Albynn, porte-poisse?

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Re: Albynn, porte-poisse?

Message par Albynn le Ven 27 Nov - 17:36

26 novemaire 973

Plus descendre approche, plus j'ai mal au ventre. J'ai l'impression de ne pas avoir le temps. J'aimerais... J'aimerais faire avec Keethan tout ce que je n'ai pu faire étant enfant.
Le temps de quelques semaines, je veux vivre une enfance avec un père qui m'aime.
Ce soir, on prend le bateau. On va rendre visite à son île natale, Moon. Une île qui m'est inconnue, même si j'en ai entendu parler.
Je lui ai parlé de la plage. Pourquoi il n'avait pas voulu se baigner.
Il me l'a pas directement dis, mais il a peur de l'eau. Il avait huit ans quand son navire s'est échoué ici, avant d'être recueillis par des habitants.
Les esclavagiste sont venus des années après, et ont emmenés tout le monde. Il avait peur, peur de revivre un naufrage dans une tempête. Il a poussé à al révolte. Ils ont pris le navire de force, et sont sortit de la tempête, perdu au milieu de nulle part. Prêts à mourir en mer.
Et le bateau de Get Free qui passait par ici les as sauvés.
Il n'a pas l'air triste d'être revenu. Je ne regrette pas de lui avoir demandé un voyage ici.
Le sable est orange, plus épais que le joli sable jaune des nations. Je soulève de gros morceaux de sables humide du bout des pieds en marchant, c'est amusant.
Enfin, j'ai moins ris en tombant sur de grandes bêtes de toutes les couleurs, et une tête plate. Je me suis réfugié près de Keethan qui riait.
A priori, c'était déjà ainsi de son temps: ce sont des dragodindes avec un masque. Les coutumes veulent qu'on porte un masque ici. Il m'a rassuré en disant que les étrangers n'y étaient pas obligés, et s'est rappelé avoir oublié le sien.
Nous nous sommes mis en chemin.
J'ai vu et appris pleins de choses. Je l'ai bombardé de question.
J'ai vu des espèce de koko très épais et vieux.
J'ai vu une roche rouge très effilée dont ils se servaient pour faire des armes. Ca s'appel du Korail. Je me suis piqué dessus.
Je lui ai demandé pourquoi il ne m'a pas prévenu, pour le soir où il m'a rendu les souvenirs. Il a dit qu'il me croyait prêt. Je me suis excusé d'avoir été si faible.
Je lui ai demandé pourquoi je ne me rappelais pas notre première vraie rencontre. Celle où je lui aurais dis que je voulais oublier. Il m'a dit que je les retrouverais à sa mort, et qu'il estimais que je n'en avais pas besoin. Et je lui fais confiance là dessus.
J'ai vu une porte immense. Monstrueuse. Keethan m'a dit que Moon, le dieu de l'ile, vivait derrière. Je m'immaginais quelque chose d'immense, mais 'Pa m'a dit qu'il ne m'arrivait qu'à la cheville. Il l'aurait vu, une fois. Un petit singe avec un marteau.
J'ai espoir de pouvoir le voir, un jour.
Un jour.

On cherche une hutte, et pas une maison. Une demeure en paille et en bois, vétuste. Il ne se rappel plus où elle se trouvait.
J'ai vu des habitants peu sympathiques, tapis au loin, dans l'ombre. Ils ne m'ont pas répondu.
J'ai vu des palmito énormes, aux feuilles si grandes que je pourrais me rouler dedans.
Et finalement, nous avons trouvé sa hutte. Inhabité, en bon état. Il avait l'air ému en entrant. Et dedans, il l'a trouvé. Son masque de kaniboul.



C'est un bel ouvrage en bois peint, noir et blanc. On dirait quelqu'un qui sourit, avec une barbichette et des sourcils trop épais.
Et tout comme le doré de mon âme, je dois trouver la signification de ce masque par moi-même. J'en aurais tout le temps, car il me l'offre.
Je l'ai essayé par curiosité. Il me va. Voir la vie par ces deux trous, ça doit être comme vouloir en fuir une partie. Ou est-ce pour plus se concentrer sur le peu qu'on voit?
Je l'ignore. Mais je suis heureux. 'Pa sourit, il n'a plus cet air résigné et mélancolique.
On a nettoyé la hutte, et installé les couvertures.
Maintenant, on dormira dans son lieu de souvenirs.
Et comme chaque soir, je profite de sa chaleur, redoutant le jour où il sera froid comme la pierre...
Et il y a ces doutes. Cette rengaine. Cette rengaine dans ma tête, qui me dit...

"Vérifie les par toi même."
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Re: Albynn, porte-poisse?

Message par Lashet le Sam 28 Nov - 21:13

Wow. Déjà le poème est magnifique. Et le journal aussi! On voit qu'ils sont proches! Continue comme ça, déjà hâte de voir la suite!
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Re: Albynn, porte-poisse?

Message par Albynn le Mer 2 Déc - 12:52

1er descendre 973

Egaux...
Ce soir, je suis allé voir si Théo allait bien, au parc.
Ce que j'y ai vu tenait de la fin du monde. Le parc était vide. Personne, même pas un piou. Pas un chacha.
Même les bars étaient vide, archi-vide. J'ai eu peur qu'il se soit produit quelque chose. J'ai chevauché Maelwin, et j'ai exploré Astrub.
Je n'ai trouvé que Core Van Heim, du coté du bibliotemple. Il avait des griffures au visage, et surtout, une femme à ses pieds, au sol. Une disciple ecaflip, noire. Et blessée.
Je me suis pas fais prié pour soigner son flanc. Mais, c'est en discutant avec Core que ça s'est mal passé.
A vrai dire, je lui ai demandé de retirer le collier et la laisse qu'il avait mis à la dame. Et disons que j'étais un peu énervé... Voir ça me rappel Shi, et ça me rend malade.
Il ne nie pas qu'on soit amis. En revanche, il ne croit pas qu'on soit égaux. Il a dit être noble.
Il ne croit pas... Qu'on soit égaux.



Il a donc refusé que je lui donne des ordres, et que je lui parles sur ce ton.
Ca m'a désemparé. Core, l'homme avec le plus d'honneur que je connaisse, le plus de combativité, est de ceux qui place le rang social avant tout.
J'étais d'autant plus dépité que, maintenant que je porte le nom des Sanplum, je suis noble aussi. Un nobliau, mais quand même.
Nous ne sommes pas d'accord sur la manière d'aider Astrub. Lui veut reprendre les armes, et faire couler le sang s'il faut. Moi, après nos échec de forces, je compte sur la patience.
Dois-je m'excuser bassement, et reprendre comme avant? Prouver à Core que je suis son égal, venir avec les habits de Barons qu'Eliana m'a offert? Et à quoi ça m'avancerait?
Ca m'attriste qu'il pense qu'on ne peux que passer par le sang. Un peu comme White.
Enfin, pour le moment, on en est pas là. Et pour le cas Amarok, j'espère bien qu'il va se raisonner avant.

L'an dernier, je respectais encore les codes de société. Sire, monsieur, madame, mademoiselle, dame... Tant d'appellations variées.
Mais, à force, tout mes proches refusaient ces appellations. Que ce soit Eliana, Nezorf, Sei, Shuuya, Lenz. Ils ne voulaient pas qu'on les vouvoient.
J'ai finis par perdre l'habitude...
Et maintenant, il y a Core.
Quelle place ai-je près de lui? Celui d'un serviteur ou d'un collègue? Je doute avoir une place plus haute que lui.
Peut-on vraiment être amis s'il ne me considère pas comme un égal?
Il me tutoie. Je le vouvoie. Il m'appel petit. Et moi, Sire. Il ne me voit pas en égal, et moi, j'y croyais. Il a refusé de m'écouter, alors que je pensais qu'il aurait pitié de ma demande.
Finalement, qui est Heim, vis-à-vis de moi?
Un ami? Un supérieur? Un soutiens? Un protecteur? Un noble? Un chef?
Je me sens perdu.


http://masko-witch.deviantart.com/art/Dofus-The-king-of-the-guild-424409114
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Re: Albynn, porte-poisse?

Message par Albynn le Mer 2 Déc - 15:18

31 novamaire 973

[...]
J'ai répété mon discours. Celui que je donnerais aux Free pour avouer que je suis le disciple d'Ideal.
J'ai pris des notes, changé des choses. Je dois pas oublier de phrase, ni de regarder les autres. Malgré leur regard dur. Malgré leur incompréhension.
J'ai peur de gâcher notre Nowel.
Je ne les vois même pas encore, et j'ai les genoux qui tremblent. J'ai dû faire glisser le Memento trois fois.
J'ai les mains moites. Le souffle court. Le stress me donne mal à l'estomac.
'Pa a regardé en silence, et il souriait. Pourquoi? Je l'ignore. Il semblait amusé.
Je n'ai pas pu lui demander. J'avais tellement peur, à la fin, en imaginant leur réactions, que j'ai fondu en larme. Tout seul, devant une table vide.

Plus le temps passe, plus j'ai peur.
Peur de me retrouver seul.
J'ai trahis, manipulé les copains. Surtout Lenz, Nora et Bridgess.
Ils peuvent ne pas me pardonner. Je les ai laissé dans l'ignorance, se battre contre un ennemi inconnu. Ils peuvent en donner l'air, mais ne pas le faire. Comme Rose, pour Saya.
Sauf que cette fois, ce n'est pas une erreur de jugement. Non.
Cette fois, j'ai décidé, en sachant les tenants et aboutissants, de le faire moi-même. Et ça dure depuis des mois. Dix mois.
Dix mois que je leur ment sciemment. Dix mois que je les pousse à chercher un traitre qu'ils ont sous le nez. Dix mois à faire semblant de réfléchir avec miss Bridgess.
Dix mois à manipuler grande sœur.
Dix mois à faire croire que je suis celui qui le déteste le plus.
Je sais que 'Pa ne part pas vraiment. Mais rien ne sera plus pareil. On ne jouera plus ensemble, il ne pourra pas relever mon bras quand je tiendrais le bâton trop bas. On ne mangera plus ensemble. Je pourrais plus me blottir sur lui quand ça va pas. Je pourrais plus le coller quand je rentre d'une dure journée.
Et toujours, cette rengaine qui m'obsède. Cette fiole qui me nargue, qui m'appel...
La fiole de maitre Miso qui m'appel.
Peut-être que... Je peux la prendre à la fin de mon discours?
Que faire? Je sais que c'est MA décision, mais... J'ose pas demander conseil à 'Pa.
J'ai peur de la mort, moi... Je veux pas mourir!
Je suis complètement dominé par la peur... Et j'en ai honte en tant que Soirit.
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Re: Albynn, porte-poisse?

Message par Lashet le Mer 2 Déc - 16:57

Haanw... C'est triste... Il va avoir du mal le pauvre... Il doit rester courageux è_é
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Re: Albynn, porte-poisse?

Message par Albynn le Ven 11 Déc - 0:13

[Futur journal offi, mais 3eme personnes. Je vais faire ça sous plusieurs jours, pask' c'est un bon pavé. Début in comming.]


Les ombres des nuages se découpent sur la lune. La brise de la nuit souffle entre les branches des Fourrés. Les feuilles bruissent, verdies par le printemps. Sous quelques pas condamnés, l'herbe se couche. Nous sommes le 22 flovor 972, et il est tard. Tout le monde ne dors pas. Certains n'y arrivent simplement plus. Il préfère laisser ses pas le guider vers un ennemi inconnu plutôt que continuer à subir.
Pas à pas dans l'humus, de la terre sur les talons. Une lente progression vers des grottes. De vieilles cavernes d'un culte oublié. Des amis manipulés, et un gouffre de désespoir. Les rayons de lune le rendent presque brillant, pauvre promeneur blanc dans la foret.
Son visage est défiguré par deux plaies verticales, les plaies de celui qui a pleuré trop longtemps. Les traces de l'homme qui regrette, et qui le pousse jusqu'à cette grotte.
Que veut l'homme qu'il va rencontrer? Pas même un nom, juste un blason. L'Idéal. Celui qui passe devant tous, mais ne s'est jamais fixé dans les mémoires. Celui dont personne ne se rappel jamais. L'homme qui manipule les souvenirs. Une ombre qu'il va rencontrer ce soir.
Le puits sans fond orne toujours la caverne. Les torches sont vite allumées. Une stèle, une seule, à la mémoire du dieu mineur de l'Oubli. Un endroit symbolique pour une rencontre qui l'est autant.
L'eniripsa s'assoit au sol, et attend. Il n'y a que ça à faire, il a décidé de ne pas se défiler. Ou plutôt, si. Il a décidé de se défiler. Se défiler de ces souvenirs insupportables. Fuir les images et les mauvaises décisions.
Il ne reste qu'à l'attendre.

Un homme. Un homme si sombre qu'il disparait dans les ombres des branches. Bleu marine, chapeau sombre. Il se cache, le col relevé, et une barbe blanche lui mange la figure. Qu'y a-t-il dans son cœur, lui seul sait. Mais il sait aussi des choses, des choses sur son visiteurs. Et celui-ci ne s'en rappel pas.
Dans un coin de grotte, illuminée de torches, il ne tarde pas à le voir.
- Bien, Albynn, vous êtes venu. Le contraire eut été étonnant.
Le concerné baissa les oreilles un court instant, il n’aimait pas le début de cette discussion, et son interlocuteur n’allait surement pas l’aider à se mettre à l’aise.
- Comment ça… ?
- Votre envie d’oublier est ce qui vous pousse à être ici.
A peine quelques mots échangés, et déjà des questions. Comment pouvait-il tant être sûr qu’il voulait oublier ? L’homme affichait un sourire insolent, certain de ses affirmations. Et hélas, il n’avait pas tord.
- Comment vous pouvez savoir que j’ai envie d’oublier ? J’en avais à peine parlé aux mien, puis je reçois votre lettre…
- Nous en avions déjà parlé ensemble. Vous l’avez simplement oublié.



Silence consterné. Idéal était donc plus dangereux qu’il n’en avait l’air. Pouvait-il déjà savoir d’autres choses, plus importantes, encore ?
- Et qu’est ce que vous nous avez fait oublier d’autres, comme ça ?
- Les vôtres m’avaient remis ceci.
Même dans ses cauchemars, Albynn ne s’attendait pas à voir cela dans la main de l’ennemi. Une boitre rectangulaire noire, qu’il tenait dans la main. Un commutateur de guilde, ce qui signifiait qu’il les espionnait. Surement depuis longtemps.
- Mes intention ne sont pas belliqueuses, disait-il à voix basse.
- Vous n’avez pas l’intention de me laisser me rappeler ce que je sais dorénavant sur vous, pas vrai ?
- Non.
Une réponse nette, précise. Et évidente, aussi. S’efforçant de graver l’information dans sa cervelle, il se répéta en boucle :
« Il a un commutateur. Rappel-t-en, il a un commutateur… C’est important. »
- Et avant que vous me le demandiez, oui, je suis responsable de l’amnésie de Lashet. Et celui qui l’ai ôté. Et je suis également à l’origine du nom de Chailte, et de celui de votre guilde.
Cette fois, Albynn faillit chuter au sol de surprise. Comment cet inconnu pouvait être à l’origine de leur nom de guilde ? Pourquoi s’être caché s’il était membre ?
- Comment ça « de ma guilde » !?
- Get Free est le nom que j’ai soufflé lors d sa création.
Il n’y eu plus que le vent pour seul bruit. Les questions et les mystères s’accumulaient. L’eniripsa secoua la tête d’incompréhension.
- Bon sang, mais qui êtes vous… ? Avec votre nom ?
- Mon nom est faux, je ne me rappel pas de mon vrai nom.
C’était un mensonge éhonté. Mais l’eniripsa ne pouvait pas le savoir. Il se contentait de sourire, à l’idée que le manipulateur d’esprit puisse être amnésique.
- Haha, c’est ironique ! Pas vrai ? Aie !
Le sourire lui avait arraché une grimace de douleur. Le plissement de la peau rien qu’à ce mouvement ne rouvrait les plaies des pleurs, sur ses joues. Une condamnation à ne plus rire, ni pleurer. Une condamnation à subir sans plus rien subir, sous peine de physiquement souffrir.
- Non, c’est le cas. Je suis moi-même amnésique. Mais vous êtes là, et je suppose que ce n’est pas que pour découvrir qui je suis.
- Maintenant, je me demande surtout ce que vous voulez.
- Pourquoi vous le dire ? Vous allez l’oublier.
Le bonhomme était coriace. D’habitude, les ennemis aiment se vanter de leurs futurs exploits. Une erreurs courante, voir même cliché. Pourtant, celui-ci gardait les cartes en main, et refusait d’en dévoiler plus qu’ils n’en avait envie.
- Hé bien, pourquoi p…
Ce fut à ce moment-là que le commutateur cracha des paroles lourdes de sens, mais qui ne pourraient jamais atteindre leur but premier : appeler au secours.
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Re: Albynn, porte-poisse?

Message par Albynn le Lun 21 Déc - 11:44

J'ai passé dix ans à chercher
Cette personne qui pourrait m'aimer
Trahison, abandon et oubli
Jusqu'ici j'avais tout subis.
Je n'ai eu que huit mois à passer,
Huit mois pour deux vies liées.

Alors on oublie tout les problèmes
Quand on a perdu ceux que l'on aime
Un maitre, un père et un ami
Plus que ça, il était les trois réunis.

Je n'attendais rien de la vie
Juste un peu de compassion pour un pauvre eni.
J'ai sauvé assez d'existance pour ne plus compter
Je n'ai pas droit d'abandonner.

Viol, tromperies
enlèvement et torture
Accusation et infamies
Trop longtemps que cela dure.

Mais au final, j'ai tout encaissé
Je pourrais batir ce que je veux.
J'ai été plus fort que l'adversité,
Je changerais ce monde orgeuilleux.

Je suis Albynn, soigneur Spirituel
Chapeau marine et imper de mon maitre,
Je lui ferais honneur, il va renaitre.
Je viendrais prier en guise de rituel.

Mes armes seront la douceur
Là où la force a échoué.
Je ferais changer les coeurs
De la génération condamnée.


Dernière édition par Albynn le Lun 21 Déc - 12:35, édité 1 fois
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Re: Albynn, porte-poisse?

Message par Bluefox82 le Lun 21 Déc - 12:04

Très beau poème, et ça se voit que tu l'as écrit avec leur cœur (en voyant les vers et en sachant comment vous étiez avec Birth hier soir x))

Vraiment bravo Albynn, c'est magnifique. ^^
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Re: Albynn, porte-poisse?

Message par Albynn le Mer 23 Déc - 0:29

La brise file sur le sol. Les plus petits flocons escaladent des montagnes que les pieds ont vite fait d'écraser. Des cris d’enfants qui viennent de perdre la bataille de boule de neige. Des adultes surpris de ne pouvoir emporter de paquet cadeau vivant. Le monde de Nowel n'est que rires et joie.

Partout? Non. Tout au nord, près de la mer gelé, un jeune homme en manteau de fourrure vert est affalé dans la neige. Devant lui, un tas de vêtements bleus. Sur ses genoux, des cendres. Sur ses joues, des larmes gelées.
Il s'était reposé sur cet homme, plus que sur quiconque. Et maintenant, il l'avait perdu. Il frotta sa main droite. Il lui semblait encore sentir la chaleur humaine sous ses doigts frigorifiés. Les cendres restantes chutèrent sur ses genoux lorsqu'il frotta ses doigts entre eux. Son regard tomba sur le bleu insolent de la nuit, cachée quelques secondes auparavant par son proche défunt.
Il n'en restait maintenant que des cendres, et les souvenirs. Quelques traces gelées sur manteau. Des traces de larmes, que même un vieil homme résigné n'avait pas pû retenir. Un fantôme imprégné sur une rétine, transparent sur le fond enneigé.
L'eniripsa inspira fortement l'air glacé, et la rejeta en un long son chaud empli de douleur. Seule la mer lui répondit par des vagues, absorbant le bruit dans ses ténèbres.

Malgré la présence au fin fond de son être, il avait l'impression brute d'avoir tout perdu. Il avait accepté de se faire juger par les siens en le rejoignant. De subir leur courroux prochain. Leurs reproches, leurs pardons, leurs questions. Pourtant, au milieu de cette plaine enneigée, avec les rires à peine lointains, il se sentait plus seul que jamais. Il n'y avait même pas de corps à voir. Pas de traces. Rien qu'un tas de poussière dispersé sur ses genoux.
Oubliant le froid, ses mains gelés et son nez qui coule, il entreprit de ramasser les cendres, construisant une boule de neige grise. La neige encore fraiche craquait doucement en appuyant dessus. Finalement, toutes les cendres furent groupées dans une boule couleur brume. Toujours vide, l'eni se leva, et ramassa les vêtements restant. Il prit manteau, chapeau et bottes, joignant la poussière supplémentaire à sa boule de neige, et retira son propre manteau. Son esprit était réduit au néant, assommé par la perte qu'il venait de subir. Aucune action n'était calculée, il agissait sans réfléchir.
Réfléchir lui causait trop de peine.
Il ramassa le cadeau de Nowel qu’il avait eu à peine le temps d’offrir à son papa. Un cadre en bois de kokotier, contenant un dessin de la personne qui lui était le plus chère. Mylone Stone. Un dessin imparfait, basé sur des souvenirs. Et pourtant, quels souvenirs… Le souvenir d’un souvenir, précisément.
Il se mit à rire, pensant à haute voix :

- Au moins, je suis libre, maintenant. J’aurais plus à lui faire à manger, à vérifier s’il a fini son assiette, vérifier ses heures de couchés… Ni à demander s’il… Veut qu’on joue ensemble…

Le déni ne marchait pas du tout. Il avait l’impression d’avaler sa pom d’Adam, et les larmes lui remontaient déjà aux yeux.  Mais au fond de lui, il sentait une brise… une caresse légère, douce comme le printemps naissant. Et il sû qu’il ne l’avait pas laissé tomber.
Il repensa à tout ses chagrins. Ses traumatismes. On lui avait pris ses fiancées, il avait perdu sa fille. Un ami l’avait trahis, des gens étaient morts par sa faute. Même une petite fille. Une suicidaire, dans ses bras. Il avait trompé les siens, été possédé, corrompu, colérique, avait perdu les choses qu’il aimait par-dessus tout. Même ses premiers parents l’avaient trahis, manipulés. Et son vrai père et sa mère étaient des assassins qui avaient usé de tous les stratagèmes pour le ramener. Il avait été torturé, vendu, trafiqué, menacé, violé, violenté. Par des hommes et des femmes.

Quel registre restait il, maintenant ?
Il venait de perdre un membre de sa famille. Le papa qu’il avait cherché des années durant. Celui qui resterait avec lui jusqu’au bout. La seule chose qu’il cherchait vraiment depuis tout petit.
Une famille.
Et le destin venait de le lui arracher.

- Ha… Le destin…

Fatalité. Destin. Voies des Douze. La grande Histoire. Nombreux sont les noms que l’on donne aux choses inévitables, aux drames qui ne peuvent être stoppés. L’humanité, les pantins de l’histoire.
Quel registre de torture il lui restait ? Aucun.
Aucun.
Il avait tout subis, des tortures physiques aux psychologiques. Même des tortures mentales. Des démons, des humains, des shushus, une chose télépathique, des Magicals, des nobles, des assassins, des gardes, des hommes de mains ou des dirigeants. Il s’était tout coltiné aussi.
Se relevant doucement, il serra des poings. Ses doigts étaient gelés, mais son cœur brulait d’ardeur. Plus encore, depuis que la présence s’était manifestée.
Il défia le ciel. Pour la première fois de sa vie. Affronter les Douze, c’était la seule chose qu’il n’ai pas subit, et les Douze ne se mèlent pas aux affaires humaines. Plus rien ne pouvait l’atteindre, pas vrai ? Il avait déjà tout vu. Tout supporté. Il était toujours en vie. Les détails diffèrent, mais les blessures gardent la même forme. Et s’il avait morflé autant, c’était pour un but. Debout, bras étendus face à l’océan, il ne pouvait que crier à la mer.

- Tu m’entend, toi ?

Rien d’autre que la brise lui répondait. Mais il savait que, quelque part, on l’entendait. La brise faisait onduler son imperméable marine, et ses ailes prenaient du volume en gonflant des écailles.

- Envoie moi tout ce que tu veux ! Je tiendrais toujours !

Il prit son inspiration. Il savait ce qu’il faisait. Et il était convaincu de savoir pourquoi il en était là.

- Je suis Albynn, Soigneur Spirituel, Disciple d’Eniripsa !

Et, le long des flots, il déclara la guerre à ses semblables, poussé par un esprit interne brillant de milles éclats...

- JE VIENS POUR CHANGER L’HUMANITE!



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Re: Albynn, porte-poisse?

Message par Bluefox82 le Mer 23 Déc - 0:54

Wow....juste wow. Y'a pas de mots pour dire à quel point c'est magnifique.
Et l'affirmation que fait Albynn à la fin, ce défi qu'il lance: j'imagine la scène et je me dis que c'est d'une epicness sans fin.
Du très bon boulot, le texte est aéré, bien construit, avec de belles tournures de phrases. Et une détermination de la part du personnage.

Je dirai que c'est un des journaux les plus importants, et il me tarde de voir comment évoluer notre cher nini par la suite.

Vivement le prochain journal! cheers
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Re: Albynn, porte-poisse?

Message par Albynn le Dim 10 Jan - 15:51

9 javian 974

Et j'attend, encore et encore,
de voir cette graine éclore.

Demain, ça fera trois semaine qu'il est mort. Et j'attend qu'il se réveille pour de bon.
Je devrais pas être en deuil. Après tout, il est encore avec moi.
Mais plus rien ne sera jamais pareil... On ne jouera plus aux cartes, on ira plus à la plage. Fini, les tapes sur la tête quand je tiens mal mon baton. Fini, les décoiffages quand j'ai réussis un mouvement.
Son regard humide, et une promesse, c'est ce qu'il me reste de physique. Il pleurait... Je n'avais jamais cru ça possible.
Je me suis clamé sauveur de l'humanité face à l'océan. En suis-je vraiment capable? Est-ce me dénigrer que de me demander si je ne le suis pas?
Lenz m'avait engueulé ce soir là, disant que je n'avais pas à jouer les héros. Le "syndrome du sauveur", qu'elle appelle ça.
J'ai pas remis les pieds à Astrub depuis Nowel. Mon deuil me déprime, j'ai pas envie d'y aller.
Je me repose sur Théo et Amarante.
N'est-ce poas un mensonge à moi-même que de ne pas y aller? Ce soir, j'avais promis de changer les mentalités. Et je suis là, à me morfondre, loin de mon "devoir"...

Je ne suis pas né en héros. Je n'ai pas réussi à sauver mon amie d'enfance. J'ai vécu à la rue, en ne pensant qu'à survivre. Je n'ai pas vécu d'épopée de recherche des Dofus comme aux temps anciens. Je n'ai fais que subir les maux.
Je ne révais que d'une vie de famille.
Qu'est ce que je fiche ici? Qu'est ce qui m'empèche de profiter de ma famille à part...
Moi-même?
Et pourquoi est-ce que je m'infligais ça?
Est-ce que je dois laisser la place aux autres, à Théo et à Amarante, maintenant? Les laisser face à l'adversité?
Est-ce que m'inquiéter pour eux prouve que je doute de leurs capacités, que je ne leur fasse pas confiance?
Je ne peux pas répondre à mes propres questions...
Je me sens étranger à moi-même.

Mais... Je ne crois pas pouvoir revenir en arrière sur ma promesse de Nowel.
J'ai juré de changer les mentalités, et je dois le faire, maintenant.
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Re: Albynn, porte-poisse?

Message par Albynn le Mar 12 Jan - 19:15

12 javian 974

Je me suis couché trop tard, cette nuit. Et j'ai préoccupé Amarante.
Il voulait pas me lacher, et moi, je voulais juste rentrer. J'ai même raté le zaap. Du coup, arrivé à la lisière de la mer d'Astrub, je me suis couché dans le jardin.
Amarante m'a visiblkement suivit: il m'a laissé une tonne d'instructions et des plantes. Contre le stresse, les insomnie, tout ça.
Il n'est pas très doué, mais il a du coeur.
Comme moi en 69.

J'ai décidé de me changer les idées. Assez de ressasser la mort de 'Pa. Assez de ressasser celle de White.
Potentiellement, Papa est avec moi, et White m'avait confié une copie de sa mémoire.
Potentiellement, ils ne sont pas morts.
Je garde ça en tête, et j'agis sur un autre problème: "HUNSHAIN".
Ce sont les lettres que le Memento m'a donnés, quand je lui ai soutiré des infos sur le "plus grand danger de Get Free".
Premièrement, trouver ce que c'est. Un homme, une femme, une organisation? Un démon, un shushu, une entité bizarre? Ca serait un début.
Et, comme toujours, je suis allé au Bibliotemple. En revanche, contrairement à "Idéal"... Chouchoux blanc.

J'ai juste trouvé trois botins, et ça m'a pris la journée. Ils sont même pas en Douziens! L'un est un charabia de syllabes bizarres, et sur la couverture, y'a marqué "Regesta sive rerum Boicarum autographa e regni scriniis fideliter in summas contracta juxtaque genuinam terrae stirpisque diversitatem in Bavarica Alemanica et Franconica synchronistice disposita. - Monaci, Impensis Regiis 1822-". Oui, tout ça. Quand à l'épaisseur, il approche les 350 pages. Et y'a même des... formes de lettres que je ne connais pas dans les syllabes du livre. Le titre, on dirait un dérivé du Douzien. Quand à sa signification... Y'a "fidélité" mal écrit, et le mot qui ressemble à "autographe". Quel rapport entre les deux? Par contre, les chiffres sont les mêmes. En haut de pages.
Je comprend pas.
Et la phrase, c'est un paragraphe entier. Pas envie de recopier la page.

Les deux autres sont aussi gros que lui. Plus, même. Par contre, je crois reconnaitre la langue, même si je la connais pas: c'est l'Anglay. Winch, Anth et Lenz en ont fait mention.
Le premier livre, c'est "Roman Faith and Christian Faith: Pistis and Fides in the Early Roman Empire and Early Churches. Il fait plus de six cents pages!
....Boudiou, rien que recopier les titres, c'est long!
Bref, la phrase dans laquelle j'ai trouvé "Hunshain", c'est...
A vrai dire, je n'ai pas trouvé "Hunshain" mais "Hunshai". Peut-etre que ça compte? Les déformations, ça existe! Et des fois, dans les paragraphes, y'a des parenthèses avec des symboles bizarres. Encore une autre langue, peut-etre. Pourquoi mettre deux langues dans un même livre?
Bref.
La phrase dit: "King David’s friend Hunshai, making overtures to David’s son Absalom in Josephus’ Eliotrope Antiquities (7.211 – 12), promises him that if Absalom regards him as his friend, he will show the same pistis and good-will toward to him.".

Le dernier livre, aussi en Anglay, je pense, dépasse les six cents cinquantes pages et se nomme The Gentleman's Magazine, V136. On dirait un tas de coupures de journaux: des listes, de l'écriture en double colonnes, des valeurs monétaires... Pas de fohtoh à part la couverture. Enfin, si c'est une fohtoh?
Et là, pareil, un paragraphe entier. Enfin, y'a surtout des noms, après le début.

Je pense que je vais demander à Winch et Lenz s'ils peuvent traduire...
Moi, Hunshain, je trouve que ça ressemble à "une chaine", mais ça a surement rien à voir.
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Re: Albynn, porte-poisse?

Message par Shiki Van Shërza le Ven 15 Jan - 13:55

Je tenais à dire que même ici, c'est toujours un plaisir que de lire ces journaux, et de voir Bybyn raconter certains moments ainsi. ^^

Tout le passage sur la mort d'Idéal était très triste, on en vient même à regretter qu'il soit mort, le bougre. Sad

J'ai bien aimer le derniers journal d'ailleurs, avec pleins d'éléments reprit des religions ou de l'histoire de notre monde, et adapté au monde de Wakfu. Et courage Albynn, tu finira bien par trouver quelque chose ! ^^
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Re: Albynn, porte-poisse?

Message par Lashet le Ven 15 Jan - 14:00

Oy!J'avais pas commenter, mais beau travail sur tes journaux! Je les lits toujours et c'est un plaisir de les lires et de les dévorer o_o Encore hâte à la suite, et courage :p
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Re: Albynn, porte-poisse?

Message par Bluefox82 le Lun 18 Jan - 21:46

J'ai lu viteuf et j'admire ce genre de référence! Mais il faudrait que j'ai la foi de me taper les textes en hyperlien. x) (chose que je ferai peut être plus tard)

La suite, please!
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Re: Albynn, porte-poisse?

Message par Albynn le Lun 18 Jan - 22:08

Albynn a écrit:[Futur journal offi, mais 3eme personnes. Je vais faire ça sous plusieurs jours, pask' c'est un bon pavé. Début in comming.]


Les ombres des nuages se découpent sur la lune. La brise de la nuit souffle entre les branches des Fourrés. Les feuilles bruissent, verdies par le printemps. Sous quelques pas condamnés, l'herbe se couche. Nous sommes le 22 flovor 972, et il est tard. Tout le monde ne dors pas. Certains n'y arrivent simplement plus. Il préfère laisser ses pas le guider vers un ennemi inconnu plutôt que continuer à subir.
Pas à pas dans l'humus, de la terre sur les talons. Une lente progression vers des grottes. De vieilles cavernes d'un culte oublié. Des amis manipulés, et un gouffre de désespoir. Les rayons de lune le rendent presque brillant, pauvre promeneur blanc dans la foret.
Son visage est défiguré par deux plaies verticales, les plaies de celui qui a pleuré trop longtemps. Les traces de l'homme qui regrette, et qui le pousse jusqu'à cette grotte.
Que veut l'homme qu'il va rencontrer? Pas même un nom, juste un blason. L'Idéal. Celui qui passe devant tous, mais ne s'est jamais fixé dans les mémoires. Celui dont personne ne se rappel jamais. L'homme qui manipule les souvenirs. Une ombre qu'il va rencontrer ce soir.
Le puits sans fond orne toujours la caverne. Les torches sont vite allumées. Une stèle, une seule, à la mémoire du dieu mineur de l'Oubli. Un endroit symbolique pour une rencontre qui l'est autant.
L'eniripsa s'assoit au sol, et attend. Il n'y a que ça à faire, il a décidé de ne pas se défiler. Ou plutôt, si. Il a décidé de se défiler. Se défiler de ces souvenirs insupportables. Fuir les images et les mauvaises décisions.
Il ne reste qu'à l'attendre.

Un homme. Un homme si sombre qu'il disparait dans les ombres des branches. Bleu marine, chapeau sombre. Il se cache, le col relevé, et une barbe blanche lui mange la figure. Qu'y a-t-il dans son cœur, lui seul sait. Mais il sait aussi des choses, des choses sur son visiteurs. Et celui-ci ne s'en rappel pas.
Dans un coin de grotte, illuminée de torches, il ne tarde pas à le voir.
- Bien, Albynn, vous êtes venu. Le contraire eut été étonnant.
Le concerné baissa les oreilles un court instant, il n’aimait pas le début de cette discussion, et son interlocuteur n’allait surement pas l’aider à se mettre à l’aise.
- Comment ça… ?
- Votre envie d’oublier est ce qui vous pousse à être ici.
A peine quelques mots échangés, et déjà des questions. Comment pouvait-il tant être sûr qu’il voulait oublier ? L’homme affichait un sourire insolent, certain de ses affirmations. Et hélas, il n’avait pas tord.
- Comment vous pouvez savoir que j’ai envie d’oublier ? J’en avais à peine parlé aux mien, puis je reçois votre lettre…
- Nous en avions déjà parlé ensemble. Vous l’avez simplement oublié.



Silence consterné. Idéal était donc plus dangereux qu’il n’en avait l’air. Pouvait-il déjà savoir d’autres choses, plus importantes, encore ?
- Et qu’est ce que vous nous avez fait oublier d’autres, comme ça ?
- Les vôtres m’avaient remis ceci.
Même dans ses cauchemars, Albynn ne s’attendait pas à voir cela dans la main de l’ennemi. Une boitre rectangulaire noire, qu’il tenait dans la main. Un commutateur de guilde, ce qui signifiait qu’il les espionnait. Surement depuis longtemps.
- Mes intention ne sont pas belliqueuses, disait-il à voix basse.
- Vous n’avez pas l’intention de me laisser me rappeler ce que je sais dorénavant sur vous, pas vrai ?
- Non.
Une réponse nette, précise. Et évidente, aussi. S’efforçant de graver l’information dans sa cervelle, il se répéta en boucle :
« Il a un commutateur. Rappel-t-en, il a un commutateur… C’est important. »
- Et avant que vous me le demandiez, oui, je suis responsable de l’amnésie de Lashet. Et celui qui l’ai ôté. Et je suis également à l’origine du nom de Chailte, et de celui de votre guilde.
Cette fois, Albynn faillit chuter au sol de surprise. Comment cet inconnu pouvait être à l’origine de leur nom de guilde ? Pourquoi s’être caché s’il était membre ?
- Comment ça « de ma guilde » !?
- Get Free est le nom que j’ai soufflé lors d sa création.
Il n’y eu plus que le vent pour seul bruit. Les questions et les mystères s’accumulaient. L’eniripsa secoua la tête d’incompréhension.
- Bon sang, mais qui êtes vous… ? Avec votre nom ?
- Mon nom est faux, je ne me rappel pas de mon vrai nom.
C’était un mensonge éhonté. Mais l’eniripsa ne pouvait pas le savoir. Il se contentait de sourire, à l’idée que le manipulateur d’esprit puisse être amnésique.
- Haha, c’est ironique ! Pas vrai ? Aie !
Le sourire lui avait arraché une grimace de douleur. Le plissement de la peau rien qu’à ce mouvement ne rouvrait les plaies des pleurs, sur ses joues. Une condamnation à ne plus rire, ni pleurer. Une condamnation à subir sans plus rien subir, sous peine de physiquement souffrir.
- Non, c’est le cas. Je suis moi-même amnésique. Mais vous êtes là, et je suppose que ce n’est pas que pour découvrir qui je suis.
- Maintenant, je me demande surtout ce que vous voulez.
- Pourquoi vous le dire ? Vous allez l’oublier.
Le bonhomme était coriace. D’habitude, les ennemis aiment se vanter de leurs futurs exploits. Une erreurs courante, voir même cliché. Pourtant, celui-ci gardait les cartes en main, et refusait d’en dévoiler plus qu’ils n’en avait envie.
- Hé bien, pourquoi p…
Ce fut à ce moment-là que le commutateur cracha des paroles lourdes de sens, mais qui ne pourraient jamais atteindre leur but premier : appeler au secours.



Impossible de bouger. Idéal lui avait retiré le souvenir de ses membres. Ailes, pieds et bras étaient immobilisés, comme morts. Et il avait mal partout. Pourquoi? Il ne savait pas. Il ne savait plus. Son interlocuteur vint le voir, il pouvait voir ses jambes, et sa figure penchée sur lui, sous son chapeau.
- Pourquoi êtes-vous venus ici, Monsieur Albynn.
- Je voulais oublier ce qui m’a pourris la vie…
Il tourna brusquement la tête vers le plafond, montrant les dents à l’ancien.
- Et savoir de quoi vous étiez capable en tant qu’ennemi !
- La deuxième partie, vous n’en saurez rien. Et je ne suis pas votre ennemi, pour le moment.
Le pantin désarticulé au sol ne put que pointer les oreilles en avant en guise de signe de colère.
- « Pour le moment ». C’est bien ce qui m’inquiète !
Personne ne connaissait ce type. Il avait surgit dans la vie de Get Free comme d’un shushu hors de son artefact. Albynn était venu avec un maigre espoir. Celui de retrouver sa vie normale, et de tâter le terrain ennemi.
Un maigre espoir, voir même vain. Car lorsqu’on manipule les souvenirs, on ne laisse pas l’ennemi se rappeler de soi. Pire encore, il s’avère que l’ennemi vous connais déjà.
- Vous ne pouvez pas tout savoir. Vous ne pouvez pas être un Héros. Chaque fois que vous avez voulu l’être, vous n’avez fait qu’empirer les choses.
- Je suis humain, donc je fais des erreurs !
La dignité humaine. Parfois appelée « orgueil ». Albynn savait que l’ancêtre avait raison. Ses oreilles baissées contredisaient ses paroles : lui-même ne pouvait pas se pardonner ses propres erreurs. Des fautes qui avaient bien failli couter cher à ses amis. Des fautes qui lui avaient couté la confiance des siens. Un manque de confiance et une envie de se racheter seule l’avait poussé à accumuler, encore et encore.
- Vous n'êtes pas le centre du monde, Albynn. Vous ne vous en souvenez pas, mais vos actions à l’instant ont faillit me décider à effacer Get Free…
- Que… Effacer Get Free ?
La panique. Qu'avait il oublié? Qu'avait il fait? Mais visiblement, l'homme ne tenait pas à le lui dire. Il ne lui dirait pas qu'il avait voulu voler au secours d'un appel, d'une membre de guilde déprimée qui pensait en finir. Il ne dirait pas qu’il avait rendu le commu inutilisable avec un appareil de brouillage. Il ne lui dirait pas non plus à quel point il l’avait menacé pour l’empêcher de partir. Menacé de lui effacer ses bons moments. Menacé de faire oublier à Rose l’amour de ses proches. Menacé de voler à Lenz ses victoires, et ses moments apaisants. Menacé de faire oublier à Harkane et Sophii qu’ils avaient tout deux une fille en vie, les laissant dépérir. Tout ça parce que Albynn avait changé d’avis en entendant les menaces de suicide d’une membre, et qu’il voulait partir. Un départ que refusait son interlocuteur. Il se contenta de le prendre par le col et le trainer. Une douleur prit Albynn à l'estomac à l'idée que le type le jette dans le gouffre sans fond qui ornait la salle. Il n'en fut rien, ce dernier le lâcha une fois ramené à l'intérieur de la caverne.
- Vous avez provoqué l’enlèvement de Saya. Et la fureur des Boucaniers envers Get Free. Et j’en passe. Je vous ai invité ici pour oublier, et rien d’autre. Vous êtes venus, vous aurez ce que je vous ai promis.
- Si j’oublie, je risque de recommencer les même erreurs. Vous le savez très bien…
- Bien sûr, et c’est ce que je veux voir.
Une phrase, selon son contexte, change du tout au tout. En cuisine, celle-ci sonne comme de la curiosité. Ici, c’était le marteau de la fatalité. La preuve que tout peut toujours recommencer, que l’on peut s’enfermer tout seul dans une boucle sans jamais en voir la fin.
Se tromper. Oublier. Et recommencer.
- Est-ce votre Idéal qui vous pousse à ces erreurs… Ou bien autre chose ?
- Quoi ? Non mais pourquoi vous n’avez que ce mot à la bouche, au point de le prendre pour nom ?
- Vous n’en saurez rien.
Et Douze savaient que s’il lui disait, il l’oublierait de toute manière. Mais le desespoire pousse toujours à s’accrocher, me^me aux parois savonnées.
- En fait, vous avez raté le votre, et vous comptez sur nous pour vous donner un objectif.
Le vieux barbu pris un ton plus sec, agacé par ces simagré qui n’en finissaient pas.
- Non. Par où commençons nous, donc. Dernière fois, ou j’efface les souvenirs de votre famille.
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Re: Albynn, porte-poisse?

Message par Albynn le Lun 18 Jan - 22:57

Albynn poussa un soupir résigné. Visiblement, il ne comptait pas dire un mot. Pas un. Autant faire ce pour quoi il était venu. C’était tout ce qu’il pouvait gagner ce soir. Mais que pouvait il oublier? Il y avait tant de choses... Trop de choses.
Oublier son erreur avec Chailte? Il le voulait bien. Hélas, il oublierait aussi la présence même d'Idéal, la menace qu'avait donné Sayana, et il ne voulait pas courir le risque.
- La mort de Core...
- Pourquoi ?
Expliquer à quel point il se sentait coupable? A quel point il était responsable de sa mort? En quoi est-ce que ça intéressait cet homme?
- C'est moi qui l'ai forcé à fuir. c'est moi qui l'ai privé de sa famille pour le protéger. Ca a brisé son couple, son honneur. Il l'a pas supporté, et en est devenu fou de rage...
- Très bien, commençons là. Memento!
Des bulles dorées, plus ou moins grosses, volèrent depuis la tête du concerné. Celui-ci vit l'existence de Core Van Heim rayé de sa tête, fragment par fragment. Hélas, il ne pu pas entièrement dire que ce n'était pas ce qu'il voulait.
- Non, pas...!
Pause. Pas quoi? Qu'avait il oublié? Combien de choses avait il déjà oublié? Où en étaient-ils?
- Je vous ferais oublier cinq choses que vous choisirez. Déjà une, Albynn.
- C'est tout?
Il lui semblait en être là depuis des heures. Malgré tout, il se remit à réfléchir. Le deuxième choix était presque évident, mais il avait peur.  S’il oubliait les menaces des Pirates, il irait sur Poup cueillir ses bananagrumes préférées, et la première rencontre avec les Boucaniers tournerait au vinaigre. Et même, en guerre contre Get Free. Il se ravisa donc.
Il se rappelait une mort, une femme qui s'était suicidée dans ses bras…
- Plutôt… La sacrieur qui s’est suicidée dans mes bras.
- Que s’est-il passé ?
- J’étais à Astrub, et Karliah m’a confié une femme à soigner. J’allais lui retirer la dague des mains, mais elle a agis avant et s’est tranché la gorge, je n’ai rien put faire pour la sauver.
Cette fois, il n'y eut qu'une bulle, un seul souvenir absorbé par le livre magique. Une petite bulle dorée, disparue dans les méandres d'un livre.
- Cela fait deux. Prenez votre temps.
Il ne pouvait pas faire grand chose de plus de toute manière. Entièrement bloqué, il n'avait que ça à faire. Rien que ça. Se faire vider la cervelle, sans retour arrière.
- Ma tentative d’enlèvement de Shuuya.
- J’écoute.
Pourquoi écoutait-il ? Il ne savait pas. Peut-être pour l’utiliser contre lui, plus tard. Mais il ne pouvait que coopérer, maintenant. Obéir comme un chienchien, et aboyer ses souvenirs à oublier.
- Shuuya a eu des ennuis sur la maitrise du feu. Et quand il a appris qu’il pouvait mourir en allant à Brakmar, il s’est mis en tête de foncer s’y entrainer. Je l’ai chloroformé pour l’en empêcher, et tout ses amis m’ont agressé…
Un souvenir qui laissait un gout amer. Il voulait juste le protéger. Cet homme qui lui rappelait Cephear. Un père potentiel dans lequel il avait mis de l’espoir.
Et quand il avait voulu l’empêcher de mourir, ses proches l’ont rossé, et ont emmené le sacrieur blanc sur son nouveau terrain. Son terrain mortel, suffocant, étouffant. Sans lui laisser espoir de le revoir.
- Je veux pas l’oublier, mais…
- Désolé, une parole est une parole.
- Quoi ?
Il vit les reflet bleuatre du livre qui s’activait. Et, au fur et à mesure de la montées de bulles dorés, ils se rendait compte de toute ce qu’il venait de perdre.
- Non, PAS SHUUYA, PAS…. !
Une microseconde après, il essaya de comprendre pourquoi il criait.
Hélas, il était trop tard. Idéal ne faisait pas dans la dentelle, et il ne triait pas les souvenirs sur les personnes. L'eni ne pourrait plus essayer de se dire la vérité, de voir qu'il avait tenté de remplacer sans ancien papa sacrieur par un qui lui ressemblait. Par désespoir. Maintenant, cet homme n'avait jamais existé pour lui.
Une crainte sourde commençait à naitre. Est-ce qu’il n’avait pas oublié des choses importantes ? Pourquoi avait-il crié deux fois ? Et que pouvait-il avoir oublié, déjà ?
Hélas, tout était trop partiel pour qu’il s’en rende compte par des jours manquants.
L’incident des Boucanier lui revint sur la tapis. Rien qu’à se rappeler les trois armes braqués sur lui lui donnait des aigreurs d’estomac, et des poussées de sueurs froides. Mais pire encore, c’était les insultes qui l’avaient marqué. Escobard l’avait insulté, lui et sa guilde, d’infâmes monstres.
Et lorsque des criminels sans scrupules vous traite de monstres, vos amis et vous, vous vous sentez plus bas que terre, plus encore que l’enfer de Rushu.
- J'aimerais...
- Oui?
- J'aimerais oublier la négociation ratée des Boucaniers, mais je risquerais de retourner là bas si j'oublie ça...
- Ne vous inquiétez pas, je laisserais un sentiment d'insécurité pour vous protéger. Mon but n'est pas de vous tuer. Memento!
Le sort fut lancé plus vite que la question. Quel était le but de l'ennemi? Que voulait il? Il ne le savait pas, et même s'il avait sût, après tout... Il allait oublier. Et de son échec avec les Boucaniers, il ne lui restait qu'une trace de coupure sous la gorge, et un sentiment d'insécurité caché.
- Nous sommes à quatre.
- Quoi, déjà?
Il chercha. Il n'y avait pas grand chose, ces derniers temps, qui l'avaient affecté. En dehors de Chailte, et il avait besoin de se rappeler. Enfin, si, il y avait une petite chose...
Quelque chose de lointain. Un regret, une tentative de tout reprendre à zéro.
Quelque chose qui ne profiterait pas qu’à lui, cette fois.
- Je veux pardonner à mon père, et oublier qu’il m’a enlevé de désespoir.
- Alors, ce sera chose faites.
Cette fois-ci, les souvenirs étaient ancrés dans sa jeunesse. Il y eu tant et tant de bulle dorées que, pendant un instant, l’endroit paru féérique. L’instant aurait put l’être, si ces bulles ne semblaient pas être de l’essence vitale drainée d’un cadavre par un vil magicien noir.
C’est ce qu’aurait pût croire tout étranger passant par hasard.
Mais le culte du dieu Mineur était si bien fait… Que tout le monde avait oublié cet autel.
Et la lumière cessa, emportant près de trois ans de vie d’un enfant.

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Re: Albynn, porte-poisse?

Message par Albynn le Mar 19 Jan - 0:37

Le calme avait repris ses droits. Les araknes avaient fuis la lumière surnaturelle, et personne n’était venu, mué par sa curiosité. Dans un claquement ténu, le vieillard referma son livre magique.
- Et cinq. Comment vous sentez vous, Albynn?
Il cligna des yeux. Déjà cinq? Terminé? Il ne lui semblait pas avoir oublié quoique ce soit, pourtant... Il savait qu'il avait oublié.
- Je... Bien, je crois...Si je n’étais pas coincé avec un ennemi !
- Cela va s’arranger, vous allez m’oublier.
Le concerné soupira. Il était résigné depuis plusieurs minutes, déjà. Il avait tenté de se battre, mais c’était une bataille perdue d’avance.
- L’heure n’est pas venue, monsieur Albynn.
- L’heure ? Quelle heure ?
Sous son chapeau, l’homme sourit mystérieusement, et sa barbe cachait les fossettes que ce sourire lui creusait.
- L’heure des réponses. L’heure du Bilan.
Avec lenteur, il vint s’accroupir, parlant presque sur un ton de confidence et de farce.
- L’heure de savoir si Get Free… Est l’idéal.
Cela n’eut que pour effet e pousser son interlocuteur à tenter de rouler. Peine perdue, puisque ses muscles n’existaient toujours pas pour sa pauvre cervelle confuse. Ce n’était pas le cas de l’homme qui vint poser une main sur sa tempe. Une peau douce, mais plissée par l’âge. En une fraction de seconde, il avait pu entre-apercevoir les pires souvenirs de sa victime. Celui-ci protesta.
- Que… Hey ! Me touchez pas !
L’homme des esprits rouvrit les yeux, d’un air sincèrement attristé.
- Comment avez-vous… Ne serait-ce que survécu, avec ça ?

Shion (No.6)

- Vous devez bien le savoir. La peur de la mort, et les prom…esses…
En plein milieu de sa phras,e sans prévenir et de son propre chef, le manipulateur avait réactivé son livre. En rang, de nombreuses bulles faisaient la queue pour rejoindre le livre. Sans qu’il ne lui ai rien demandé, il avait volé les souvenirs marquants. Tout ceux traitant d’un abus. Et vu le collier de bulle d’or flottant dans les airs, il y en avait bien trop pour un seul eniripsa. Il referma violemment le livre sur cette ribambelle d’horreur, se jurant bien ne jamais avoir à y revenir.
En deux heures d’actions, la victime avait perdu des années de souvenirs. Quelques bons, beaucoup de mauvais. Des chagrins, des traumatismes.
- Maintenant, monsieur Albynn, nous nous disons au revoir.
- Je ne suis pas certain de devoir vous dire merci…
- Je ne pense pas.
Qu’avait il été ? Qu’avait il renié de son passé ? Des choses importantes ? Est-ce qu’il avait été manipulé ? Avait-il été bourré de souvenirs factices ?
Et d’où venaient les horribles sillons douloureux sous ses yeux ?
Il n’eut plus le temps de se poser de question. A l’entrée, le type pointait son livre. L’incantation changeait.
- Memento Rollback !
Les ultimes bulles dorées vinrent s’écraser entre les pages. La victime, elle ne bougeait plus, ses yeux avaient perdu de l’éclat. Il fu abandonné là, sur le sol poussiéreux, les derniers pas s’éloignaient de la grotte.
Ca ne constitue pas cinq souvenirs. Non. La quantité de choses dans lesquelles le manipulateur avait frappé était bien plus vaste.
Cela constituait pas moins de trente souvenirs, y compris l’existance de neuf personnes. Incluant lui-même.
Le premier souvenir, retiré de force, était une scène avec une suicidaire, au bout du commutateur.
Le deuxième souvenir commençait à pointer une existance. La mort d’un ami, la culpabilité vis-à-vis de celle-ci, mais aussi son existance, et son importance dans sa vie. Avec l’oubli de Core Van Heim, la guerre de Fangtasia n’avait plus de raison d’exister dans sa tête.  Son erreur à bord du dirigeable s’était volatilisée. Aux Douze, la mort de la petite fille, et bonjour au néant.
Le deuxième souvenir était unique. Une malchance, et un regret de n’avoir agit à temps.
Shuuya. Le cas Shuuya était tout aussi soucieux. Une deuxième personne oublié, rayée de sa mémoire. Un ami, une personne à l’écoute, mais aussi deux combats. Deux combats emplis d’amrtumes et de regrets. Le premier, pour une tentative d’enlèvement ratée. Le second, pour s’être fait remonter les bretelles. Pour avoir subit une mise à l’épreuve.
Une menace gratuite envers son fils, qui l’avait rendu fou après l’épisode des Boucaniers.
Les Boucaniers eux même. Des menaces, des insultes disparus, mais un étrange sentiment qui restait. Une crainte sourde, inconnue et bestiale, envers le membre Escobar.
Et le ire de tous, l’oubli de l’abandon. L’oubli de toute une vie cachée, façonnée, des années de joies mensongères, de manipulations et de découvertes volatilisées.

Albynn aura passé son enfance seul, au lieu d’avoir été receuilli par un couple de paysans sans enfants. Mais cela lui fera oublier son horrible découverte, la découverte du mensonge, et de sa nature d’otage qui n’a jamais été aimé.
Une brutalité, et un abandon par ses vrais parents qui n’aura jamais existé.
Ses papa choisit n’avaient plus lieu d’être sans ce malaise. Ils ont disparus avec les souvenirs.
Le papa Volarc et ses cadeaux, sa gentillesse et ses attentions pour contrer le clan Mortemain, disparu dans le néant. Remplacé par du vide, des jours oubliables et oubliés.
Ses parents adoptifs, Diane et Cephear.
Ces noms ne lui diraient plus rien. A peine un souvenirs d’un sacrieur malheureux qui a dû etre soigné en urgence, il y a trois ans.
Le Refuge, cet endroit où toute la guilde, tout ses amis étaient venus le voir après son attaque par la Vague. Volatilisé aussi, tout autant que l’attaque de ces derniers pirates.
Quand à la dernière action de l’Ideal, elle avait rayée une grande partie de sa vie. Il avait oublié les abus et les viols, tout ce qui s’y rapportait. Il ne saurait plus jamais d’où viennent ses cicatrices. Il oublierait tout les rapports forcés.
Cela incluait la pitié de sa chef, Mastuko, et son sentiment de trahison faussé. Jamais ils n’avaient aboutis à un couple, si Matsuko ne lui avait fait une scène à cause de sa relation hors-conjugale.
Jamais ils n’avaient eu Dimensa. Et pas de couple avec elle, pas d’hésitation avec Phoebe. La cra blonde joviale avait disparue de sa mémoire.
Les souvenirs s’étaient enchainés les uns avec les autres, emportant les premiers amis, les premiers amours d’Albynn… Et l’existance même de sa fill ainée.
La vie d’Albynn venait maintenant de régresser au stade primaire de l’ignorance de la vie.
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Re: Albynn, porte-poisse?

Message par Birth le Mar 19 Jan - 15:19

Bon j'ai tout lu, un an bientôt que ces deux personnages se sont rencontrés, Idéal ayant été certainement la personne de 2015 pour Boune xD

C'est vraiment touchant comme écrit, on voit bien toutes les émotions de l'éni, et son attachement à ses souvenirs. Idéal quand à lui joue bien le mystère, il parle en sibylle et semble manipuler Albynn en premier lieu.

Je ne me souvenais pas de toute la scène, mais déjà on voit que le vieil homme tente d'aider au mieux le pauvre soigneur, essayer de le faire fuir de ses souvenirs néfastes...

C'est vachement bien en tout cas Boune, et on sent que tu t'es donnée du mal ! Je te souhaite bien du courage pour la suite quoi qu'il en soit ! :p
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Re: Albynn, porte-poisse?

Message par Albynn le Ven 29 Jan - 1:39

13 javian 974

Je deviens fou.
Je parle seul à quelqu’un qui n’est pas là, j’enrage de cette injustice, je pleure parce qu’il me manque.
Je passe chaotiquement d’une émotion à l’autre, et je suis incapable de m’occuper de mon propre fiston.
Je voulais être l’adulte dont Keethan pouvait être fier… Mais je me sens juste comme le gosse qu’il a abandonné.
J’ai décidé que ça pouvait plus durer, alors ce soir, j’ai quitté mon matelas pour aller voir quelqu’un : mon vieux meilleur ami, Harkane.
En sortant, j’ai trouvé le lapino de Amarante. Le pauvre s’inquiète encore pour moi, au point de faire crever son lapino à la course.
Il veut savoir si je vais mieux. Me conseille de manger du chocolat. Et me dit de pas laisser son lapino courrir après les pious.
Du coup, je pars voir Harkane avec la bébête dans les bras. Enfin, il a vite disparu une fois chez lui… Probablement rentré dans la « dimension des invoqués ».
A propos de Dimension… Je me demande si la dimension des invocations, ce serait pas celle d’Osamodas…
Peut-être. Peut-être qu’on verra ça un jour, comme pour Srambad…

Nora cuisinait, quand je suis arrivé. Dans un espèce d’énorme bol de fer posé sur le feu.
Quand je l’ai vu, j’ai à nouveau eu du remord. Pour l’avoir délibérément trompé et manipulé, lui, Bridgess et grande sœur, surtout.
Et j’ai parlé de mon double deuil.



Il a été vraiment compatissant. Et m’a rappelé que Keethan voulait surement me voir sourire.
Et je le sais bien. Mais, j’y arrive juste pas. On était heureux. Vraiment ! Mais il était vieux…
Vieux et fatigué.
Pensant aux conseils d’Amarante, j’ai demandé du chocolat à Nora. J’ai donc passé le reste de la soirée assis, avec un bol de crème au chocolat.
C’est vrai que ça m’a un peu consolé… Sans pour autant m’empêcher de m’énerver sur le sujet de Mylone.
Je sais que je ne devrais pas m’énerver. Nora a raison, on sait pas ce qui l’a retenu loin de Keethan ! Mais je suis tellement révolté sur cette injustice que j’accuse Mylone. Sans pouvoir m’arrêter.
J’ai vu ses yeux, avant qu’il meure. Des yeux ternes et humides d’un homme qui ne pouvait profiter d’être seul. Cette colère enfouie contre le destin pour l’avoir martyrisé comme ça.
Cette colère qui retombe sur sa moitié absente.
La tristesse qui se change e colère. En colère contre lui, muet depuis des jours. Je parle… Non, je crie dans le vide. Je m’adresse au sol, aux murs, aux meubles, comme s’il flottait à coté de moi. Comme s’il m’entendait.
En vain.

Nora n’a pas été capable de me dire si je devenais fou. Il a juste pû dire qu’il me pensait perturbé.
Perturbé, je le suis. La perte a été trop brusque pour moi.
Des mois durant, je pensais le voir agoniser, cloué au lit. A faire ses dernières volontés. Je m’imaginais attendre, à son chevet, jours après jours, qu’il fasse son dernier souffle… Avec tout ce temps pour m’y préparer. Je m’imaginais cirer ses chaussures, brosser ses habits et son chapeau, prendre des jours pour construire un cercueil par moi-même, et dégotter son dernier lieu de repos.
Au lieu de ça, il m’a quitté en plein jeux. Dans la neige du monde de Nowel. Il n’est resté de lui que des cendres, et m’a tout juste dis qu’il voulait que le Memento aille à Rose…
Alors, pour me libérer de ce poids, j’ai raconté sa mort à Nora. Mes sentiments d’injustice. Mon défi au monde.
Le fait qu’il m’écoute m’a rendu de la combativité. J’ai parlé de mon défi avec conviction, et j’ai réussi à sourire.
Nora a raison, il me reste encore des choses qui m’amènent le bonheur.
Lui. Lenz. Ma femme, mes enfants. Rose, Shiki, et toute la guilde. Amarante et Théo.
J’ai même pût blaguer en y incluant les bananagrumes.
Et Nora m’a fait un beau compliment. Un que je n’entends jamais.
Il a dit que j’étais fort. Il a même insisté, en me classant parmi les plus fort du groupe.
Parce que, selon lui, je suis indestructible. Que quoi qu’il m’arrive, je me relève, encore et toujours. Sans relâche.
Alors j’ai voulu lui faire un cadeau, moi aussi.

Je lui ai dis que Keethan l’avait repéré, lui aussi. Qu’il était spécial, puisqu’il est… Lui-même.
Et que la preuve en était que je l’appel Nora, et non Harkane.
Il ne s’était jamais posé la question avant. Alors, je lui ai parlé de cette signification trè spéciale, pour moi. Et de Mousy.
Il a été beaucoup touché qu’on lui donne autant de valeur. Il a avoué avoir peu confiance en lui.
Bon, j’ai un peu perdu de mon sérieux en disant que c’était un bon gars, et que même en fille, il était bonne, mais je suis sincère.
Il m’a sauvé des pattes de Lexey. Il est toujours à l’écoute. C’est un père aimant, et un ami sur lequel on peut compter. Il me tiens même pas rigueur pour les mois de tromperie avec Keethan.
C’est un ecaflip au cœur d’or, et je ne l’échangerais pour rien au monde, même pas contre la résurrection de Keethan, Frenchy et Matsuko !
Il était prêt à pleurer d’motion, le pauvre…
J’ai confiance en lui. Probablement plus qu’en moi. Après tout, c’est moi qui ai mis la guilde plusieurs fois dans les ennuis, pas lui ! Et il ne m’a jamais, jamais trahi. Même face à Lexey, il a préféré me mettre en rogne et se faire tabasser sans riposter plutôt que m’obliger à choisir.
A sa manière, il m’a aidé... Et guéris de ma folie noire.

On a parlé de l’avenir, avec la « Librarmée ». Tous les deux, avec le nom, on a pensé à une armée de mercenaires sans attaches. Et je lui ai parlé de ma manipulation de masse, et il s’est inquiété pour moi.
Il pense que ça pourrait fonctionner. Et j’y mettrais tout mon cœur !
Et, sur le sujet de « cœur », j’ai essayé de lui faire parler de sa copine. La mystérieuse que personne n’a encore vue. Malgré toutes mes suppositions de rencontre, il a refusé d’en parler. « C’est personnel », qu’il a dit. En tout cas, ils ne se sont pas rencontré lors d’un concours de cuisine ni pendant ses courses.
Et en dernier, de Lashet. Il a promis de lui en mettre une, un jour, disant que plus le temps passe, plus cet enfant me fait du mal.
Je pense qu’on s’en fait mutuellement. Je l’ai adopté, mais je ne le connais pas. En journée, il va voir son amie, et je me sens mal de parler de Keethan avec lui.
Je sens qu’il lui en veut. Il lui en veut de m’avoir « volé ». Et il m’en veut de l’avoir laissé.
On se regarde tout juste. Et j’arrive pas à le comprendre.
Parfois, on dirait un simple enfant de onze ans, qui joue et ris. Et d’autres, on dirait un adulte borné qui se mèle de tout et a droit à son avis. Et même à ses demandes !
Nora ne fait que me dire qu’il est plus mature que son âge, qu’il est déjà adolescent dans s tête.
Je sais pas quoi faire. Je me sens déjà perdu avec mes propres bébés que je vois pas grandir. J’avais peur avec un enfant que je n’ai pas vu grandir.
Alors, avec un ado ?
Je sais pas quoi faire.
Alors j’ai fuis, en dormant chez Nora au lieu de rentrer à la maison…
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Re: Albynn, porte-poisse?

Message par Bluefox82 le Ven 29 Jan - 6:31

Un RP absolument magnifique, et que tu as retranscrits à la perfection ici. C'est d'autant plus beau, maintenant que je comprends mieux l'état d'esprit d'Albynn, sur le moment. ^^

Je pense pas avoir grand chose à dire d'autres, pour moi tout y est. En espérant avoir d'autre RP prochainement avec toi. :p

*se poste avec un panneau "La suite!"*
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Re: Albynn, porte-poisse?

Message par Albynn le Dim 31 Jan - 23:46

Une rengaine, une rengaine
Elle tourne dans ma tête
Mon opinion est incertaine
Que faire de ce trouble fête?

J'entends les cris
et devine des pleurs
Les cauchemards sont mes amis
Et si ce n'était pas notre heure?

Unshain rode dans l'ombre
Et nous promet des heures sombres
Quelle est la chose déchainée
Qui viendra nous frapper?

Le test, le test court toujours.
Pourrais-je le tenir moi-même?
C'est un cruel dilème
fait par amour.

Je m'accroche à une volonté
D'un gostof du passé
et tant pis si ça fait mal
Get Free est-il l'Idéal?
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Re: Albynn, porte-poisse?

Message par Lashet le Lun 8 Fév - 12:54

Je suis triste pour albynn... :/ Mais sinon, continue comme ça, tes journaux son super!
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Re: Albynn, porte-poisse?

Message par Bluefox82 le Dim 14 Fév - 18:41

Yep, encore un fabuleux poème, plein de tristesse.
Est-ce qu'on en saura un peu plus sur Unshain par la suite?
Sinon, toujours aussi bien ton journal. Continue. ^^
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Re: Albynn, porte-poisse?

Message par Albynn le Dim 14 Fév - 23:26

Pour Unshain, faut demander à Birth. Inrp, j'ai pas mieux que vous pour le moment! XD
Enfin, je crois!
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Re: Albynn, porte-poisse?

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