdus mon corps et que notre fille a… »

La voix s’interrompit, comme si ses paroles le blessaient au plus haut point. Il soupira, et reprit solennel :

« Tu as accueillis mon esprit en toi, tu me permets de continuer à exister…mais nous avons besoin de Phénix pour me refaire un corps. Et eux…ont besoin de voir Get Free disparaitre. Lenz peut nous y aider, mais nous devons faire ce qui doit être fait. Je sais que c’est dur pour toi…mais nous étions d’accord aux origines de ce plan…tous les enfants que tu as eu et qui ne sont pas de mon sang...ne sont que des pions pour arriver à nos fins. Tu ne dois pas les considérer comme ta descendance. »

La silhouette attrapa l’oiseau dans sa main, serrant ses fines ailes entre ses doigts. Il resta immobile un instant, puis murmura d’une voix haineuse :

« Ce ne sont que des batards que les coups du sort t’ont obligés à engendrer… »

L’homme referma brusquement ses doigts, brisant les ailes de l’oiseau qui piailla de douleur. Il fit entrer l’animal déformé dans la cage, et ferma la porte. Le volatile aux ailes désormais tordues continua de piailler de douleur, fixant un point situé un peu plus loin. La silhouette se tourna vers le centre d’intérêt de l’animal, et aperçu le mur des souvenirs de Lenz.

Une succession de fragments d’écrans brisés, diffusant chacun des images rattachées à des souvenirs bien précis. Tout était là, tous les moments, les personnes, les lieux les plus importants de la Sacrieuse se trouvaient répertoriés sur ce mur. Certains écrans étaient éteints, signe que les souvenirs avaient été oubliés. Tout ce qu’était Lenz Dogaïl était représenté devant lui, et l’oiseau semblait fixer une case précise.

L’homme s’avança, observant le fragment si captivant. Il diffusait les images des différents moments de tendresse qu’avait eu Lenz avec sa compagne et ses enfants. Tous les souvenirs de sa famille représentés en une seule case, celle qui occupait le centre du mur. Sans un mot, l’homme avança sa main vers le fragment…tandis que Mioma murmurait :

« Naëthan tu…tu es surs de toi… ?

-Sûr non…déterminé oui. »

Il effleura l’écran, et l’image se ternit peu à peu. Ces souvenirs, qui semblaient être ceux que chérissait le plus la Sacrieuse, s’éteignaient peu à peu…laissant apparaître une case d’un noir total.



***


Lenz hurla de toutes ses forces sous la douleur intense la ravageant. Elle sentait une part d’elle-même entière se faire arracher, les images et les voix d’Opheliana et de ses enfants se faisant entendre sous forme d’échos.

« Je t’aime…Lenz »

« Maman ! Viens jouer avec nous et racontes nous encore une de tes histoires !

« Tu verras maman, je serais un héros un jour ! Comme toi ! »


Elle fut secouée de spasmes, son souffle venant à lui manquer tant ses hurlements se faisaient longs. Elle ne parvenait pas à arrêter le flot de ses larmes, et seule demeurait la terrible impression de disparaitre. Ce qu’elle était s’effaçait peu à peu, remplacé par quelque chose de nouveau. Lenz Dogaïl était en train de mourir, s’enfonçant dans des limbes dont elle ne sortirait sans doute jamais.

La crise passa finalement, et la Sacrieuse retomba dans le fauteuil. Son corps entier semblait inanimé, et son regard était plus vitreux que jamais. Les larmes s’étaient taries, ayant creusées de petits sillons dans la peau de son visage. Elle haletait, mais ne produisait aucun autre signe de vie. Jack la fixa à nouveau, murmurant d’une voix autoritaire :

« Quel…est ton…nom ?

-Je suis…le Commandant…murmura la Sacrieuse dans un râle fatigué.

Le roublard sourit, hochant légèrement la tête vers Stella. L’Osamodas s’approcha de sa sœur, et hurla d’une voix forte :

« Quel est ton nom ?!

-Je suis le Commandant ! Hurla la captive d’une voix emplie de rage.

-Quelle est ta mission ?! Reprit Stella avec détermination. »

La Sacrieuse inspira longuement, puis vint fixer l’Osamodas avec un regard des plus perçants. Elle cria à plein poumons, amenant en quelques mots le début d’une ère nouvelle :

« Détruire Get Free ! »





No One Dies Remaster…FIN
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Re: NoD Remaster

Message par Bluefox82 le Lun 18 Jan - 17:12

Je pense qu'il est donc temps de faire le point sur ton œuvre, une critique qui va tout reprendre dans son ensemble, en comprenant bien évidemment cet épilogue. A l'image des critiques que tu as fait durant le mois de décembre, je vais suivre la même construction...déjà pour le clin d'œil et puis aussi parce que c'est une œuvre.

No One Dies: Remastered.

Déjà, avant même de rentrer dans le vif du sujet, je tiens à te remercier de m'avoir pondu un truque aussi beau. Tu y as passé du temps, tu y as mit du cœur, ça se voit et ça se ressent.
Je te dis déjà bravo pour t'être tenu à un tel projet, et ensuite un gros merci parce que c'est un kiff monumental.

Le contexte d'une guerre.

L'histoire se passe donc 17 ans après le moment actuel en RP (16 si on compte bien, car on est rentré dans une nouvelle année).
Premier point qui fait figure de thème: le monde est en proie à un envahisseur, Clocktown, ayant des intentions on ne peut plus belliqueuses. Get Free a donc pour but de détruire cette ville avec son dirigeant, afin de sauver le monde en gros si on part d'un point de vue assez manichéen.
L'élément déclencheur du tout début du roman, à savoir la situation dédiée à Dical Xovui, est crucial et c'est ce qui permet de trouver un premier point d'ancrage à l'histoire, sur lequel va se fixer l'intrigue principale. Si je pouvais faire un analogie, ça serait par exemple comme le début de la Première Guerre Mondiale qui s'est enclenchée avec l'attentat de Sarajevo. On sait ainsi ce qui a poussé les héros à suivre cette aventure.

Un conflit global, pour une révolution globale.

Il est important de noter que le récit est dynamique et qu'il montre que c'est le merdier partout. Certes, sur papier, cela concerne principalement Clocktown et Amakna. Mais le fait de passer à plusieurs situations, de changer régulièrement de groupes nous fait comprendre que la guerre frappe n'importe où, et touche n'importe qui: que ce soit dans la ville des ingénieurs, au niveau de la Larme d'Ebène, dans les rues de la nation ou au niveau de l'avant-poste, la confrontation est générale et s'organise sur des fronts aussi divers que variés.
Lié à ça se trouve le concept de révolution que tu as su mettre en place: au même titre qu'une gangrène salvatrice ayant pour point de départ Get Free, elle s'étend jusqu'à Amakna et Clocktown et on voit au fur et à mesure le renversement de situation. C'est très bien amené et très bien développé, de manière à ce qu'au final on arrive à ça: si l'attaque est globale, la résistance l'est tout autant, et dans les pires moments c'est la solidarité qui fait la force.

Une question de moralité: les "observateurs" entrent en scène.

La confrontation n'est pas que physique, loin de là. Outre une guerre opposant la population et les mékas, il y a aussi l'opposition entre le symbole que représente Get Free, et celui que représente Clocktown. Par extension, et ce de manière plus importante, il y a une opposition entre les chefs des deux partis: Lenz Dogaïl contre Ludwig Van Heldegast. L'un prône égalité et liberté, l'autre prône gouvernance et élitisme. Tout les plans trouvent référence entre eux, et se complètent.

Et derrière cela, nous avons des "spectateur", qui en plus d'être importants, nous donnent un point de vue beaucoup plus externe, voir omniscient. Les personnages d'Emitrevo Pendulum, Hunshaïn et White Time Maker sont ainsi des acteurs clés, débattant à l'écart de l'idéal de liberté. Ils se sentent à la fois concernés et supérieurs à ce qu'il se passe. Et sur ce point, très honnêtement, bien joué. En particulier pour l'intrigue liée à Hunshaïn, qui donne envie d'en découvrir plus sur le perso.

L'exemple du révolutionnaire: Wyatt.

Débutant en tant qu'ouvrier dans les machineries de la ville volante et finissant véritable rebelle, affranchis de toute contrainte, Wyatt est certainement un des personnages phares de cette nouvelle. Le développement du personnage est étonnamment bien calibré, et hautement symbolique: commençant au plus bas de la condition humaine, considéré comme un déchet, il s'élève et brise les règles pour devenir révolutionnaire. Une véritable transcendance, qui ne fut possible que grâce à l'intervention des hommes à la plume.

Devenir un héros: Lenz Dogaïl.

Bien évidemment, le protagoniste principal est notre Zouille adorée et c'est là où tu as su la faire briller au mieux. On ressent toutes ses émotions, toute sa volonté pour atteindre ses objectifs: ne laisser mourir personne, et devenir un héros (voir une légende.) Rajoutons à ça sa série de flashbacks nous montrant comment elle avait pour être ce qu'elle est, et comment elle en est arrivée à avoir de telles convictions, et voilà: un personnage émouvant, vivant, haut en couleur et symbole même de ce qu'elle veut représenter. Cette belle plume voletant au gré du vent dans le ciel. Une plume d'or.

La nouvelle qui nous concerne tous: mes personnages.

Et bien évidemment, chaque membre de la guilde a vu un ou plusieurs de ses personnages apparaître dans NoD, que ce soi en tant qu'héros ou simple personnage secondaire. Je te remercie d'avoir eu pour ma part les deux cas de figure, et je vais m'exprimer un peu sur ce point:
Harkane: A qui tu as donné un rôle magnifique, et dont tu as bien exploité sa manière de penser. Tu as réussi à me faire chialer au chapitre 18 tellement la situation était émouvante, et tellement tu as su faire parler les sentiments du personnage.
Eevan: Qui a eu droite à son apparition assez comique, ce fut à la fois un bon petit moment humoristique et une belle surprise.
Olianore: Ca m'a surpris de la voir dans la nouvelle, bien que tu l'ai laissé au stade de figurant (ce qui fut une sage décision, elle ne pouvait pas apporter grand chose de toute manière.)
Sahana: A l'image de son père que tu as réussi à très bien exploiter, elle aussi elle a pu avoir son moment à elle.

La nouvelle génération.

Ce fameux chapitre où tous les gosses de nos persos sont apparus, c'était vraiment extraordinaire. Et ça donne bien le ton: l'idée de révolution et le concept de liberté s'étendent aux générations suivantes.

L'épilogue: une violente claque.

Autant sur le plan des révélations que sur ce que cela véhicule.
Cela a permis de savoir ce qu'il s'était passé dans le zeppelin et de montrer que tout cet arc sur Clocktown n'était qu'une diversion.
Et bien évidemment: les retrouvailles entre Lenz et Mioma (et Stella, en outre mesure) qui ont fait l'effet d'un vrai choc émotionnel chez la Sacrieuse (dans le mauvais sens du terme). Le personnage de Lenz est pathétique* à souhait dans cette section.

*Je m'exprime: pathétique=>qui inspire la pitié. A pas prendre de manière péjorative, c'est vraiment le ressenti que l'on a sur la situation du personnage. On s'attriste sur son sort, ça fait mal au cœur de la voir dans un état pareil. Surtout quand on sait qui c'est qui lui cause ce mal.

D'ailleurs, ça me sert de transition pour parler du personnage de Mioma: la mère de Lenz paraît très intéressante pour le coup, et défait un peu l'idée que je me faisais d'elle (à savoir que je la considérais comme la Reine des Pétasses.) Elle aime Lenz mais est sous le joug d'une autorité supérieure. Elle n'a pas le choix et elle doit lui faire du mal si elle veut continuer à la faire vivre....
Wait...ça c'est ce que je pensais au début. Puis j'ai vu Naëthan. Et j'ai compris que c'était encore plus vicieux que ça. Le personnage de Mioma est ainsi sans équivoque celui sur lequel je veux en apprendre le plus, car sa vie....ses convictions...ses souvenirs....ses buts....toutes ses choses sont encore cachées par de nombreuses zones d'ombre.

Et bien évidemment: le changement de Lenz. Son changement de camp, son changement d'objectif et donc son changement de doctrine qui donnent une ouverture sur ce qui va arriver après ce roman.



En bref.

Birth, tu m'as fais suivre une aventure géniale au travers de ce récit. Sa construction est bien orchestrée, le message qu'elle fait passer est extraordinaire. En tant que roman amateur, ça reste désormais pour moi un morceau de choix.
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Re: NoD Remaster

Message par Shiki Van Shërza le Lun 18 Jan - 17:51

Bon sang... Je vais être direct : je ne sait même pas par où commencer ce commentaire, tellement cet épilogue m'aura retourner la tête, et fait passer par plein de sentiments, ou de vision différente sur une chose. Je dirais donc bravo pour commencer, pour ce magnifique final d'une nouvelle tout aussi magnifique que fut NoD R, et qui fut un véritable plaisir à suivre jusqu'au bout, et à lire dans son intégralité. Un grand merci à toi. ^^

Alors je n'ai pas la prétention de faire un commentaire comme celui d'Harkane (très beau commentaire global sur l’œuvre d'ailleurs), et je n'y arriverais pas de toutes manières, alors je vais me contenter de faire comme je fais d'habitude. Un commentaire classique, mais le plus complet possible. ^^

Je doit l'avouer, je voulais parler de la forme pour commencer. Sauf que je ne sait pas quoi dire dessus, en fait. J'ai tellement été porter par le texte, par la lecture de chaque passage, et pas les sentiments qu'ils renvoient... Que je n'ai tout bonnement rien vu qui me déranger à ce niveau là. Peut être que je n'ai pas été assez attentif, c'est possible... Mais je n'ai rien à redire, après cette lecture. C'est du tout bon, pour moi. Donc... Chapeau, et merci à toi pour ce très beau texte que tu nous offre. ^^

Pour tout le reste... Je veux déjà m'attarder sur un point : tu m'avais menti, espèce de fourbe ! Je le savais ! Je le savais que Stella apparaitrais à un moment où à un autre ! Même si je m'attendais pas à ça, ce fut une grosse surprise à la fin de la première partie. x)
(Puis elle a les cheveux rouges maintenant normalement, comme sa mère ! Mais bon, au final c'est mieux comme ça, je trouve que c'est encore plus symbolique au niveau de la scène si elle a la couleur normale de ses cheveux. ^^)
Du coup, tout le début a été une série d'interrogation, lorsque l'équipe de phénix est apparue. En voyant ses réactions vis à vis de Lenz, je commençais à avoir des doutes. Et au final, lorsqu'elle enlève son casque... Damn. Stella. Tu m'aura surprit avec mon propre personnage, et tu m'aura donner plus tard envie de lui foutre des baffes. Chapeau. xD

Je vais passer sur le reste de la première partie, même si elle est intéressante car elle nous permet d'apprendre pourquoi Lenz a disparue, c'est vraiment la seconde partie qui m'intéresse. ^^
Sur Mioma, contrairement à Harkane, rien à dire de vraiment important, puisque je savais déjà beaucoup de choses sur Mioma, notamment sa manière d'agir ou de penser, ou même ce qu'il y a derrière, avec Naëthan qui l'oblige finalement à accomplir des choses qu'elle ne veut pas forcément... Elle aime ses enfants, mais son ancien mari les renie, pour les considérer comme des outils... C'est moche, et pour le coup je plaint la pauvre Mioma. C'est toujours sympa de la voir en scène en tout cas, et nous permet d'en savoir un peu plus sur la manière dont le personnage fonctionne, même si j'en avais déjà un peu vu avec Stella. ^^

Tef... Bwarf, femme de glace, pas grand chose à dire.

Et le gros morceau de cette fin : Lenz. Bon sang, je ne cacherais pas que j'en ai pleurer, à la fin. Quand elle perd tout ses souvenirs, puis ceux de la guilde... Pour enfin devenir quelqu'un d'autre... Tellement d'émotions qui ont final ont finit par me faire céder, et oui, j'ai pleurer en lisant cette foutu fin, et je l'assume ! Mais c'est tellement triste que je ne pouvais pas ne pas le faire. Suivre ce qu'il arrive à Lenz durant tout cet épilogue fait vraiment mal à voir, et on éprouve énormément de peine pour elle, je doit l'avouer. Tu a magnifiquement bien réussit à nous faire nous attacher au personnage, et c'est avec un véritable pincement au cœur qu'on la voit finir ainsi. Bravo.
Et ce changement à la fin... Au moins l'objectif est clair... Et ça promet de faire mal. Je suis curieux de voir ce qui va arriver ensuite.

Pour finir... Je voulais te remercier à nouveau pour cette magnifique nouvelle que tu nous a offerte durant ces 8 mois, partie par partie... Et qui aura été un vrai bonheur à lire, et à découvrir tout du long... Tu aura vraiment largement surpasser le niveau du premier NoD. Chapeau, et j'ai vraiment hâte de lire tes prochains écrits, mais pour l'heure... Profite bien de ta pause bien mérité au niveau écrit, car bon sang, tu la mérite celle là après une nouvelle pareille ! Encore merci à toi ! ^^
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Re: NoD Remaster

Message par Albynn le Lun 18 Jan - 18:07

J'ignore pourquoi, cet épilogue m'a plus fait sourire et attendrie que fait pleurer.
MAIS JE PEUX PAS PERDRE ESPOIR QUE ZOUZOUILLE SE FERA GUÉRIR MÊME SI C'EST POUR CREVER JUSTE APRÈS!
NA!

Un beau rickroll de fin par rapport à l'original. Par contre je me mettrais des baffes: quand ca a parlé de rouge et de Mioma, j'ai cru qu'on parlait de Mama, et j'ai du relire 3 fois avant de comprendre XD. *idiote*
Probablement pour ça que j'ai pas pleuré. Zavépacompris.

Un très bon bottin, en soi. Je redirais pas ce qu'a dit Nico, mais c'est vraiment excellent. Chaque personnage y est mentionné, et a son propre instant de "gloire", si on peut dire.
Mais du coup, avec ces détails sur les Soirit (J'APPEL LES SOIGNEURS SPI COMME JE VEUX D'ABORD!), evidemment que ça me fait poser des questions. Déjà, j'ai aucune idée de la "forme" d'esprit d'Alb, la projection d'apparence humaine ne correspond surement pas.
J'me demande aussi si Keet' apprendra ça à Alb, s'il est pas déjà supposé le connaitre dans NODR. ET QUELLE TRONCHE A CELUI DE KEET AUSSI, TIENS.


Une touuuuuuuuuuute petite déception personnelle que j'ai sentis dès le début de NODR, hélas.
Je trouve que Alb fait pas assez "grandis" par rapport à ce qu'il le fallait. Il est pourtant censé avoir 30 balais, avoir vu Keet mourir, avoir fait son deuil, avancé ses enseignements avec lui, et a même une maison avec ses gosses qui ont VRAIMENT grandis!
Mais bon, tout peut pas être parfait! Et bon, il peut aussi s'être re-ramollis. XD
Vala, j'arrète de raler là \o/

C'était vraiment super, et ça vallait bien le coup d'attendre, mais BONDIDIOUS, TU AS LA SACREE MANIE DE FAIRE SOUFFRIR LES PERSOS, ET SURTOUT LES TIENS! Ca devrait pas être permis!
*va jouer à la dinette avec Lenz et Ophe*
NON LENZ, PAS LE PLAT EN PLASTIQUE AU FOUR A MIC-*vroufff*
*rend Lenzouille cramée* Bon, j'vais te laisser faire, hein.


Donc. Une bonne pensée compatissante pour cette pauvre Zouzouille. C'est vraiment la pire des fins, Alb et moi sommes d'accord: oublier, c'est pire que mourir. Oublier, c'est faire disparaitre ceux qu'on aime de sa mémoire. C'est faire souffrire à coup d'espoir ceux qu'on aime, en menaçant de détruire une autre en cas de machine arrière.
Surement pour ça que mon episode de Dr Who qui m'a le plus marqué, c'est "le Docteur et la montre". Un gros symbolle.
BREF je m'égare.
Et oui je vais te spammer pour les Soirit now :3
J'VEUX SAVOAR!


Et vivement Aristar Syndrome, ça va sans dire!



PS: et je peux enfin souligner "NODR" dans le sommaire! UN MOMENT HISTORIQUE!!!
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Re: NoD Remaster

Message par Ihephe le Mar 19 Jan - 18:10

Bon, je crois que je suis le dernier à passer dans le coin

Très bon chapitre, bien moins définitif que l'ancienne version et qui rajoute un bon paquet de truc qui annonce du lourd ! J'espère que Ihephe aura enfin son super moment héroiquoépic avec Phénix !

J'attendais pas Stella a ce moment là et ma seul réaction a été " Ah la salooooooooope" x')

La phrase souvenir de Ihephe m'as fait marrer, elle correspond parfaitement x)

Fin d'un livre, j'attend de voir le livre suivant avec impatience Very Happy

Perso, je pense que la représentation mental de Ihephe serait une armure détruite de partout, à tel point que l'on se demande comment elle tient encore debout, tenant une épée brillante et acérée.

*Mention spécial a Shiki qui commence a faire de sacré comm' et nous faire penser qu'il a peut etre ça place en fac de lettre en fin de compte Very Happy
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Re: NoD Remaster

Message par Opheliana le Dim 24 Jan - 17:34

La fin oui...mais pour combien de temps ? :3

Bon...Puisque c'est mon, tour, avec un peu de retard évidemment, j'ai préféré attendre le weekend pour pouvoir m'y posé dessus, et après avoir la tête en compote après ARK, je ne sais pas si je vais produire quelque chose de bien, mais bon je m'égare ! ^^

Bon...ce chapitre conclu No One Dies : Remaster (NoD : R pour les intimes Wink ) et j'ai bien envie de dire que là ont vois que tu as tout donné pour le final. Outre ton envie d'en finir "au plus vite", tu as au contraire pris ton temps pour faire quelque chose de complet, de complexe et de très très lourd. Enfin ce n'est que mon avis.

Je vais donné une forme chronologique à mon commentaire, comme à mon habitude, puis je vais finir sur un résumé global de cette oeuvre qui, je pense, je peux classer parmi mes trois préféré (oui je l'ai pas dis en vocal je le sais, hihihi ~).

Tout d'abord on va du point de vu de Phénix, mon point de vue, qui même si personne ne l'a vraiment remarqué, est un gros point sur les événements présent, mais aussi futur. Une Phénix fidèlement représentée, même si quelque points sont à éclaircir, ce qui est bien normal puisque c'est à la base quelque chose que j'ai créé il y a déjà longtemps ^^

Enfin bon, bref. Une escouade Corbac dirigé par une Stella qui prend son rôle à cœur, et cela (je vais me faire taper) lui va à merveille (je lui souhaite une bonne mort ~). Pour les quelques précision, dans Phénix il y a cinq divisions, et division Corbac est chargé de tout ce qui est opération discrète, espionnage, assassinat, ect. Elle est divisé en escouade de trois à huit soldats et est capable de s’infiltrer n'importe où. Voilà voilà.

Revenons en à l'écrit proprement parler. Outre la représentation fidèle du comportement des Corbac, la scène est emplis de précision qui immerge le lecteur dans l'histoire, on se vois dans la peau d'un soldat, entrain d'avancer rapidement parmi les décombres du zeppelin, à la recherche d'Heldegast. Les flash de pensé de Lenz sont aussi très sympathique à voir dans cette partie. J'avoue également que j'ai été surpris de voir que c'est Stella qui dirigeait l'opération, au début j'ai même cru que c'était Mioma ^^

Mais c'est vraiment la suite la partie la plus intéressante, celle qui reste dans tout les esprits à la vue des commentaires précédents. La relation fille/mère entre Lenz et Mioma est juste magnifique et très touchante. On vois le déchirement de Mioma à faire ce qu'elle fait à Lenz, mais on vois aussi qu'elle ne peut rien y faire, et le déchirement que cela lui procure. Le changement de Lenz à été un déchirement pour beaucoup ici, et même si je savais comment ça allait finir, j'ai été captivé par l'ensemble des scènes qui précédaient.

Pour Tef Saw je ne dirait qu'une seule chose. Femme de glace referme peut être un cœur plus gros qu'on ne le pense...à suivre ~

Ensuite et pour finir je dirais que le retour de Jack me fait froid dans le dos...que prépare t'il ? Combien vont encore être tué à cause de lui ?

En bref encore un très belle écrit, qui a fait vibrer tout ceux qui l'ont lu, et qui me rend impatient de voir la suite, qui promet d'autant plus ! ^^


Pour ce qui est de mon impression global, je dirait que ce récit n'a pas de "Meilleur chapitre" à mon goût, car tous ont une utilité propre qui les rends dépends les uns des autres. Cette histoire, qui n'est que la première partie d'une trilogie s'annonçant pleine de rebondissements, a su nous transmettre beaucoup de choses. Des messages de joie, des sentiments d'amour, d'espoir et de colère. Des messages puissants que l'ont a ressentit vibrer au plus profond de notre être et un personnage centrale, qui je pense le restera jusqu’à la fin de cette trilogie : Lenz/Lenzia/Birth/Le héros à la plume et j'en passe ^^

Un personnage fabuleux pour un récit à sa hauteur, quoi demander de plus ?

Bah des personnages secondaires tout aussi fabuleux et bien développé bien sûr !
Wyatt est juste magique, il passe d'un statut d'ouvrier sous qualifié à chef de la rébellion de Clocktown de façon inattendue mais parfaitement bien orchestré et logique.
Les membre de Get Free, comme autant de point pivot de la nouvelle capable de changer une situation désespéré en lueur d'espoir inespérée, ils illumine ce récit comme autant d'étoiles dans le ciel.
Les dieux mineurs, qui pimentent un peu plus l'action de leurs actes plus ou moins désintéressé et pas trop compréhensible pour nous simple mortel !
Et les grandes puissance de ce monde, Emitrevo, Tef, Piotr et d'autres qui façonnent le monde des Douze par leurs actes et leurs décision.

Bref, je suis fan de tes écrits comme toujours, et impatient de connaître la suite de cette merveilleuse histoire concernant la plupart des personnage de la guilde et toute les personnes de la guilde en eux même. Un grand merci pour tout les moments que tu nous as fait passé, un grand merci pour le courage et la volonté dont tu as fais preuve pour finir ce livre, car oui, je considère ça comme un livre, et un grand merci, plus personnel cette fois, pour avoir pris soin de faire apparaître tout mes personnage dans cette nouvelles, et pour m'avoir fait rêver tout simplement !

PS : Et non Ihephe tu n'es pas le dernier, j'ai été plus long que toi cette fois ! :p
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Re: NoD Remaster

Message par Mama Koi le Mar 16 Fév - 16:34

EEEEEEEEnhhhh ce tease de fou!

Encore une fois, au niveau du texte à part quelque fautes, bah c'est un sans faute! j'ai particulièrement apprécié le cauchemar de Lenz et la partit sur sa destruction et sa résurrection   en tant que Commandant, ces parties était vraiment bien tourné!

Un plaisir de voir les easters Mama et Chrofa (Chrona c'est la petite^^). Mais, et je m'excuse d'avance, j'ai pas grand chose à dire à part que j'ai apprécier lire cette épopée.

A la limite, même si je pense que tu as déjà tout bien en tête sur la suite, une petite apparition de la quatrième membre de Great Fire serait cool (si tu as l'intention de faire interagir de nouveau Gf dans l'histoire.) Aussi au niveau des alliés potentiel, L'ile de la Brume n'est pas en très bon terme avec Phénix, et ça serais avec plaisir de te détailler les détails de cette empire secret Wink

mais en aucun cas je ne veux te forcer la mains.

Donc pour conclure c'est très impressionnant comme travail, c'est pas aussi émotionnellement marqué que la dernière publication (enfin je parle d'avant avec le combat avec Hel'.) mais c'était pas le but, et une prochaine "saison" qui aura le mérite d'êtres cool!
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Re: NoD Remaster

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